‹ Direction Spirituelle et Protestantisme: Étude Sur La Légitimité D'une Direction ProtestanteChapitre 9 sur 43 · CS · texte numérisé non relu

CS

(1) Extrait d’une lettre particulière. L’auteur ne se borne pas à constater un état de fait douloureux, il envisage les modalités d’un redressement possible : « Il faudrait tâcher, continue-t-il, d’y remédier peu à peu. Je ne sais trop comment. Il faudrait prier Dieu de nous donner des hommes qualifiés. Il faudrait développer chez les futurs pasteurs et les pasteurs le goût pour cette tâche, l’intérêt pour les situations humaines concrètes (en dehors duquel on est d’ailleurs condamné à n’aimer qu’abstraitement). On pourrait envisager des retraites à quelques-uns, sous la présidence d’un homme compétent, au cours desquelles on s’efforcerait de mettre en commun les expériences faites, une rencontre de quelques jours, par exemple, sur les problèmes pratiques actuels ressortissant aux conflits conjugaux ; une autre sur les rapports actuels de parents à enfants ; une autre sur les conseils à donner aux malades, une autre, aux personnes en deuil... »

Nous sommes, croyons-nous, en droit de conclure que la direction spirituelle est en pleine harmonie avec la conception néo-testamentaire du ministère, bien plus, qu’elle est comme impliquée dans cette conception même. Elle est une extension normale et légitime du ministère de la Parole, elle est une forme positive et féconde de cette discipline ecclésiastique en faveur de laquelle les pères de l'Eglise réformée ont si âprement bataillé ; elle répond à la conception de l'Eglise corps du Christ, Eglise dont tous les membres sont solidaires et appelés à s’édifier réciproquement ; elle est une extension de ce ministère d’exhortation, de répréhension et d’encouragement fraternel auquel chaque fidèle est appelé à l’égard des autres membres de l'Eglise.

Les principes de la Réforme exigent que la direction ne soit pas réservée aux seuls pasteurs. La faire procéder d’une conception sacramentelle du ministère, y voir le privilège exclusif d’un sacerdoce, nous paraît contraire à la fois à l'Evangile et à notre tradition réformée. Toutefois, dans la plupart des cas, c’est le pasteur qui sera le directeur spirituel le plus qualifié, et son ministère lui-même lui contérera l’autorité nécessaire, encore que dans ce domaine le charisme soit tout particulièrement indispensable.

La direction spirituelle n’est donc pas, en son principe, une innovation dangereuse, une invention humaine faite pour asservir les consciences : ses fondements bibliques nous paraissent solidement posés.

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