ACTE D ADORATION
Je vous adore, ô prodige de tendresse, vous, Seigneur mon Dieu, qui donnez l'être et la vie à tous les esprits, et qui avez daigné venir à une pauvre âme bien misérable, et avec votre divinité et votre humanité tout entière, rassasier sa faim !
0 heureuse, mille fois heureuse l'âme qui peut vous recevoir dignement, vous son Sauveur et son Dieu, et goûter avec plénitude la joie de votre présence!
Oh! qu'il est grand le Seigneur qu'elle reçoit! qu'il
est aimable l'hôte qu'elle possède^ que le compagnon, l'ami qui se donne à elle, est doux et fidèle ! que l'époux qu'elle embrasse est beau ! qu'il est noble et digne d'être aimé par-dessus tout ce qu'on peut aimer, et tout ce qu'il y a de désirable !
Que le ciel et la terre, dans leur parure magnifique^ se taisent devant vous, ô mon bien-aimé ! ô le roi de mon cœur ! car tout ce que Ton admire de beau en eux, ils le tiennent de vous, dont la sagesse n'a point de bornes, et jamais ils n'approcheront de votre beauté souveraine.
AUTRE ACTE d\\DORATION.
Saintes effusions, en sortant de la sainte table.
Seigneur, qu'elles sont ineffables les délices qui inondent l'âme fidèle admise à votre table, où on ne lui présente d'autre aliment que vous-même, son unique bien-aimé, le plus digne objet de ses désirs î Oh ! qu'il me serait doux de répandre en votre présence des pleurs d'amour et d'arroser vos pieds de mes larmes comme Madeleine ! Certes, en votre présence et celle des anges qui adorent le Dieu que je porte en moi, tout mon cœur devrait s'embraser et se fondre de joie, car vous m'êtes véritablement présent dans votre sacrement, quoique caché sous des apparences étrangères .
Mes yeux ne pourraient supporter l'éclat de votre divine lumière, et le monde entier s'évanouirait devant la splendeur de votre gloire.
C'est donc pour ménager ma faiblesse que vous vous cachez sous les voiles de ce sacrement.
Je possède réellement et j'adore Celui que les anges
ACTliS APRÈS LA COMMUNION. 51
adorent dans le ciel ; mais je ne le vois encore que par la foi, tandis qu'ils le voient tel qu'il est, sans voile.
Il faut que je me contente de ce flambeau de la vraie foi, et que je marche à sa lumière jusqu'à ce que luise l'aurore du jour éternel, et que les ombres des figures déclinent.
ACTK d'amour.
De lui-même, ô mon Dieu! mon cœur est froid, dur, sans goût pour la piété ; mais par vous il deviendra pieux^ zélé, fervent.
Quel homme, en effet, s'approchant humblement de la fontaine de suavité, n'en rapporte pas un peu de douceur, ou qui, se tenant près d'un grand feu, n'en reçoit pas quelque chaleur?
Vous êtes, mon Dieu, cette fontaine toujours pleine et surabondante, ce feu toujours ardent et qui ne s'éteint jamais.
Si donc il ne m'est pas permis de puiser à la plénitude de la source, et de m'y désaltérer parfaitement, j'approcherai cependant ma bouche de l'ouverture par où s'écoulent les eaux célestes, afin d'en recueillir au moins une gouttelette pour apaiser ma soif, et ne pas tomber dans une entière sécheresse.
Et si je ne puis encore être tout céleste et tout de feu, comme les chérubins el les séraphins, je m'efforcerai pourtant de m'animer à la piété, et de préparer mon cœur, afin qu'en participant avec humilité à ce sacrement de vie, je reçoive au moins quelque légère étincelle de ce feu divin.