‹ Directions pour la conscience d'un roi, ou, Examen de conscience sur les devoirs de la royautéChapitre 47 sur 55 · DE MA IN TENON · texte numérisé non relu

DE MA IN TENON

Je ne puis „ Madame , vous parler sur

vos défauts , que douteusement et presque au hasard : vous n'ayez jamais agi de suite avec moi; et je compte pour peu çç que les autres m'ont dit de vous: mais n'importe , je vous dirai ce que je pense , et Dieu vous en fera faire l'usage qu'il lui plaira.

Vous êtes ingénue et naturelle; de là vient que vous faites très bien , sans avoir besoin d'y penser, à l'égard de ceux pour qui vous avez du goût et de l'estime ,

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mais trop froidement , dès que ce goût vous manque. Quand vous êtes sèche , votre sécheresse va assez loin. Je m'imagine qu'il y a dans votre fonds de la promptitude et de la lenteur. Ce qui vous blesse, vous blesse vivement.

Vous êtes née avec beaucoup de gloire, c'est-à-dire, de cette gloire qu'on nomme bonne et bien entendue , mais, qui est d'autant plus mauvaise , qu'on n'a point de honte de la trouver bonne : on se corrigeroit plus aisément d'une vanité sotte. Il vous reste encore beaucoup de cette gloire , sans que vous l'aperceviez.

La sensibilité sur les choses qui la pourroicnt piquer jusqu'au vif, marque combien il s'en faut qu'elle ne soit éteinte.

Vous tenez encore à l'estime des honnêtes gens, à l'approbation des gens de bien, au plaisir de soutenir votre prospérité avec modération, enfin à celui de paroitre

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par votre cœur au-dessus de votre place.

Le moi , dont je vous ai parlé si souvent, est encore une idole que vous n'avez pas brisée. Vous voulez aller à Dieu de tout votre cœur , mais non par la perte du moi: au contraire, vous cherchez le moi en Dieu : le goût sensible de la prière et de la présence de Dieu vous soutient :

mais si ce goût venoit à vous manquer , rattachement que vous avez à vous-même et au témoignage de votre propre vertu , vous jetteroit dans une dangereuse épreuve. J'espère que Dieu fera couler le lait le plus doux , jusqu'à ce qu'il veuille vous sevrer et vous nourrir du pain des forts.

Mais comptez bien certainement que le moindre attachement aux meilleures choses, par rapport à vous, vous retardera plus que toutes les imperfections que vous pouvez craindre. J'espère que Dieu

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vous cl 01 niera la lumière , pour entendre ceci mieux que je i^e L'ai explique.

Vous êtes naturellement bonne et disposée à la confiance y peut-être même un peu trop pour des gens de bien dont vous n'avez pas éprouvé assez à fond la prudence* Biais quand vous commencez à vous, défier , je m'imagine que votre cœur se serre trop : les personnes ingénues et confiantes, sont d'ordinaire ainsi , lorsqu'elles sont contraintes de se défief. Il y a un milieu entre l'excessive confiance qui se Livre , et la défiance qui ne sait plus à quoi s'en tenir, lorsqu'elle sent que ce qu'élis croyc-fc tenir lui échappe.

Votre bon esprit vous fera assez voir , que si les honnêtes : gens ont des défauts auxquels il ne faut pas se laisser aller aveuglément, ils ont aussi un certain procédé dçoit et simple , auquel on reconnoit sûrement ce qu'ils sont.

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Le caractère de l' honnête homme n'est point douteux et équivoque à qui le sait bien observer dans toutes ses circonstances. L'hypocrisie la plus profonde et la mieux déguisée n'atteint jamais jusqu'à la ressemblance de cette vertu ingénue : mais il faut se souvenir que la vertu là plus ingénue a de petits retours sur soi-même, et certaines recherches de son propre intérêt qu'elle n'aperçoit pas.

H faut donc éviter également , et de soupçonner les gens de bien éprouvés jusqu'à un certain point , et de se livrer à toute leur conduite. . '

Je vous dis tout ceci, Madame , parce qu'en, la place où vous êtes , on découvre tant de choses indignes , et on en entend si souvent d'imaginées par la calomnie , qu'on ne sait plus que croire. Plus on a d'inclination à aimer la vertu et à s'y

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confier , plus on est embarrassé et troublé en ces occasions. Il n'y a que le goût de la vérité et un certain discernement de la sincère vertu , qui puisse empêcher de tomber dans l'inconvénient d'une défiance universelle, qui seroit un très grand mal.

J'ai dit, Madame, qu'il ne faut se livrer à personne :je crois pourtant qu'il faut, par principe de christianisme et par sacrifice de sa raison , se soumettre aux conseils d'une seule personne qu'on a choisie pour la conduite spirituelle : si j'ajoute, une seule personne, c'est qu'il me semble qu'on ne doit pas multiplier les directeurs , ni en changer sans de grandes raisons : car ces changements ou mélanges produisent une incertitude et souvent une contrariété dangereuse. Tout au moins , on est retardé , au lieu d'avancer, par tous ces différents secours.

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Il arrive même d'ordinaire , que quand on a tant de différents conseils , on ne suit que le sien propre , par la nécessité où l'on se trouve de choisir entre tous ceux que Ton a reçus d'autrui.

Je conviens néanmoins , qu'outre les conseils d'un sage directeur , on peut , en diverses occasions , prendre des avis pour les affaires temporelles, qu'un autre peut voir de plus près que le directeur.

Mais je reviens à dire qu'excepté la con-

soumet à un bon directeur , pour tout le reste qui est extérieur , on ne se doit livrer à personne.

On croit dans le monde que vous aimez le bien sincèrement ; beaucoup de gens ont cru long-temps qu'une bonne gloire vous faisoit prendre ce parti : mais il me semble que tout le public est désabusé , et qu'on rend justice à la pureté

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de vos motifs. On dit pourtant encore , et selon toute apparence, avec vérité*,que vous êtes sèche et sévère ; qu'il n'est pas permis d'avoir des défauts avec vous; et qu'étant dure à vous-même , vous l'êtes aussi aux autres : que quand vous comcommencez à trouver quelque foible dans les gens que vous aves espéré de trouver parfaits, vous vous en dégoûtez trop vite , et que vous poussez trop loin le dégoût.

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vou3 dépeint , ce défaut ne vous sera ôté que par une longue et profonde étude de vous-même.

. Plus vous mourrez à vous-même par l'abandon total à l'esprit de Dieu , plus votre cœur s'élargira pour supporter les défauts d'autrui et pour y compatir sans bornes. Vous ne verrez partout que misère : vos yeux seront plus perçants, et en

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Couvriront encore plus que vous n'en oyez aujourd'hui : mais rien ne pourra i vous scandaliser , ni ^vous surprendre ,

1 vous resserrer. Vous verrez k cor^aption dans l'homme , comme l'eau dans t mer.

Le monde est relâché , et néanmoins 'ime sévérité impitoyable : vous ne restmblerez point au monde : vous serez dèle et exacte, mais compatissante et once comme J. C. l'a été pour les péleurs, pendartfcqu'il confondoit les Pliasiens dont les vertus extérieures étoient

éclatantes.

On dit que vous vous mêlez trop peu ?s affaires. €eux qui vous parlent ainsi, mt inspirés par l'inquiétude , par l'envie

2 se mêler du gouvernement , et par le §pit contre ceux qui distribuent les grâs, ou par l'espoir d'en obtenir par vous; Pour vous, Madame, il ne vous con-

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vient point de faire des efforts pour redresser ce qui n'est pas dans vos mains.

Le zèle du salut du Roi ne doit point vous faire aller au-delà des bornes que la Providence semble vous avoir marquées.

Il y a mille choses déplorables ; mais il faut attendre les moments, que Dieu seul connoît , et qu'il tient dans sa puissance.

Ce n'çst pas la fausseté que vous aurez à craindre , tant que vous la craindrez.

Les gens faux ne croient pas l'être : les vrais tremblent toujours de ne l'être pas.

Votre piété est droite : vous n'avez jamais eu les vices du monde; et depuis long-temps vous en avez abjuré les erreurs.

Le vrai moyen d'attirer la grâce sur le Roi et sur l'Etat n'est pas de crier , ou bien de fatiguer le Roi: c'est de l'édifier,

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de mourir sans cesse à vous-même : c'est d'ouvrir peu à peu le cœur de ce prince par une conduite ingénue , cordiale, patiente , libre néanmoins et enfantine dans cette patience.

Mais parler avec chaleur et avec âpreté, revenir souvent à la charge, dresser des batteries sourdement , faire des plans de sagesse humainè pour réformer ce qui a besoin de réforme , c'est vouloir faire le bien par une mauvaise voie : votre solidité rejette de tels moyens, et vous n'avez qu'à la suivre simplement.

Ce qui me paroit véritable touchant les affaires , c'est que votre esprit en est plus capable que vous ne pensez : vous vous défiez peut-être un peu trop de vous-même , ou bien vous craignez trop d'entrer dans des discussions contraires

au goût que vous avez pour une vie tranquille et recueillie. D'ailleurs, je m'ima-

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gine que vous craignez le caractère des gens que vous trouvez sur vos pas, quand vous entrez dans quelque affaire. Mais enfin il me paroît que votre esprit naturel et acquis a bien plus détendue que vous ne lui en donnez.

J e persiste à croire que vous ne devei jamais vous ingérer dans les affaires d'Etat : mais vous devez tous en instruire selon l'étendue de vos vues naturelles ; et quand les ouvertures «de la Providence vous offriront de quoi faire le bien , sans pousser trop loin le Roi au-delà de ses bornes , il ne faut jamais reculer.

Je vous ai détaillé ce que le monde dit; voici, Madame, ce que j'ai à dire :

H me paroît que vous avez encore un goût trop naturel pour l'amitié , pour la bonté de cœur et pour tout ce qui lie la bonne société. C'est sans doute ce qu'il j a de meilleur , selon la raison et la vertu

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humaine ; mais c'est pour cela même qu'il y faut renoncer.

Ceux qui ont le cœur dur et même froid , ont sans doute un très grand défaut naturel : c'est même une grande imperfection qui reste dans leur pieté ; car si leur piété étoit plus avancée , elle leur donneroit ce qui leur manque de ce côté là. Mais il faut compter que la véritable bonté de cœur consiste dans la fidélité à Dieu et dans le pur amour. Toutes les générosités , toutes les tendresses naturelles ne sont qu'un amour-propre plus rafinc, plus séduisant, plus flatteur, plus aimable , et par conséquent plus diabolique.

Je vous dis tout ceci sans nul intérêt personnel; car je suis assez sec dans ma conduite et froid dans les commencements , mais assez chaud et tendre dans le fond. Rien de tout ceci ne regarde

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l'homme à l'égard duquel vous avez des devoirs d'un autre ordre : l'accroissement de la grâce qui a déjà fait tant de prodiges en lui , achèvera d'en faire un autre homme. Mais je vous parle pour le seul intérêt de Dieu en vous : il faut mourir sans réserve à toute amitié.

Si vous ne teniez plus à vous , vous ne seriez pas non plus dans le désir de voir vos amis attachés à vous, que de les voir attachés au roi de la Chine. Vous les aimeriez du pur amour de Dieu , c'est-àdire d'un amour parfait, infini , généreux, agissant , compatissant, consolant , égal , bienfaisant et tendre comme Dieu même.

Le cœur de Dieu seroit versé dans le vôtre ; et votre amitié ne pôurroit non plus avoir de défaut , que celui qui aimeroit en vous ; vous ne voudriez rien des autres , que ce que Dieu en voudroit , et uniquement pour lui. Vous seriez jalouse

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pour lui contre vous-même ; et si vous exigiez des autres une conduite plus cordiale , ce ne seroit que pour leur perfection et pour l'accomplissement des desseins de Dieu sur eux.

Ce qui vous blesse donc dans les cœurs resserrés , ne vous blesse qu'à cause que le vôtre est encore trop resserré audedans de lui-même. Il n'y a que l'amourpropre qui blesse l'amour -propre. L'amour de Dieu supporte avéc condescendance l'infirmité de l'amour-propre , et attend en paix que Dieu le détruise. En un mot, Madame, le défaut de vouloir de l'amitié n'est pas moindre devant Dieu , que celui de manquer d'amitié. Le vrai amour de Dieu aime généreusement le prochain , sans espérance d'aucun Te-

tour.

Au reste , il faut tellement sacrifier à Dieu le moi, dont nous avons tant parlé,

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qu'on ne le recherche pins , ni pour la réputation , ni pour la consolation do témoignage qu'on se rend à soi-même sur ses bonnes qualités ou sur ses bons sentimens. Il faut mourir à tout sans réserve , et ne posséder pas même sa vertu par rapport à soi. Ce n'est point une obligation précise pour tous les chrétiens , mais je crois que c'est la perfection d'une âme qu'il a autant prévenue que la vôtre par ses miséricordes.

Il faut être prêt à se voir méprisé , haï , décrié, condamné par autrui , et à ne trouver en soi que trouble et condamnation , pour se sacrifier sans nul adoucissement au souverain domaine de Dieu, qui fait de sa créature selon son bon plaisir. Cette parole est dure à quiconque veut vivre en soi , et jouir pour soimême de sa vertu ornais qu'elle est douce et consolante pour une âme qui aime au-

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tant Dieu , qu'elle renonce à s'aimer elleéme !

Vous verrez un jour combien les gens qui sont dans cette disposition, sont grands dans l'amitié. Leur cœur est immense", parce qu'il tient de l'immensité de Dieu

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vues de pur amour , malgré leur naturel sec et serré , vont toujours s'élargissant peu à peu. Enfin Dieu leur donne un cœur semblable an sien, et des entrailles de mère pour tout ce qu'il unit à eux.

Ainsi la vraie et pure piété , loin de donner de la dureté et de l'indifférence , tire de l'indifférence, de la sécheresse, de la dureté de l'amour-propre qui se rétrécit en lui-même pour rapporter tout

à lui.

Pour vos devoirs , je n'hésite pas un moment à croire que vous devez les renfermer dans des bornes bien plus étroi-

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tes que la plupart des gens trop zélés ne le voudroient.

Chacun , plein de son intérêt , veut vous y entraîner , et vous trouve insensible à la gloire de Dieu , si vous n'êtes autant échauffée que

même que votre avis soit conforme àu

sien , et sa raison la vôtre.

Vous pourrez peut-être, dans la suite, si Dieu vous en

des biens plus étendus. Maintenant vous avez la communauté de Saint-Cyr , qui demande beaucoup de soins : encore même voudrois-je que vous fussiez bien soulagée et déchargée de ce côté-là. IL vous faut des temps de recueillement et de repos , tant de corps que d'esprit. Vous devez suivre le courant des affaires générales , pour tempérer ce qui est excessif et redresser ce qui en a besoin. Vous devez , sans vous rebuter jamais , profi-

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ter de tout ce que Dieu vous met au cœur , et de toutes les ouvertures qu'il vous donne dans celui du Roi, pour lui ouvrir les yeux et pour l'éclairer, mais sans empressement , comme je vous l'ai souvent représenté.

Au reste , comme le Roi se conduit bien moins par des maximes suivies , que par l'impression des gens qui l'environnent , et auxquels il confie son autorité , le capital est de ne perdre aucune occasion pour l'obséder par des gens sûrs , qui agissent de concert avec vous pour lui faire accomplir , dans leur vraie étendue , ses devoirs dont il n'a aucune idée.

S'il est prévenu en faveur de ceux qui font tant de violences , tant d'injustices, tant de fautes grossières , il le seroit bientôt encore plus en faveur de ceux qui suivroient les règles et qui l'animeroient

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au bien. C'est ce qui ine persuade que quand vous pourrez augmenter le crédit de MM. de Chevreuse et de Beauviliiers , vous ferez un grand coup. C'est à vpus à vous mesurer pour les temps ; mais si la simplicité et la liberté ne peuvent point emporter ceci, j 'aimerois mieux attendre jusqu'à ce que Dieu eût préparé le cœur du Roi. Enfin , le grand point est de l'assiéger , puisqu'il veut l'être ; de le gouverner, puisqu'il veut être gouverné : son salut consiste à être assiégé par des gens droits et sans intérêt.

Votre application à le toucher, à l'instruire , à lui ouvrir le cœur , à le garantir de certains pièges , à le soutenir quand il est ébranlé , à lui donner des vues de paix et surtout de soulagement des peuples , de modération , d'équité , de défiance à l'égard des conseils durs et violens , d'horreur pour les actes d'auto-

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rite arbitraire , enfin d'amour pour l'Église et d'application à lui chercher de saints pasteurs, tout cela, dis-je, vous donnera bien de l'occupation ; car , CTUoicrue vous ne puissiez noint narler de ces matières à toute heure, vous aurez besoin de perdre bien du temps pour choisir les moments propres à insinuer ces vérités. Voilà l'occupation que je mets au-dessus de toutes les autres.

Après les heures de piété , vous devez aussi, ce zmc semble, travailler et donner le temps nécessaire pour connoître par des gens sûrs les excellents sujets en chaque profession , et les principaux désordres qu'on peut réprimer..

Il ne faut point avoir de rapporteurs qui s'empressent à vous empoisonner du récit de toutes les petites fautes des particuliers ; mais il faut avoir des gens de bien qui , malgré eux , soient chargés

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en conscience de vous avertir des choses qui le mériteront : ceux-là ne vous diront que le nécessaire et laisseront le superflu aux tracassiers.

Vous devez aussi veiller pour soutenir dans leur emploi les gens de bien qui sont en fonction , empêcher les rapports calomnieux et les soupçons injustes , diminuer le faste de la cour quand vous le pourrez , faire entrer peu à peu Monseigneur dans toutes les affaires» empêcher que le venin de l'impiété ne se glisse autour de lui ; en un mot , être la sentinelle de Dieu , au milieu d'Israël , pour protéger tout le bien et pour réprimer tout le mal , mais suivant les bornes de votre autorité.

Pour Saint-Cyr, je croirois qu'une inspection générale et une attention suivie pour redresser dans ce général tout ce qui en aura besoin, suffit à une personne

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