XXXI. Arsenal plein de babioles
Où r(m entre par six guichets,
J'incague vos colifichets,
Despouilles de vingt Picrocholes :
On y voit le sabre à Roland
Ce Fier-à-bras, ce Vert-galand,
Ce doien des neveux du bon roy Charlemagne :
Qui d'un seul coup de Durandal (4),
Vous pourfendoit homme et cheval.
(i| Philippe II et Philippe III que l'auteur nomiuc ainsi par dérision, à cause que ces deux Princes n'alloient jamais à la guerre, et ne sortoient de Madrid que pour aller à l'Escurial (de Bl.).
(i) Philippe II qui fut mange des poux, craignoit tant que son armée de Flandres ne fut battue, que dès qu'il eut appris qu'elle avoit gagné la bataille de S' Quentin, il fil vœu de n'aller jamais à la guerre, et de bâtir ce Monastère qui lui coûta près de six millions d'or (de Bl.).
(3) L'Arsenal de Madrid n'est rempli que de bagatelles, excepté une paire d'armes complètes qui sont d'or, enrichies de rubis et d'emeraiides, le reste ne \aul pas la peine d être vu. Ces armes ont été envoyées au roi d'Espagne par 1 empereur Leopold, son oncle et son beau-frère (de Bl.).
(4) Durandal est le nom que les anciens romanciers donnent à l'Epée de Roland (de Bl.).
MADRID RIDICULK 170
XXXI I. L'on y garde aussi l'aHumelle Du fameux Cid Matamoros (i), Cet enragé ([wi dans Burgos Occit le Père h la Donzelle :
II fit aux Mores tant do peur Que trois de leurs Roys, de (Vayeur Se mettant à genoux, luy baisèrenl la hottf^ : Et je crois que s'il l'eût voulu, \\ s'en fût fait, et sans culotte, Très-humblement baiser le rfi. *
XXXIII. Dans une boète est la cuirasse Dont le dernier roy Grenadin Qui n'estoit pas plus grand qu'un nain, Couvroit sa petite carcasse (a) ; C'estoit un plaisant ^o^^^we/w.
Que ce petit Roy mammelu Qui fit tant le mutin et n'estoit qu'un cravache : Avant de rendre son château Ce Marran tranchoit du bravache.
Mois depuis pleuroit comme un veau.