‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 65 sur 169 · UN DE LA TABLE · texte numérisé non relu

UN DE LA TABLE

Sonnet foutatif.

Foutre du cul, foutre du con, Foutre du Ciel et de la Terre, Foutre du diable et du tonnerre, Et du Louvre et de Montfaucon.

Foutre du temple rt du balcon.

Foutre de la paix, et de la guerre, Foutre du feu, foutre du verre, Foutre de l'eau et de l'Helicon.

Foutre des valets et des maistrcs, Foutre des moines et des prestres.

Foutre du foutre et du fouteur.

Foutre de tout le monde ensemble, Foutre du Livre et du Lecteur, Foutre du sonnet, que t'en semble.'

Au Lecteur critique.

Epigramme.

(Critique qui fais l'esprit fort En !natière do fouterio.

\e t'estonne point, je te prie.

De trouver foutre icy d'abord.

J avmerois mieux mourir de rage '^ue d'avoir dedans mon ouvrage

Malicieusement laissé .Vucun mauvais exemple ii suivre, Mais puisque nos aveux pour nous faire survivre Ont foutre sur foutre enlass»'.

Je puis bien commencer mon livre Par (Ml le (niMxIe a commencé.

lOS LK BORDEL DES MUSES

Sur UKMi li\ rr. Sonnet.

('<>mlis;iMs de Priape et du pcro Bacchus, Vigoureux officiers des nocturnes patrouilles, Vénérables fouteurs d'inépuisables couilles, Kxperts depuceleurs, artisans de cocus.

Et vous, garces h chiens, croupions invaincus,

Qui de nos braqueniards vous faites des quenouilles,

Dames du Putanisme, agréables gargouilles,

Vous, lâches empaleurs et chaussonncurs (i) de eus.

Venez tons an boidel de ces Muses lubriques : L'esprit qui prend plaisir aux discours satyriques Deschargera sans doute, entendant ces accords.

(le livre fleurira sans redouter les flammes;

On souffre icv des lieux pour le plaisir des corps,

On en souffrira bien pour le plaisir des âmes.

Aux Précieuses. Sonnet.

Courtisanes d'honneur, putains spirituelles, De qui tous les péchés sont des péchés d'esprit, Qui n'avez du plaisir qu'en couchant par escrit, Et qui n'aimez les lits qu'à cause des ruelles.

Vous chez qui la nature a des fleurs éternelles, Précieuses du temps, mes chères sœurs en Christ, Puisque l'occasion si justement vous rit. Venez dans ce bordel vous divertir, mes belles.

Si l'esprit a son vit aussi bien que le corps, Vostre âme y sentira des traits et des transports, .\ faire descharger la femme la plus froide.

Et si le corps enfin est par l'amour fléchi, Ce livre en long roulé, bien égal et bien roide, Vaudra bien un godemichi.

(i) Allusion aux imitateurs du sodomiste Chausson brûlé le 29 décembre 1661. Celte allusion prouve que toute cette partie du Bordel des Muses a été coraposée dans le premier semestre de 1662.

POÉSIES DIVKEHES lUO

Au Lecteur curieux. Sonnet.

Estant liier en desbiiuche au faubourg Saint-Germain, Entre une heure et minuit dans mon humeur boun u»*. Et cherchant h tastons tout seul de rue en rue Un bordel pour gister jusqucs au lendemain.

Marchant moitié de pied et moitié de la main, Et crotté jusqu'au cul comme un soc de charrue, Je vis le long du mur venir à pas de grue Un grand phantosme sec comme du parchemin.

Qui lut lors bien surpris, ce fut moy, je te jure, On m'auroit d'une paille estoupé la nature, Jamais je ne me vis en pareil embarras.

Tu voudrois bien savoir ce que c'estoit sans doute, Mais Lecteur... Pourcjuoy non? Si fait, tu le sauras, C'estoit Dieu nie pardonne, un diable qui le foutes.

Sur mon Bordel des Muses. Stances.

Tout fout maintenant sur Fermasse Et les pucelles d'Helicon S'en font donner dedans le con Aussi bien que dessus la fesse, Phœbus mesrae Les fout pour rien.

Par prudence afin que son bien N'entre point en d'autres familles, Dieu nous garde d'en juger mal.

Mais lorsqu'on a foutu ses filles.

On peut bien foutre son cheval.

Pégaze est de belle cncolur.',

Il est bien iail et bien fourny,

Il est de couillons bien muny.

Il a la croupe large et dure.

Je ne prends point dans ce calrul

L'intérêt du con ny du cul.

De la putain ny du bardaclu-,

Mais je croy qu'on fait plus de mal

De foutre neuf sœurs à la lâche

Que de chevaucher un cheval.

110 \A-: UORDEL DES MUSKS

Mais ijue dis-je ? Je ne vois goutte

De censurer un immortel

Qui se fout du péclié mottel,

El qui n'en fait point, quov qu'il toulf.

•lupin lii-haut comme un ponrct'im.

Outre sa sœur et son oiseau,

Se loul de tout tant que nous sommes

D'autres en scroient châtiés.

Mais dans les sottises des hommes

Les ])ieux sont privilégiés.

Fous doncques h perte d'haleine Phœbus, grand Dieu de Carnaval, Fous tes Muses et ton cheval, Fous les poissons de ta fontaine.

Diables et Dieux qui m'escoutez, Branlez, boujaronnez, foutez, Sans crainte que jamais j'en gronde; h^outez tout, mais souffrez aussi, Si vous foutez dans l'autre monde Que nous foutions dans celuy-ci.

FIN

A monsieur Militot sur son Escole des filles. Madrigal : Authenr foutu d'un foutu livre (texte dans la notice, p. xviii).

Épitaphe de Chausson. Sonnet. Aniis^ on a brûlé le malheureux Chausson (texte dans la notice, p. xli).

Les autres poésies diverses sont perdues (i).

(i) Nous ne reproduisons ici ni le titre complet : Combat du et les

raisons de Perrette et Dialogue entre et Perrette ni le texte de ces deux poésies

franchement obscènes qui terminent l'édition de VEscole des filles sous. la rubrique Fribourg, 1668, et qui sont très probablement de Claude Le Petit; elles devaient accompagner le manuscrit autographe de Millol, saisi chez Jean L'Ange, le la juin i655(voir le Procès de VEscole des Filles) si elles n'ont pas été imprimées dans l'édition originale de cet ouvrage; en tout cas, ces pièces ne figuraient pas à la table du Bordel des Muses.

L'Europe ridicule

c'est-à-sçavoir

La France dans Paris ridicule V Allemagne dans Vienne ridicule

L Italie dans Venise ridicule

L'Espagne dans Madrid ridicule

Et VAngleterre dans Londres ridicule

Le tout divisé en trois parties

A Leyden

iE BORDEL DES MURRR II3

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