‹ Directions pour la conscience d'un roi, ou, Examen de conscience sur les devoirs de la royautéChapitre 3 sur 55 · XVIJ · texte numérisé non relu

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Quatre jours après Madame de Main tenon écrivoit au même cardinal : « Je suis bien aise « que tous trouviez la lettre que je vous ai coua fiée trop dure, elle m'a toujours paru telle} « Ne connoissez-vous pas le style. »

Il est évident que ces deux lettres se rapportent à celle qui fait le sujet de cette discussion : la chose n'a pas besoin de preuve. La première oblige nécessairement d'en placer la date dans quelqu'une des années 1692, 9$, g4, où la disette du blé et la cherté du pain occasionnèrent

et ces mots de là dernière, ne connaissez* vous pas le style , en désignent assez clairement l'auteur. Madame de Maintenon étoit alors fort occupée de la Conversion de Louis XIV, et très persuadée qu'on ne pouvoit y réussir qu'en le détachant de son confesseur, qui l'en treten oit dans un état d'indifférence à cet égard. Fénélon étoit le confident et le conseil de cette dame , il avoit du ressentiment contre le père La Chaise qui , mécontent de sa mission en Poitou , l'avoit fait rayer de la liste des bénéfices, sur laquelle il étoit inscrit pour l'évéché de Poitiers. Les deux

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confidents en vouloient également à M. de Harlay , archevêque de Paris , qui s'entendoit avec le confesseur pour captiver entièrement la confiance du Roi. C'est ce qui nous explique le portrait peu favorable que la Lettre fait de l'un et de l'autre ; on y reconnoît , d'ailleurs , selon la remarque de M. de Rulhière , les principes de religion , de morale et de politique , que madame de Maintenon , et quelques personnes qui concouroient au même dessein , s'efibrçoient d'inspirer à Louis XIV. *

Il est bien vrai qu'elle y essuie quelques reproches sur sa foiblesse et sa timidité, parce qu'elle n'oso it pas profiter des avantages de sa position pour faire elle-même au Roi les représentations convenables sur son état ; reproches dont elle se justifie assez bien dans ses lettres. Mais cela prouveroit tout au plus que la Lettre n'auroit pas été concertée avec elle , quoique Fauteur n'eût fait qu'exprimer le résultat de ce qui se disoit dans leur société. Aussi n'en blâme-

" Lclaircissements sur la révocation deVÊdit de Nantes, paît. Il, page 207.

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t-elle que la forme , sans désapprouver le fond des reproches. Voilà pourquoi , en l'envoyant à M. de Noailles , récemment élevé sur le siège de Paris , afin qu'elle servît à le diriger dans ses rapports confidentiels avec le Roi , elle lui recommande de s'y prendre avec plus d'adresse et de douceur , s'il vouloit réussir à le ramener.

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