I. La Custode de la Reine qui dit tout
M. La Borde dans son ouvrage : Le Palais Mazarin attribue à Blot une mazarinade — trop célèbre — datée de 1649 La Custode de la Reine qui dit tout. Cette mazarinade dénuée totalement de sel et d'esprit, et d'ailleurs à peu près inintelligible, ne peut être de Blot. Elle est rimée en dépit du bon sens et sa versilication est telle qu'il serait impossible de la remettre debout ; certains vers ont quinze pieds et on ne pourrait en supprimer un seul sans altérer le sens. L'auteur est vraisemblablement le maître imprimeur Claude Morlot qui, ayant été surpris imprimant ce libelle, fut condamné à être pendu par arrêt de la Cour de Parlement du 20 juillet 1049. Morlot eut la chance d'échapper au châtiment du crime de lèse-majesté : Au moment où il sortait de la Conciergerie pour être mené en Grève, plusieurs garçons libraires et imprimeurs, qui se trouvaient à la porte du Palais, chargèrent brusquement les archers à coups de pierres, criant : sus aux Mazarins ; ils furent secondés par les gens de boutiques du quartier, de sorte que Morlot se trouva libéré dans la Cour du Palais. Plusieurs archers reçurent quelques blessures et leur chef, le sieur Le Grain, lieutenant criminel, qui les commandait, eut assez de peine à se sauver (1)...
(1) Mémoires de Guy-Joly.
II. Déclaration du Roy contre les blasphémateurs du Sainct nom de Dieu, vérifiée en Parlement, sa Majesté y séant, le 7 septembre 1651.
« Nous avons très estroictement defîendu et defîendons à tous
nos subjets de quelque qualité et condition qu'ils soient, de blasphémer, jurer et détester le sainct nom de Dieu, ny proférer aucune parole contre l'honneur de la très sacrée Vierge sa mère ou des saincts ; Voulons et nous plaist, que tous ceux qui se trouveront convaincus d'avoir juré et blasphémé le nom de Dieu, et sa très saincte Mère, et des saincts, soient condamnez pour la première fois en une amende pécuniaire selon leurs biens, la grandeur et énormité du serment et blasphèmes, les deux tiers de l'amende applicables aux hôpitaux des lieux, et où il n'y aura à l'Église, et l'autre tiers au dénonciateur. Et si ceux qui auront été ainsi punis retombent à faire les dits serment et blasphèmes, seront pour la seconde, tierce et quatrième fois condamnez es amendes doubles, triples et quadruples. Et pour la cinquième fois seront mis au carquan aux jours de testes, de dimanche ou autres, et y demeureront de huit heures du matin jusques à une heure après midy sujets à toutes injures et opprobes. Et en outre condamnez à une grosse amende. Et pour la sixième fois seront menez et mis au pillory, et là auront la lèvre de dessus coupée d'un fer chaud. Et la septième fois seront menez et mis audit Pillory, et la lèvre de dessous coupée ; Et si par obstination et mauvaise coutume invétérée, ils continuent après toutes ces peines à proférer les dits jurements et blasphèmes, Voulons et ordonnons qu'ils ayent la langue coupée tout juste, afin qu'à l'avenir ils ne les puissent plus proférer. Et en cas que ceux qui se trouveront convaincus n'ayent de quoy payer lesdites amendes, ils tiendront prison au pain et à l'eau pendant un mois ou plus long temps : ainsi que les juges le verront estre à propos selon la qualité et énormité des dits blasphèmes. Et afin que
l'on puisse avoir connoissance
(Ms. 21 730 B. N., f. 62).
III. Etat particulier de la maison de Gaston d'Orléans (1646).
Nous avons dit que Blot ne figurait ni sur l'État de la maison de Gaston d'Orléans de 1627(1), ni sur ceux de 1644 et 1648 (2), son nom n'a été rencontré que sur l'État de 1640 qui est aux Archives nationales.
Nous publions l'État particulier de 1646 où le nom de Blot est naturellement absent, parce que cet État apporte sur Gaston d'Orléans et ses amis des indications précieuses et inédites. Rappelons que Blot a vécu de 1644 (?) jusqu'à sa mort (1655) près du frère du roi sans être attaché à la maison de ce dernier, mais restant néanmoins de ses intimes, sinon son favori.
ESTAT PARTICULIER DES PARTIES PAYÉES COMPTANT TANT ES MAINS DE SON ALTESSE ROYALLE QUE A PLU- SIEURS PARTICULIERS PAR SON EXPRÉS COMMANDEMENT DURANT L'ANNÉE MVI' QUARANTE-SIX (1646).
Premièrement :
A Monseigneur pour ses menus plaisirs durant la dite année à raison de III "It. et par mois, sy. XXXVI -It.
Au seigneur Dumazy, pour intherest de la somme de soixante-dix mil livres par luy avancez pour le service de S. A. R. par ordonnance de sa dite A. R X -1.
Au trésorier en charge pour intherests de la somme de six vingt-quatre mil livres par luy avancez pour le service de S. A. R XXIIII ■!.
A Guillaume Pierre, cy devant cocher de S. A. R. pour reste de ses gages dont il n'avoit peu estre payé, faute de fonds 111 «XXX. I.
A M. Patris pour luy donner moyen de récompenser la charge de premier maréchal des logis de S. A. R., sy XII -1.
A M. de Saint-Quentin, en don, sy XV'l.
A Monseigneur, pour employer en atTalrcs secrettes suivant la certifTication de S. A. R I- ■'•
(1) Publié par Eugène Grisclle : .Maisons de la Grande .Mademoiselle et de Gaston d'Orléans. 1912.
(2) Extrait des officiers commensaux de la maison du Roy... Paris. Pierre Rocolet, 1644, 2 parties, in-4 ; État dos otflciers, domestiques et commensaux de la maison du roy, etc., par La Marlinièrc, 1649.
lis blAT FAIM ICI I.IKH DE I.A MAISON UE GASTUN (1616)
A S. A. FÀ.. pour pluslriirs fraiz particuliors suivant sa ccrtiflication VU -V IXXV. 1.
A M. le Baron du Jour, en don par Ordonnance de S. A. R H "1.
A Monseigneur, pour employer en affaires seercltes suivant la ccrtiflication de S. A. R XX "l.
A Didier Oudin cl Jean Moricct, trompettes des gardes de S.A. R,, pour leurs casaques chamarrées d'or et d'argent, par ordonnance de S. A. R. . VlII'l.
Au sieur Le Secq, trésorier de la bourse de Languedoch pour les ports, voitures et inthcrests de la somme de quatre-vingts mil livres par luy avancez pour le service de S. A. R., i)ar ordonnance de sadite A. R VII -1.
A la damoiselle Joly, remueuze de Mademoiselle d'Orléans, en don, sy V'I.
A M. de Neufville-Bordeaux, pour ses gages de Conseiller au Conseil de S. A. R., sy XII'l.
A Madame l'abbesse de Remiremont, pour le premier quartier de la présente année, sy III "l,
A M. le comte de Langeron, pour remboursement, sy II "1-
Au sieur Foucault, en don, sy XV «1.
A Madame de Rare, gouvernante de Mademoiselle, pour ses gages durant les six dernières semaines de Tannée 1645, sy VII '1.
Au père Faure, cordellier pour avoir presché le Caresme devant Madame, sy V^I.
A Messieurs l'abbé de la Rivière, de Choisy, de Bordeaux, Goulas et de Fromont pour leurs droicts de chauffage de l'année 1645, sy VII ^1.
A Mademoiselle de Remenecourt, fille d'honneur de Madame, pour ses gages de la présente année, sy cl. 1.
A M. du BouUey, pour remboursement, sy . . . II "1.
A M. de Lignières, gentilhomme ordinaire de S. A. R., pour le récompenser des chevaux qu'il a perdus durant la campagne, sy V»!.
Au sieur Grimaudct, lieutenant général à Blois, pour luy ayder à payer la -résignation dudit office, sy VM.
A .M. de la Hazinicre, trésorier de Tespargne, en don III "1.
Au sieur Gedouin, commis de l'espargnc, en don, sy VI «1.
Au sieur Dcmeuves, barbier, en don, sy la somme de V*l.
ÉTAT PARTICULIKR DE LA MAISON DE OASlUN (1646)
A Monsieur l'abbé de la Rivière, pour le droit de gruerie du tresfond de son abbaye de Saint- Benoist, par ordonnance de S. A. R XVXIIII.I. W-.
A Madame la maréchalle d'Ornano, en don, sy. XXX "1.
A M. de Montlouet, premier louvelier de S. A. R., pour reste de ses gages, sy XII 1.
A M. le baron de Circy, en don, sy II -1.
Au sieur Blanche t, maistre particulier des eaues et forests de Blois, pour luy ayder à payer la taxe de son dit ofTice, sy III. 1.
Au sieur de Perrière, cy devant lieutenant général au Vicomte de Mortain, pour luy ayder à payer la résignation de sondit ofTice, sy V'I.
Au sieur de Luzeret, gentilhomme de S. A. R., pour ses gages de l'année 1644, sy M. I,
A M. de la Frette, capitaine des gardes du corps de S. A. R., en don au lieu de sa pention, sy 1 1 II -1.
A M. Patris, premier mareschal des logis de S. A. R., en don, sy 1111-1.
Audit sieur Patris, capitaine des chasses de la forest de Sequigny pour ses appointements des six derniers mois de l'année 1645 et ceux des autres officiers des dites chasses, sy XIIIXX. 1.
A M. de Montbrun, premier chambellan de S. A. R., pour ses gages de l'année 1644 II "I.
A M. Guiot, greffier de M. de Marsilly, Grand M« des eaues et forestz de France, pour sallaire et expéditions qu'il a délivrées pour l'évaluation des bois extraordinaires vendus dans les forests de Valois VM.
A M. Bruno, garde du Cabinet des raretez de S. A. R., pour supplément de gages à cause de sa dite charge, par ordonnance de S. A. R XVIII'I.
A M. de Beauharnais, président au bureau des finances de la Généralité d'Orléans, et trésorier de France en ladite Généralité, en don pour le droit annuel des dites charges, sy • V XlIIlI.lVIIl'Xl^
A M. Forget, grand maistre des eaues et forests d'Orléans, en don à cause de sa charge III M.
Au sieur de Minières, gouverneur des pages de l'escurie de S. A. R., pour le droit de l'entrée de page des dites escuries, du chevalier de Bonneville, et pour deux habitz de livrées, sy XIX'Xll. I
A M. de Choisy, chancelier de S. A. R., la somme de six mil livres pour estre par luy distribuée à aucuns Conseillers du Conseil de S. A. R. la présente année