LA VIE DE DEHÉNAULT XV
Etienne, il ne se trouvait pas de sujets désirant détenir les offices de la Sénéchaussée et de l'Election parce que le commerce y était plus avantageux. Ainsi, ajoute Pélissier', on voit les offices de la Sénéchaussée et de l'Election vacants plusieurs années, encore il n'y a que les étrangers qui les possèdent. » Jean Dehénault était bien, en effet, un parisien transplanté en .Forez I
Un officier de l'Election de Saint-Etienne, pourvu de sa charge en vertu de l'acte du 20 mars 1055, touchait ;375 livres de gages, plus 10 sols par paroisse de vérification el signature de rôle. L'état de ses gages et droits pour un quartier de l'année 1658 se montait à 41(3 livres 16 sols et 3 deniers. Mais, en dehors de ces émoluments, les ofïiciers de l'Election acquéraient certains privilèges, confirmés par FEdit de mars 1055 et fort appréciables : l'exemption des tailles, aydes^ subsistances et logemens des gens de guerre, et aussi de la moitié des droits d'octroi. Enfin ils portaient un costume avantageux : le manteau noir e.t le chapeau violet doublé de rouge des échevins.
Une telle position, malgré la dignité du vêtement, était plutôt pénible pour l'ancien commensal de l'Hôtel de Condé, il se mourait d'ennui à Montbrison. Ses amis de Paris, car Dehénault en avait conservé d'influents, sollicitèrent Fouquet en sa faveur et obtinrent pour lui une pension de douze cents livres en attendant qu'une occasion s'olî'rit de le ramener dans la capitale du royaume.
Malheureusement un autre Edit, dû à l'initiative de Coîbert, présenté par le Conseil des Finances et appliqué dès le 15 septembre 1601, faisait une coupe sombre dans, les Elections et supprimait les bureaux créés depuis janvier 1630. Parmi ceuxci se trouvait le bureau de Saint-Etienne oîi Dehénault était receveur des tailles. Pour comble de malchance Fôuquet avait été arrêté dix jours auparavant. Le pauvre Dehénault perdait à la fois et son emploi et sa pension !
La rage au cœur, il reprend le chemin de Paris. Sa mauvaise humeur fut certainement atténuée par la pensée de revoir sa
i. Pélissier. Notes sur rélection de Saiut-Etienne. Tous les détails relatifs à l'élcclion de Saint-Etienne, sauf ceux qui ont trait à Jean Dehénault, sont pris dans le commentaire très intéressant de M. Hogcr Palluat de Bessel : L Eleclion de Saint- Elienne, la période de début 1629-1663. publié dans le Biiltelin de lu Diana, T. XII, Montbrison, 1902. p. 42. '