EXERCICE POUR L\ CONFESSION
Oh! que ce jour n'a-t-il lui déjà sur les ruines du temps, et de tout ce qui passe avec le temps!
Il luit pour les saints dans son éternelle splendeur. Mais nous, voyageurs sur la terre, nous ne le voyons que de loin^ comme à travers un voile.
Les citoyens du ciel en connaissent les'délices ; mais les fils d'Eve, encore exilés, gémissent dans Taniertume et l'ennui de la vie présente.
Les jours d'ici-bas sont courts et mauvais, pleins de douleurs et d'angoisses.
L'homme y est souillé de beaucoup de péchés, engagé dans beaucoup de passions, agité par millecraintes, embarrassé de mille soins, emporté çà et là par la curiosité, séduit par une foule de chimères, environné d'erreurs , brisé de travaux , accablé de tentations , énervé de délices, tourmenté par la pauvreté ! Et cependant, j'aime cette vie toute misérable qu'elle est, et c'est pour goûter les faux plaisirs qu'elle promet que je me suis exposé à perdre les biens véritables que vous donnez, ô mon Dieu ! à ceux qui vous servent avec fidélité. 0 honte ! ô douleur ! ô regrets !
SENTIMENT DE CONTIUTION.
Au souvenir de Jésus.
Mon fils, je suis descendu du ciel pour votre salul; je me suis chargé de vos misères, afin de vous former par mes exemples à la vraie pénitence, et vous apprendre à pleurer vos fautes que j'ai expiées par l'etl'usion de mon sang.
Car, depuis l'heure de ma naissance jusqu'à ma mort sur la croix, je n'ai jamais été sans douleur.
J'ai vécu dans une extrême indigence des choses de ce monde; j'ai entendu souvent bien des plaintes de moi; j'ai souffert avec douceur les affronts et les outrages ; je n'ai recueilli sur la terre, pour mes bienfaits, que de l'ingratitude ; pour mes miracles, que des blasphèmes; pour ma doctrine, que des censures.
— Seigneur, puisque vous avez souffert tant de maux pour l'expiation de mes crimes, il est bien juste que moi, misérable pécheur, je déteste de toute l'énergie de mon âme des fautes qui vous ont coûté si cher.
Oh ! si toute la vie de mon Sauveur n'a été qu'une croix et un long martyre, comment chercherai-je le repos et la joie?
Si une seule fois j'étais entré bien avant dans le cœur de Jésus, et que j'eusse ressenti quelques mouvements de son amour, serais-je aussi froid, aussi dur, aussi insensible au souvenir de mes péchés ?
Afin donc d'obtenir la vraie componction du cœur, j'entrerai dans le cénacle de ma conscience; j'en bannirai soigneusement le bruit du monde, selon ce qui est écrit : Même sur votre couche que votre cœur soit plein de componction, et je m'exciterai au repentir en répandant comme Madeleine des pleurs d'amour sur les pieds de mon Sauveur.