i.A vu: !)[• SAiM l'.vviN, iG
Mes laquais lircnl à la fia Et ce qui resfnit de i/tnn (vain A pris coïKjr pour vccompense ;
Enfin, hors ceux à qui je dois,
On ne voit poiid d'hermite en France
Qui soit moins visité (jue moy.
au nioinciit où le Koi l'aj^rée en ({ualilé (l'a])bé comniendatairo (le l'ahbavo de Nolre-]3ame de Greslaiii prèsLisieux, sur la ivsij^'-nation de Jean-Baptiste Savary de I^rèves qui ne la })()ssr(lait (jue depuis quelques mois. Le titre d'abbé comniendalaii'e n'engageait à l'ien sinon à toneber les revenus de l'abbaye. L'abbé commendataire gardait ordinairement les deux tiers et comme la méthode d'affermer le revenu était de toutes la plus économique, il instituait un receveur général. Faisant bail avec ce fermi(;r, il se déchargeait des difficultés et des risques de la perception. Ajoutons qu'une abbaye en commende était une al)baye dont 1<' titulaire au lieu d'être un régulier se trouvait, moyeruiani dispense du Pa])e et redevance au Roi, être un séculier, un évoque, un chanoine, un conseiller au Parlement, voire un capitaine. Le Roi, en abolissant presque i)artout les élections canoni([ues, s'était mis en possession de disposer des abbayes, de trafiquer d'un patrimoine qui ne lui appartenait pas, de donner une sinécure lucrative à des l)énéfici<;rs étrangers à la vie régulière. C'était la conliscation déguisée des biens de l'Eglise... Les abbés commendataires pour la plupart ne connaissaient que de nom l'abbaycî dont ils avaient accepté le bénéfice ; les religieux ne savaient (pie par ouï-dire —
LA VIE DE SAINT-PAVIN, l643 3"]^
oupardes actes judiciaires — qu'ils avaient un abbé. Pour l'administration spirituelle, les abbés se substituaient une sorte de suj)pléant ou vicaire qui souvent était le prieur clauslraL lequel, obligé de prendre la règle, avait double juridiction spirituelle et temporelle'.
L'abbaye de Grestain le jour où elle échut à Saint- Pavin se trouvait dans un état de délabrement complet. Les murs de l'église, la tour recouverte d'ais côtelés, les voûtes de la nef, celles de la chapelle de Notre-Dame et de Saint-Benoît étaient en ruines. On constatait la destruction de huit piliers du cloître, de la couverture qui recouvrait la charpente du dortoir et du réfectoire : ces deux corps de bâtiment paraissent avoir eu vingt-trois toises de long. Dans l'église dépouillée de ses vitraux et exposée aux vents de tous côtés, on ne pouvait conserver ni lampes ni cierges allumés. Le mobilier liturgique ne présentait pas un état moins lamentable. On possédait bien quelques livres servant à célébrer la messe ou à dire les heures canoniales, mais ces missels et ces antiphonaires « dans lesquels on ne pouvait du tout lire à raison de leur antiquité » étaient rompus et lacérés. Les aubes, les nappes, les linges d'autels, les ornements manquaient pour les offices. A ce triste dénûment, il faut encore
(i) Tous CCS détails sont pris textuellement dans le remarquable ouvrage de M. Ch. liréard : L'abbaye de \olre-Dame de Greslain de l'ordre de Sainl-nenoist, de l'ancien diocèse de Liaieax, pp. i3i et iSa. auquel nous avons emprunlé Tliistorique des actes de Sainl-l'avin connue abbé commendalairc. (l'est à l'inépuisable obligeance fie M. Hréard que nous devons le fac-similé reproduit plus loin de la présentation de Denis Sanguin, le fds de Saint-Pavin, à la cure de Tier-
376 L.V vu: DE SMM-l'AVIN, lG43
ajoiitci- (|ii(' le cluriir de rôj^lisc ôlail (k\iiarni tic sièges pour asseoir les moines.
A l'exlérieiir. si Wmx poi'lait ses regards sur les murailles (le l'eiielos (|ui pivsenlaieiit à la vue trois cent soixaiite-(li\-lniil loiscs de dévelopiK'iiicuL sans eonipler une vieille inuraillc ruinée aneienneinenl à Test de ral)l)aYe, du e(')lé de la rivière la Vilaine deseendant de Saint-Pierre du (Hiàtel, la maçonnerie était à refaire. lien était de même pour le pressoii-. pour le eelliei* el p(nu' le e()l()ud)irr. Tous les hàliments, sans en exeepter aucun, et en y com])renant Téglise, apparaissaient à demi renversés. Le procès-verbal des experts du :k) octobre i(j^|3 évalue à 17.000 livres tournois environ, le uiontant des réparations à exécuter aux bàlimenls et à l'église'.
Ln arrêt du Parlenu'ut (!<> Uoueji du G novend)i"e i()^j3 avait ordonné que Faljbave serait réparée en y appbquant le tiers du revenu, le second tiers allant aux religieux et le troisième à l'abbé counneiidataii'c. Heureusement pour Saint-Paviu cel arj«H avait été rendu contre Savary de Brèves alors «juc celui-ci n'était déjà ])lus pourvu de l'al)baye de Grestain. aussi se saisit-il de ce prétexte pour eiilaïuer des |)oni|)ai'lej's avec le prieur et les religieux tendant à une transaction. En attendant l'issue favorable de ces pourparlers, il crie misère, sa passion pour le jeu vidant sa « pochette )> au fur et à mesure qu'il y entrait (piehjues pistoles :
(i; Nous donnons à V Appendice le texte des lollros patentes du Parlement de Rouen du G novembre i0^3, qui relatent le rapport des experts.
LA VIE DE SAINT-PAVIN. lG/i4 877
Sans ressource à ce coup le malheur me terrasse ; Je vois bien, mais trop tard, que le jeu m'est fatal : Je ne puis résister à mon destin brutal, Chers amis, c'en est fait, il faut quitter la place.
Au moins souvenez-vous que fay frayé la trace Par oh les gens de bien s'en vont à l'hospilal; Qui sçait bien despenser et n emprunte pas mal Ne doit pas s'afJVujer de porter la besace.
Je ne suis plus nourry (pie par mes créanciers, Qui taschent, pour tirer payment de leurs deniers, De me faire survivre à tous ceux dont J'hérite:
Que mes jours sont suivis d'une bizarre fin '.
Les dettes me font vivre, et quand je seray quitte,
Je prévois qu'il faudra que je meure de faim !
Son frère, Nicolas Sanguin, évoque de Senlis, ému de sa détresse, vient ofénéreusement à son secours. Par un acte du 5 février i644, illui fait don d'une rente annuelle de 1 .900 livres tournois d'augmentation de gages attribuée à l'état ou office de conseiller de la Cour de Parlement de Paris duquel était })ourvu Ghristophle Sanguin, leur frère, et que Nicolas Sanguin avait acquis moyennant la somme de 12.000 livres tournois'. C'était là un cadeau vraiment royal.
Trois mois et demi après, le nouvel abbé connnendataire de Notre-Dame de (irestain a la satisfaction d'apposer sa signature sur l'acte qui termine son différend avec ses religieux. Ceux-ci acceptent l'annulation de l'arrêt du
(1) Nous donnons à l'Appendice le tcxlc do col acte.
SyS l'A ME DE SAIM l'AVIN, l(3'|4
Paricincnl de Koiicii et so coiilcnh'iil de la jironu'sse (|iril leur fait (l'tHVcrliicr loiilcs les rrpai'a lions nécessaires à Tahhaye. La l)()inie foi de Sainl-Paviii esl certaine, mais vraiinenl il était peu i)réparé à économiser sur ses deniers la sonnne nécessaire !
A Oici le lexle de la liansaclioii du -ja) mai \i')f\\ :
(( Fut préî^cnl... François Grégoire sieur des Forges, demeurant à Paris, rue de Sainl-Atlianase, paroisse de Saint Gervais, procuicur général et spécial de Messire Denis Sanguin, abbé commendalairc de rabl)a\e de ?sostre-Danie de Greslain, diocèse de Lisiculx , par procuration spécialle passée devant Iluard et Bellin, notlaircs du roi en son Chaslelel de Paris, le 26 avril dernier passé.... et daomj) Jean Jkiptislc Thiiel, prieur daomp Guillaume Harou, aumosnier, daoïnj) Guillaume Le Chevallier, chantre, daomp Claude de Grosourdy, sacieslin, daomp Pierre Baynel, infirmier, daomp Jacques Thirel, relTaclurier, daomp Louys Jouas, chapellain de la Magdelaigne-ledict-Greslain, tous preslres, rclligiculx proffez en ladicle abbaye de Greslain, assemljlez dans le chaj)itlre d'icellc abbaye au son de la cloche, lesquelz disant qu'en exécution de certain arresl du Parlement de Rouen, donné entre Gaston Savary de J3refvcs cy devant abbé de ladicte abbaye, le G" novembre dernier, lesdits sieurs relligieux prétendent le tiers de tous les revenus d'icelle, francs et exempts de toutes charges pour leur nouritture, vesture et entretien, les deulx autres tiers estant l'un pour ledict sieur abbé et l'autre pour les repparations nécessaires à faire en ladicte abbaye et édiffices en dépendant, ornements d'esglise et décymes ; — et au contraire ledict sieur Sanguin prétend que ledict arrest rendu contre ledict sieur de Brefves au temps où il n'avoit plus de droit en ladicte abbaye attendu que la résignation qu'il en avoit faite audict sieur Sanguin avoit este agréée par le Roy dès le 22° octobre précédent soustenant ledict sieur abbé que lesdicts prieur et relligieux avoient plus que suffisantes pensions par les transactions faites entre eux et les prédécesseurs abbcz qui se monloient, pour sept relligieulx preslres comprins ledicL prieur, pour un novice et un clerc de couvent, à huict vingtz boisscaulx de bled avecq la
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somme de seize cents livres en deniers, et encor cent livres pour ledict sieur prieur, et la jouissance du petit prey joignant le prey Canu... suivant acte du i\ mars 1G18 entre Icsdicls religieux et Pierre Habert, conseiller et aumosnier du Roy. lors abbé dudict Grcstain... revenu dont ils dévoient se contenter. Quant aux réparations, son intention estoit de les faire faire au plus tost de ses deniers pour mettre les lieux en Testât;... laquelle transaction ou accord faite par la raison que lesdicts religieulx se sont désistez et renoncent à l'exécution desdicts arretz et consentent que ledict Sanguin jouisse cnlièrcment du revenu de ladicte abbaye, faisant payer annuellement deux mille deux cent soixante livres en deniers, liuict-viiigl boisscaulx de blé froment, etc., etc. '.
Cette transaction venait à son heure, car la santé de Saint-Pavin était mauvaise, la froutte le travaillait et par moments, le rendait presque perclus, son vieil ami Blot nous en parle dans une chanson de i6^5 :
Je veux sortir de celte ville Car j'y amasse trop de bile.
Et m'y trouve tout désolé Je suis chagrin, je suis colère, C'est, je crois, l'air du Jubilé Qui m'est entièrement contraire.
Que ce maudit air incommode Ceux qui vivent à noslre mode, Le pauvre noble nef... plus, Nostre cher Chevalier succombe, - Le bon Saint-Pavin est perclus.
Et François Coquet dans la tombe-'.
(i) Arch. dép. de l'Eure, II, 347. Reproduit par M. (Ih. Mréard.
(3) Le chevalier de Rivière.
(3) Bibl. nat., Ms. fr. 12726 et 865.
Il est question de la mort de François Coquet dans une lelîre de Guy Patin du 9 juin i645 : « ...Ces jours passés fut enterré un nommé François Coquet, controlleur de la maison de la Reyne. Il avoit les cheveux blancs et n'avoit que quarante-quatre ans. 11 estoit le plus beau disneur et le plus grand buveur de
38o LA vu: de sai.nt-pavin. i(3'iG
Marie de Ual)iiliri ayant é})ousé le \ août \i)'\\ le mar- (juis (le Sévigiié partit presque aussitôt pour la terre des Rochers en Bretagne apj)artenant à son mari. Le pauvre Saint-Pavin est privé pendant plus d'une année de son amie de Livr\ , il se console en lui écrivant.
De retour à Pai'is, en octobre i'')M^ la jeune madame de Sévigné le j-elrouve à l'Hôtel de Uand)ouillet et au prin temps suivant à l'abbaye de Livry. Saint-Pavin ne lui ménage j)as les compliments, il sait ([ue celte monnaie distribuée à propos est toujours bien accueillie :
Quand on dit que Cbirinle est fjelle, Que son entretien est charmant, Quelle a la grâce naturelle, Que du siècle elle est l'ornement,
Ce grand éloge (ju'on fait d'elle Me donne peu d'estonnement :
Mats quand on dit (/u'elle est Jidelle, Je soupire secrètement :
Je vois que son (une engagée I\'e sçauroil estre partagée, Quoy que je fasse désormais.
Mon malheur n'est-il pas extresme?
Son mérite veut que je l'aime.
Et quelle ne m'aime jamais.
l'aris. lion compa^rnon et fort friaiil... Enfin il psl mort avec grand jugoment et grand rogrcl de sa vie passrc. I^c vin (ju'ila bu a fait tout cola... » Talioniant en parle à plusieurs reprises dans si-s Historiettes.
L\ Vil- DE SVnTPAVIN, l6^6 .*J8 ï
Les deux sonnets suivants ne sont pas moins «râlants. Dans le premier il lui reproche indircetemenl de ne pas répondre à ses lettres :
Clarinte à qui toute la Cour Rend un respectueux hommar/e, Des plus illustres de notre âfje Reçoit des billets chaque Jour,
Qu'ils soient ou d'intrijue ou d'amour, J.cuncds la belle ne s'engage.
Et ne leur donne autre avantage Que de les lire tour à tour.
Quelquejois elle prend la plume ; On croiroit, selon la cous t unie, Qu'elle rend billet pour billet:
A tout autre chose elle pense.
Veut-on sçavoir ce qu elle fait ?
Elle n'escrit que sa despeiisc.
et, il la met, dans le second, au ranir des Dieux !
Quand on dispute de l'âge Des plus aimables du temps Pour Clarinte on se partage, Sitost qu'elle est sur les rangs.
L'un dit qu'elle a le visage D'une Ji lie de quinze cms :
L'autre luy croit davantage, A luy voir tant de bon sens.
Sans décider la querelle.
Rendons Justice à la belle, Traitons-la comme les Dieux:
332 î V MK 1>K SAINT-PAMN, lG^6
On les sert, on les ddore, Et l'on ne sçait pas encore S'ils sont on jeunes ou vieux.
Sur le bruit que Sc-rais, à peine à-é de vingt-deux ans,
avait adressé quelques vers à la marquise, il s'émeut et lui
crie toute sa colère :
Marrjuise, je suis en colère :
Les petits hommes d'ordinaire Eveillez comme des lutins Sont gens fpierelleurs et mutins.
S'il est ain.sy, vous devez craindre Carj'ay grand sujet de me plaindre :
Dans Paris on fait courre un bruicl Qui me surprend et gui vous nuict, Et l'on me mande pour nouvelle Qu'il revirid dans rostre ruelle Un certa'ui esprit d(uigereu.i\ Qui met le trouble entre nous deux, Quil.<ioit esprit follet ou diable.
Une la'isse pas d'eslre aimable, Il est galant, il est bienfait; S'il vous en conte. Dieu le sçait.
On dit qu'auprès d'une maistresse Il trémousse, H agit sans cesse, Et que c'est un petit démon
Qui fait tout dans une nKÙ.son.
Prenez garde, belle Marquise,
Que b'ientost 'il ne vous séduise.
Il est hab'de, il est adroit ;
Quand il est bien en quelqu endroit
On ne l'en chasse pas fort vite ;
Il ne craint guère l'eau bénite.
S'il vous possède quelque jour,
Adieu, Marquise, sans retour.
Ce seroil une chose estrange
Qu'on trouvast une sainte, un ange.
LA VIE DE SAINT-I'.VVIN, iG^Ô 383
Dans un si déplorable estât.
Que deviendroit ce noble esclat Qui brille dans votre personne.
Cette humeur si douce et si bonne ?
Que deviendroit cette vertu Qui tous vos sens a combattu, Cet air si modeste et si safje.
Qui vous donne tant d'avantage Sur les plus belles de nos Jours ?
Où fuiroient les petits Amours ?
Si davantage il vous obsède, Implorez aussytost mon aide ; Pour combattre un tel ennemy Je vaux bien un Ijravc et demy.
Mcds vous me rcspondrez peut-estre Que chez vous me rendre le maistre Par la perte de ce rival, C'est tomber de fièvre en chaud mal.
Il est vray, nous avons ensemijle Quelque chose gui se ressemble :
Nous poussons les mesmes soupirs, Aous avons les mesmes désirs, Tous deux l'humeur assez trcdtable, Une condition semblable.
Pourtant ne nous confondez pas :
Nous n avons pas mesmes appas.
Par luy la bonne renommée Le plus souvent est diffamée :
Les désordres de ma santé Mettent l'honneur en seureté.
D'un jeune homme en estât de plaire.
Il faut tout crcdndre et s'en défcdre : Souffrir tout des gens comme nous.
Qui rarement font des jaloux.
Si la leçon que je vous donne Ne vous semfjte f)ellc ny bonne, Marqu'me, vous pouvez tout bas En rire et ne me croire pas.
.'iSA IV MI- nr SAIM-PAMN, l(')\-
Cc n'est pas ce qui in'cnihdri'dsse ; Mais c'est de voir sur le Parnasse Que cet esprit entreprenant Travaille pour vous maintenant '.
// pourroit vous avoir surprise ; Je ne sraurois souffrir, Marquise.
Que vous receviez de ses vers Sans nous regarder de travers.
]'oilà le sujet de ma lettre.
Je pouvais quelque chose y mettre Ou vous auriez moins consenti ; Marquise, iljaut prendre parti :
Soyez juste dans la rencontre :
S'il escrif pour, J'rscriray contre.
8aiiil-l\'i\ in devait, à riIcMcl de l^ninhouillcl. payer son Iriltul à la mode des rondeaux el des énij^iues, mode (jiii a jx'i'iiiis d'érrire tant do pièces insipides : on l'excuserait aujoui'd'hui si tous les joutein-s avaienl été de sa Ibrce :
Si vous voulez, o beauté que j'adore, lUuuiir d'icy le chagrin qui dévore i'n vieux perclus qui ne peut en sortir, Venez le voir, hastez-vous de partir :
A son secours vos boutez il implore S'il n'est pas fait comme Varde ou Ikxpi'laure. La bonne humeur sa vieillesse décore Vous en pourrez faire vos Ire martyr Si vous voulez.
Estant chez luy la contrainte il abhorre. Les Jeux, les liis que l'Amour fait éclore
(i; Scgrais. Sur cet ■'iiilonr. voir notro ItiUl'KxjrdpJiic dcn recueils: rolleetij publiés fie 1:>U7 n 17 (lO.
LA vu: DE SAINT-PVVIN.
S'y trouveront près (s à vous divertir, Eljevoaspuisasseurer, sans mentir, Que vous aurez d'autres plaisirs encore Si vous voulez.
Quant au mol do rôuigmc, il fallait noire épicurien pour le traduire avec cette finesse :
Je vis un Jour dans l'isle fortunée
Un petit mont qu'on ne peut trop chérir ;
Il a des fleurs tous les mois de l'année,
Et quelquefois est neuf mois sans fleurir :
Vers le penchant un sentier le partage,
Tout rebordé de roses à l'en four :
Là. dans un temple, au milieu d'un bocage
On va traitirr les mistercs d'amour.
Le pèlerin peu de temps y demeure.
Pour la santé c'est un lieu dangereux; Si par hazard, il advient qu'il y meure Il ressuscite, et refait d'autres vœux.
De ce coteau descoule une fontaine ; On le cultive, il est ensemencé :
En y montant souvent on perd haleine.
On en descend tousjours fort harassé.
Il s'abstient, en i0^i8. de prendre part à la querelle des sonnets de Jol) et d'Uranie. peut-être parce qu'il comptait des amis dans les deux camps. })eut-ètre aussi parce qu'il jugeait cette querelle puérile ; il se contenta de j^araphraser le sonnet de Benserade :
Job eut des biens en abondance.
On le vit en tout prospérer ; Le Ciel voulut les retirer On admira sa patience !
3S6 lA mi: i>e smm-pamn. iG48
Si lonicjois (huis la soiijj'rdiicc On le voit un peu murmurer.
Celui (jui meuii sans soupirer Tem()i(jne eiieor plus de eonslanee.
Dans les plus fàeheuj' aeeidens,
Il se donna des confidens,
Il n'eul poini de maux ineurahles :
Son lourrneni ne fui pniul rarlié.
On le seeul. on enjul loueln' :
J'en ronnois de i)lus misérables.