RÉPONSE DE L'AVORTON A SA MÈRE
Mère, qui veux cesser de l'estre, Qui détruis ton ouvrage, après l'avoir formé,
Et fais un sépulchre animé
Du ventre où je devois naistre ;
Laisse-moy déplorer mon sort.
L'Honneur pour se venger, me fait donner la mort. Je m'ouvris, malgré lui, dans ton sein le passage. Cet Honneur offensé m'en punit à son tour. Et me rend maintenant outrage pour outrage. Et moi, ffui iag détruit, me détruis à mon tour".
Grâce à la bienveillance de Fouquet, Dehénaull reçut un des six offices de receveur des tailles de l'Election de Saint- Elienne créés en vertu de l'Edit du 30 mars lOo-'J. Cet Edit% un des premiers actes de la politique financière du Surintendant, dont un des moyens était la multiplication des offices, constatait qu'on avait « retenu si peu d'officiers qu'ils ne se sont pas trouvés en nombre suffisant, soit pour rendre la justice, soit pour le recouvrement des deniers » L'observalion était exacte en ce qui concernait TElection de Sainl-
i. Var. du Nouveau Cahinel des Muses, 165S : Laisse-moy calmer mon ennuy, El du fond du Xéant où tu rentres aujourd'huy.
2. Nous donnons ici le texte des OEuvres diverses de Dehénaull de 1670. Ce sonnet avait paru dans Le Nouveau C<-iJbme< des .1/izses, /ôj^, puis ensuite dans le 7?ec«ei7 de Sercy, Vep.. 1660. Il a motivé une lettre à madame de B**' (III' livre dos Amiliez, Amours et Amourettes par M. Le Pays. Grenoble etParis 1665, in-i2).