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Directions pour la conscience d'un roi, ou, Examen de conscience sur les devoirs de la royauté

d'abord en Hollande , en 1734, parles soins du marquis de Fénélon , petit-neveu de l'archevêque de Cambrai, les Directions pour la conscience d'un roi*, placées à la suite de 1 édition in-4° de Télémaque, en

* En adoptant le titre employé par les nouveaux éditeurs de Fénélon , Examen , etc., j'ai néanmoins aussi conservé l'ancien : Directions pour la conscience d'un Roi , sous lequel cet ouvrage a toujours été connu , et que portent toutes les éditions.

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furent détachées par Tordre du m nistère de France, et supprimées av< une rigoureuse exactitude. Plusieui années après, les Hollandois qi avoient eu grande peine à soustraii à la destruction quelques exemplair* de cette édition primitive , en firer une réimpression in-8°. La Franc n'en ordonna point la suppression ainsi qu'elle l'avoit pu faire pour 1; première qui étoit publiée par un d»

ses ambassadeurs ; mais cette éditior nouvelle ne s'introduisit en France que clandestinement , et comme livre prohibé. Enfin , en ijj4 ? Louis XVI, dans les premiers moments de son avènement au trône , ayant par hasard eu connoissance de ce livre, fut extrêmement satisfait de sa lecture,

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et chargea l'abbé Soldini , son confesseur, de le faire réimprimer, lui disant : « Gomme je suis résolu de « remplir tous mes devoirs , je n'ai « pas d'intérêt à en faire un mystère « au public : il seroit fâcheux d'ail- « leurs , pour mes successeurs , qu'un « aussi bon livre vînt à se perdre. » Ainsi donc, un livre qui avoit été rigoureusement défendu et supprimé, dont on assure même qu'une réimpression furtive avoit occasionné la ruine absolue d'un imprimeur de province, qui avec sa femme fut amené à Paris pour y subir une peine infamante , fut en 1 774 réimprimé et multiplié par l'ordre exprès d'un vertueux monarque , qui le lut avec une respectueuse satisfaction, et que n'ef-

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fraya point l'austérité de ses préceptes.

A la suite de cet ouvrage composé pour l'usage du petit -fils de Louis XIV , j'ai cru convenable de rassembler trois autres écrits de moindre étendue, adressés l'un au monarque , l'autre à madame de Maintenon , et le troisième à un seigneur françois , pour lui servir de règle de conduite en Espagne, à la cour du petit-fils de Louis XIV.

La lettre à madame de Maintenon fut publiée en 1755, dans le recueil de ses lettres et mémoires, compilation donnée par La Beaumelle, en r5 volumes in-i a. La note confidentielle à M. de Louvillé a paru pour la première fois en î 8 18, dans les Mémoires

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deïxmville, 2 volumes in-8°; et quant à la Lettre à Louis XIV, depuis longtemps D'Alenibert l'avoit imprimée dans ses notes sur l'Eloge deFénélon, mais cette publication avoit laissé de l'incertitude sur l'authenticité d'un écrit imprimé d'après une copie dont onnereprésentoitpointroriginal;etla sévérité de ses remontrances avoit fait douter non-seulement que cette lettre eût jamais été remise à Louis XIV , mais même que Fénélon en fût véritablement l'auteur. Au reste , quand même le manuscrit original n'eût jamais pu être produit , la preuve n'en seroit pas moins établie aux yeux de toute personne de bonne foi , par la simple lecture comparative des Directions et' de cette lettre. Les mêmes

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idées s'y retrouvent, et cette sévérité, dont tout récemment quelques personnes ont voulu faire reproche à Fauteur, est précisément ce que Ton voit aussi dans tout le cours de l'autre ouvrage , dans ces avis que l'auguste élève de Fénélon reçut avec autant de vénération que de reconnoissance. Tout ceci ne pouvoit à la vérité être victorieusement opposé à ceux qui rejettent toute induction , même la plus convainquante , et veulent des faits positifs. Une preuve matérielle et incontestable vient d être fournie par une circonstance tout-à-fait inattendue.

Une minute de cette lettre , entièrement de la main de Fénélon , mentionnée, il est vrai, par

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dans ses notes sur l'Éloge de Fénélon , mais ensevelie et comme perdue dans le cabinet d'un curieux *, vient

* Cette lettre originale étoit tellement inconnue que M. le cardinal Bausset, dans son Histoire de Fénélon , dit positivement : « Le « manuscrit original n'existe point. M. D'A- « lembert n'a eu connoissance que de la même « copie qui est entre nos mains, et qui lui fut * communiquée il y a trente-huit ans. » De ce qu'il n'a pu en voir l'original , M. de Bausset tire cette conclusion , devenue fausse par le fait , Que rien n'est moins authentique que cette lettre publiée par D'Alembert , et qu'il ne croit pas devoir l'attribuer indiscrètement à Fénélon. {Voyez Histoire de Fénélon, tom. I, pag. 3o4-5-6.

Voltaire non plus ne croyoit pas à l'authenticité de cet écrit; il le témoigne dans une lettre à Condorcet , non imprimée , et que je viens de voir chez M. le général O'Connor,

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d'être, pour ainsi dire, révélée au public par son apparition dans une

gendre de Condorcet, et , à ce titre , propriétaire de ses papiers et de ceux de D'Alembert.

J'y ai vu aussi la copie manuscrite qui a servi à la première impression de la Lettre de Fénélon. En marge de cette copie, et de la main de D'Alembert , sont les notes qu'il a imprimées avec cette lettre. Dans la première de ces notes manuscrites, on lit : L'original que nous avons vu est écrit tout entier de la main de Fénélon , phrase que D'Alembert n'a point imprimée. J'ignore quelle raison il a pu avoir de la supprimer dans son livre; mais, ce qui est certain , et que je viens de voir de mes propres yeux , c'est qu'elle est écrite de sa main dans la note. Condorcet, dans une lettre à Voltaire , dit aussi : Le manuscrit existe. D'Alembert et Condorcet l'avoient donc vu.

Au reste , ce procès est terminé , puisque la pièce originale est maintenant produite.

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vente de livres : j'en ai fait l'acquisition * , et une pièce de cette importance étant impérieusement réclamée par Thistoire, j'en ai sur-le-champ publié deux éditions in-8° , l'une de luxe , avec portraits et une page en fac simile de la lettre originale , l'autre de moindre prix , sans les portraits , mais avec le fac simile , pièce indispensable comme preuve permanente de l'authenticité de l'écrit, et que l'on trouvera aussi dans cette réimpression en plus petit format avec les portraits de Louis XIV, de madame de Maintenon, et de Fénélon.

La lettre originale se compose de

* Le 16 février i8a5 , à la vente des livres de feu M. Gentil , à Paris.

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24 pages , au haut de la première desquelles est écrite la note suivante , de la main du marquis de Fénélon.

Minime d'une lettre de M. Labbé de Fenelon au Roy , a qui elle fut remise dans le temps par M. le D. de B*, et qui , loin de s'en indisposer , choisit au contraire quelque temps après cet abbé pour précepteur des princes ses petits Enfants. Cette minutie est toutte de lescriture de M. Labbé de Fenelon depuis archevesque de Cambray.

Cette note n est point exacte. Fenelon étoit, dès Tannée 1689, précepteur de M. le duc de Bourgogne, et sa lettre faisant mention de Louvois comme n'existant plus , n'a pu être écrite qu'après la mort de ce ministre,

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arrivée le 16 juillet 1691. 11 est probable qu elle est de 1694 , année dans laquelle la cherté du pain occasionna plusieurs émeutes.

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