SÉPULTURE ECCLÉSIASTIQUE, 2. XI ; 7. XIX
Serment, sa sainteté, 2. XVI.
Servantes des curés, i. XIV ; 2. XV.
Sociétés secrètes, i. XVII ; 4. XI ; de tempérance, 7.
Solennités transférées, i. IX.
Sourds-muets, 6. XVIII.
Souverain Pontife, 4. V ; son infaillibilité, 5. VI.
Synode diocésain, i. XIX.
Tarif, 2. XV.
Tempérance, 5. XIX ; 6. XXIV ; sociétés de tempérance, 7. XVII.
Testament des clercs, 2. XIV ; 6. VII ; 7. X.
Université Laval, 3. XIII.
Usure, 4. X.
Vicaires, leurs devoirs, 2. XV ; juridiction, 7. XL Vocations ecclésiastiques, 2. XV; 5. IX. Votants, ceux qui vendent leur suffrage, 7. XXIV.
Formule de la Profession de foi qui doit être faite , en conformité de r article 5 dtc Ve décret du Vie Concile de Québec.
Professio Fidei. — Ego N . . . firma fide credo, et profiteor omnia et singula, quae continentur in Symbolo fideî, quo sancta Romana Ecclesia utitur, videlicet :
Credo in unum Deum, Patrem omnipotentem, factorem cœli et terrai, visibilium omnium et invisibilium. Et in unum Dominum Jesum Christum, Filium Dei unigenitum ; et ex Pâtre natum ante omnia saecula ; Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero ; genitum, non factum, consubstantialem Patri, per quem omnia facta sunt. Qui propter nos homines, et propter nostram salutem descendit de cœlis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine ; et Homo factus est. Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato, passus, et sepultus est. Et resurrexit tertia die secundum Scripturas. Et ascendit in cœlum, sedet ad dexteram Patris. Et iterum venturus estcum gloria judicare vivos et mortuos ; cujus regni non erit finis. Et in Spiritum sanctum Dominum, et vivificantem ; qui ex Pâtre Filioque procedit ; qui cum Pâtre et Filio simul adoratur, et conglorificatur ; qui locutus est per Prophetas. Et Unam Sanctam Catholicam et Apostolicam Ecclesiam. Confiteor unum Baptisma in remissionem peccatorum. Et expecto resurrectionem mortuorum : et vitam venturi saeculi. Amen.
Apostolicas et Ecclesiasticas traditiones, reliquasque ejusdem Ecclesiae observationes, et constitutiones firmissime admitto et amplector.
Item sacram Scripturain, juxta eum sensum, quem tenuit et tenet sancta Mater Ecclesia, cujus est judicare de vero sensu, et interpretatione sacrarum Scripturarum, admitto ; nec eam unquam, nisi juxta unanimem consensum Patrum, accipiam et interpretabor.
Profiteor quoque septem esse vere et proprie Sacramenta novae Legis, a Jesu Christo Domino nostro instituta, atque ad salutem humani generis, licet non omnia singulis, necessaria, scilicet : Baptismum, Confirmationem, Eucharistiam, Pœnitentiam, Extremam Unctionem, Ordinem, et Matrimonium, illaque gratiam conferr€ .; et ex his Baptismum, Confirmationem et Ordinem, sine sacrilegio iterari non posse.
Receptos qu3que et adprobatos Ecclesise Catholicae ritus, in supradictorum omnium Sacramentorum solemni administratione, recipio et admitto.
Omnia et singula, quae de peccato originali et de justificatione in sacrosancta Tridentina Synodo definita et declarata fuerunt, amplector et recipio.
Profiteor pariter in Missa offerri Deo verum, proprium, et propitiatorium Sacrificium pro vivis et defunctis ; atque in sanctissimo Eucharistiae Sacramento esse vere, realiter et substantialiter corpus et sanguinem, una cum anima et divinitate Domini nostri Jesu Christi ; fierique conversionem totius substantiae panis in corpus, et totius substantiae vini in sanguinem ; quam conversionem Catholica Ecclesia Transubstantiationem appellat.
F'ateor etiam sub altéra tantum specie, totum atque integrum Christum, verumque Sacramentum sumi.
Constanter teneo Purgatorium esse, animasque ibi detentas fidelium suffragiis juvari.
Similiter et Sanctos una cum Chrlsto reenantes, venerandos, atque invocandos esse ; eosque orationes Deo pro nobis offerre ; atque eoriim reliquias esse venerandas.
Firmiter assero, imagines Christi, ac Deiparae semper Virginis, necnon aliorum Sanctorum, habendas et retinendas esse ; atque eis debitum honorem ac venerationem impertiendam.
Indulgentiarum etiam potestatema Christo in Ecclesia relictam fuisse, illarumque usum Christiano populo maxime salutarem esse affirmo.
Sanctam, Catholicam, et Apostolicam Romanam Ecclesiam, omnium Ecclesiarum matrem et magistram agnosco ; Romanoque Pontifici, beati Pétri Apostolorum Principis successori, ac Jesu Christi Vicario, veram obedientiam spondeo ac juro.
Caetera item omnia a sacris Canonibus, et œcumenicis Conciliis, ac praecipue a sacrosancta Tridentina Synodo et ab œcumenico Concilio Vaticano tradita, definita, et declarata, praesertim de Romani Pontificis primatu et infallibili magisterio, indubitanter recipio, atque profiteor ; simulque contraria omnia, atque haereses quascumque ab Ecclesia damnatas, et rejectas et anathematizatas, ego pariter damno, rejicio, et anathematizo. Hanc veram Catholicam fîdem, extra quam nemo salvus esse potest, quam in praesenti sponte profiteor et veraciter teneo, eamdem integram et immaculatam usque ad extremum vitae spiritum constantissime, Deo adjuvante, retinere et confiteri ; atque a meis subditis, seu illis quorum cura ad me in munere meo spectabit, teneri, et doceri, et praedicari, quantum in me erit, curaturum.
Ego idem N. spondeo, voveo, ac juro. Sic me Deus adjuvet, et haec sancta Dei Evangelia.
Mandement de Monseionenr E.-A. TascJiei^ean, A7'che-
vêqne de Qnébec, pour l établissenietit de l exposition
perpctiielle du Saint-Sacrement .
ELZÉAR-ALEXAXDRE TASCHEREAU,
Par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique. Archevêque de Québec,
An Clergé Sécnlier et Régtdier, anx Commnnatttés Religieuses et à tons les Fidèles de F Archidiocèse de On^ébec, SahU et Bénédiction en Notre Seioneiir.
La dévotion et la confiance qui régnent parmi vous, Nos Très Chers Frères, envers Notre Seigneur Jésus- Christ dans le Saint-Sacrement de l'Eucharistie, nous donnent lieu de croire que vous accueillerez avec joie la bonne nouvelle que nous voulons vous annoncer aujourd'hui.
Nous lisons dans la Sainte-Ecriture que ce divin Sauveur parcourait les villes et les campagnes de la Judée, annonçant partout l'évangile et confirmant ses paroles par des miracles sans nombre. Heureux les yeux qui ont contemplé le Rédempteur promis et attendu depuis le commencement du monde ! Heureuses les oreilles qui ont entendu les paroles de vérité qui sortaient de la bouche du Vei^be Dieu fait chair ! Heureux, mille fois heureux, le peuple au milieu duquel Dieic a été vîl sur la terre conversant avec les hommes ! (Baruch, HI. 'X,^}j
Ce bonheur, N. T. C. F., vous allez en jouir. Notre Seigneur est au milieu de vous dans la Sainte Eucharistie, et il va se montrer à vous successivement dans toutes
les paroisses de ce diocèse durant la belle et salutaire dévotion des Quarante Heures pour l'adoration perpétuelle, que nous y établissons par le présent mandement.
Au milieu des calamités qui affligent la terre, '' notre '' consolation et notre espoir doivent se trouver, comme '' le dit le Pape Clément VIII, dans la prière qui nous *' obtient toutes sortes de biens, pénètre les cieux, apaise *' la colère de Dieu, détourne les fléaux et nous donne '' part à l'abondance de la miséricorde." {Bulle du 25 nov. \^<^2 pour F établissement des 40 h. à Rome.)
A la vérité, ce Divin Sauveur ne sera pas visible aux yeux de votre corps, mais la lumière infaillible de la foi vous le montrera réellement présent sous les voiles eucharistiques. Sa parole divine ne retentira pas à vos oreilles d'une manière sensible, mais il vous parlera un langage qui, partant de son cœur adorable, ira droit à votre cœur pour le consoler, le nourrir, le fortifier et l'éclairer. C'est afin que vous puissiez mieux entendre cette voix divine, qu'un silence profond et solennel doit régner dans l'église où il est exposé.
Conformément au dogme catholique, l'Eucharistie contient véritablement, réellement et substantiellement, sous les apparences du pain et du vin, le corps, le sang, l'âme et la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui l'a instituée lui-même pour en faire la nourriture de nos âmes. La substance du pain et du vin est changée au corps et au sang de Jésus-Christ, de sorte qu'après la consécration, il ne reste de l'un et de l'autre que les espèces, ou apparences, qui frappent nos sens comme avant la célébration des saints mystères.
Ce sacrement adorable est dans l'église catholique comme le centre et le cœur d'où part la grâce qui anime ce corps mystique. Par une admirable disposition de la sagesse divine, tous les autres sacrements se rapportent à celui-ci ; les uns nous y préparent, les autres nous aident à en conserver et augmenter les grâces. C'est de la Sainte Eucharistie que rayonnent les bienfaits de l'ordre surnaturel, qui nous préparent à une résurrection glorieuse et à la vision de Dieu face à face, tel quil est, (I. Jean III. 2.), et dans sa propre hunùre (Ps. XXXV.
Elle est aussi un vrai sacrifice, c'est-à-dire une offrande faite à Dieu en signe de notre dépendance et de notre soumission. C'est de ce sacrifice que ceux de l'ancienne loi tiraient toute leur vertu : ils ont tous disparu pour faire place à cette oblation picre qu'un prophète annonçait comme devant être offerte depnis le lever dit soleil jusqtL ati couchant, ponr 7nanif ester en tons lieux combien est gra7id le nom dîc Seigneur (Malachie I. 11.). En effet, rien ne manifeste mieux sa puissance, sa bonté, sa chanté, sa sagesse infinie. C'est comme Vabrégé de toutes ces merveilleuses opérations par lesquelles a été consommée la rédemption du genre humain.
'* Ce que le pain et le vin produisent pour le corps, '' l'Eucharistie le produit d'une manière infiniment plus '' parfaite pour le bien et le salut de l'âme. Ce n'est pas " le Sacrement qui se change en notre propre substance, '' comme le pain et le vin se changent en la substance '' du corps, c'est nous-mêmes, au contraire, qui sommes '' changés en la nature du Sacrement." {Catéchisme dit Concile de Trente)
Tel est, N. T. C. F., le dogme catholique sur ce divin mystère. Figurée par les sacrifices de l'ancienne loi, prédite par les prophètes, promise et ensuite instituée par Jésus-Christ, la Sainte Eucharistie a été transmise par l'enseignement des Apôtres et des Pères, et perpétuée par la croyance générale et constante de l'Eglise Universelle. Le ciel et la terre passeront (Matth. XX IV./ 35.), mais cette croyance ne passera point, car elle est appuyée sur la parole claire et infaillible du Tout- Puissant.
" Jésus-Christ, dit S. Cyrille, a dit : Ceci est mon corps, " ceci est mon sang ; quel chrétien sera assez téméraire '' pour dire : Non, ceci n'est point le corps, ceci n'est " point le sang de Jésus-Christ ! "
Laissons à l'hérésie le triste privilège de demander, comme les Juifs incrédules (S. Jean, VI. 53.) : Comment cela pent-il se faire f II y a quatorze siècles. Saint i\mxbroise répondait par ce raisonnement sans réplique : En Dieu, vouloir, parler et agir sont une seule et même chose, une seule et même puissance infinie. Dieu prononce une parole et aussitôt le ciel commence à exister ; Dieu parle et la terre est créée ; il dit : Qne la licniièi^e soit, et la lumière ftU ; il veut et toute créature sort du. néant. '* Vous voyez, continue ce saint docteur, " vous voyez combien est efficace la parole de Jésus, le " J/^erâe divin par qtd toutes choses ont été faites (S. Jean, ** I. 3.). Si donc cette parole a été assez puissante pour '' faire sortir du néant tout ce vaste univers, combien " plus sera-t-elle capable de changer ce qui existe déjà, '' et faire que ce qui n'était pas le corps et le sang de " Jésus- Christ, le devienne ! "
PPKXDICE 271
Pour nous, N. T. C. F., nous dirons avec l'apôtre bien-aimé : N^oics avons connu et nous avons cru la charité qice Dieu a pour nous (I. Jean, IV. 16.) ; avec le prince des Apôtres : Seigneur, vous avez les paroles de la vie éternelle, noies croyons et nous savons que vous êtes le Christ, le fils de Dieît (S. Jean, YI. 69, 70.) ; avec le prophète royal (Ps. XCI. 6.) : Qtte vos ouvrages, Seigneur, sont grands et magnifiques ! Qice vos pensées sont profondes et impénétrables !
Jésus-Christ, réellement présent dans la Sainte Eucharistie, entre en communication avec nous de diverses manières. Sur l'autel, il s'immole ; à la sainte table, il se donne en nourriture ; au tabernacle, il réside jour et nuit pour recevoir nos hommages et accueillir nos demandes.
Dans le Saint Sacrifice de la messe il s'immole en notre présence d'une manière mystérieuse, mais véritable. Jésus y est à la fois le pontife et la victime ; sa parole toute-puissante est le glaive dont il se sert ; la charité est le feu qui le consume. Sur la croix, il a offert son propre sang pour nous acquérir tme rédemption éternelle, et ce sacrifice imiqîte a suffi pour effacer les péchés des hommes (Héb. IX. II, 28.). Sur l'autel, il renouvelle, toujours et partout, ce sacrifice unique, pour nous donner à la fois une marque éclatante de son amour, un moyen de rendre à Dieu un hommage digne de sa majesté infinie, et une source intarissable de grâces par lesquelles nous soient appliqués, dans la communion, les fruits de la rédemption consommée sur le Calvaire.
La présence de Notre Seigneur au milieu de nous ne se termine point avec le sacrifice. Ses délices sont d être
avec les enfants des hommes (Prov. VIII, 31.). Il veut être avec notes jusqtcà la consommation des siècles (Matth. XXVIII. 20.). La Sainte Eglise catholique est cette nouvelle J érusalem toiUe rayonnante des splendeurs de son divin époux ; du trône de Dieic part sans cesse tme grande voix qtii C7^ie : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes. Ses enfants sont le peuple de Dieu et Dieu est avec eux (Apoc. XXI. 3.). Dans la plus pauvre chapelle, , comme dans la plus riche basilique, Jésus-Christ est réellement présent pour y accueillir le pauvre et le riche, l'ignorant et le savant, le pécheur et le juste. Tous sont ses enfants et ont part à son amour.
•A certains jours il sort de son tabernacle et demeure exposé à nos hommages. '' Alors, dit le Saint Concile '' de Trente {Sess. XII f ch, F.), quoique instituée pour '' être la nourriture spirituelle des fidèles, la Sainte *' Eucharistie n'en mérite pas moins nos adorations, car '^ nous y croyons présent le même Dieu, auquel le Père *' Eternel en l'introduisant dans le monde, a dit : Que "■ tous les anges de Dieu F adorent. C'est le même que les '' Mages, se prosternant à terre, ont adoré ; le même '' enfin que l'Ecriture témoigne avoir été adoré par les " Apôtres en Galilée. . . Il est juste qu'il y ait des jours " de fête établis pour que tous les chrétiens puissent, ** par quelque démonstration particulière, témoigner leur " reconnaissance pour le bienfait tout divin de la *' rédemption."
Comme vous le voyez, N. T. C. P., l'audition de la messe, la sainte communion, la visite du Saint-Sacrement, surtout quand il est exposé publiquement, sont autant de moyens par lesquels arrivent jusqu'à nous les trésors ineffables que Jésus-Christ veut nous distribuer à pleines
mains. O mon âme, devons-nous dire avec le prophète, bénissez le Seigneur et 11 oubliez pas ses bienfaits ; il vous pardonne vos iniquités, voies rachète de la mort, vous environne de sa miséricoi^de et de sa grâce, remplit vos désirs, vous comble de ses biens. . .Autant le ciel est a7C-dess7cs de la terre, aidant fait -il miséricorde à ceux qui le craignent . . . Comme un père plein de tendresse pour ses enfants, il a eu compassion de nous . . . (Ps. CIL)
La reconnaissance', N. T. C. F., n'est pas le seul devoir que vous ayez à remplir envers Notre Seigneur, pour le bienfait immense de la Sainte Eucharistie. Vous n'ignorez pas à quels outrages il s'est exposé pour vous, non seulement durant sa passion, mais durant toute la suite des siècles, dans le sacrement de son amour. Aux blasphèmes de l'impiété et de l'hérésie sont venus se joindre l'horrible sacrilège des communions indignes et l'indifférence hélas ! trop fréquente parmi les chrétiens de nos jours.
Vous viendrez donc, N. T. C. F., durant l'exposition solennelle, vous viendrez réparer par vos actes de foi et de piété, d'amour et de reconnaissance, tous ces outrages faits à votre Dieu. Que chaque paroisse, chaque famille, chaque fidèle, s'efforce de consoler le cœur adorable qui a tant aimé les hommes. Vous suspendrez un instant vos travaux pour venir vous donner à lui et goûter l'ineffable douceur de sa présence. Sa miséricorde le tient captif au milieu de vous, vous ne le laisserez point dans une solitude qui accuserait votre foi et condamnerait votre tiédeur.
Vous rivaliserez de zèle pour rornement de votre église. Sans doute Dieu ne vous demande pas une richesse que vous n'avez point ; le ciel et la terre, avec tous leurs trésors, sont à lui ; mais il demande, avant tout, votre cœur et il estime plus le denier offert avec grande bonne volonté, que les riches décorations suspendues avec froideur et indifférence.
Et croyez bien, N. T. C. F., que ce divin Sauveur, qui est j^icJie en miséricorde (Eph. II. 4.), ne se laissera pas vaincre en générosité. Dans le Saint Sacrement^ comme au ciel, il vit toujoiLrs pour intercéder en notre faveur (Héb. VII. 25.). Du haut de son trône, son regard bienfaisant se promènera sur chacun de vous ; sa main ne se lassera point de vous bénir ; ses trésors inépuisables vous seront ouverts. Mon peuple, dit-il à Jérémie (XXXI. 12.), mon petLple viendra me loner sur la montagne de Sion ; il accourra eji foule pour Jouir de mes bienfaits . . . Je changerai ses pleurs en des chants de réjouissance ; je le consolerai et après sa douleur, je le remplirai de joie.
Vous viendrez donc tous adorer Notre Seigneur durant l'exposition solennelle. Que dans chaque famille tous ceux qui sont en état de se rendre à l'église, se fassent un devoir de venir offrir leurs hommages à celui qui nous a arrachés à la pidssance des ténèbres pour nous faire entrer dans le royaume de son amoiLr ; qid nous a rachetés et purifiés dajis son propre sang ; lui gui est limage dic Dieu invisible . . .par qui toutes choses ont été réconciliées avec Dieu (Colos. I. 13. . .).
Vous viendrez, vieillards déjà penchés vers la tombe, afin d'adorer dans son temple celui qui bientôt ira con-
soler votre agonie clans le saint viatique, avant de vous apparaître dans la majesté déjuge souverain.
\' ous viendrez, parents chrétiens, qui désirez attirer sur vous et sur votre famille la bénédiction de Dieu. Vous conduirez avec vous tous vos enfants, qui sont votre joie et votre couronne (Philip. IV. i.), afin que le regard du Divin Sauveur se reposant sur eux, affermisse à jamais dans leurs tendres cœurs, les leçons et les exemples de foi et de piété que vous leur donnez.
Vous viendrez, âmes justes et fidèles, vous épancher devant celui que vous aimez, pour qui vous travaillez et soutenez tant de combats : c'est aux pieds de Jésus que se vérifiera l'oracle divin : Qne lejnste devienne plus jicste, et que le saint se sanctifie davantage (Apoc. XXII. 11.).
Vous viendrez aussi, pauvres pécheurs, qui traînez en gémissant la chaîne de vos iniquités. Approchez avec confiance : nous avons en J ésits un pontife, à la vérité infiniment grand et élevé au-dessus de nous, mais dont le coeur se laisse facilement attendrir par nos infirmités, car il les a toutes éprouvées, ex :ep té le péché : allons donc avec confiance nous présenter devant le trône de la grâce, pour y obtenir miséricorde et pardon (Héb. IV. 14.). Votre âme lui a été si chère qu'il a versé pour elle jusqu'à la dernière goutte de son sang; pourquoi craindriez-vous de venir en sa présence lui demander la force dont vous avez besoin pour obtenir un bonheur éternel ?
Et vous, pauvres malades et infirmes, qui ne pouvez sortir de vos demeures, consolez-vous. Tournez vos regards du côté où est l'église ; que votre cœur s'y transporte aux pieds de Jésus pour l'adorer, l'aimer et lui dire tout ce que vous diriez devant son autel ; et Jésus bénira ce cœur, il exaucera votre prière, il vous donnera
sa grâce, sa force, sa lumière pour vous guider, sa patience pour supporter vos infirmités et ainsi vous n'aurez rien à envier à ceux qui seront allés à l'église.
Vous ne vous bornerez pas, N. T. C. F., à cette simple visite au Saint Sacrement exposé ; vous vous approcherez aussi du tribunal de la pénitence avec une contrition sincère et de la sainte communion avec un cœur brûlant d'amour et de reconnaissance. C'est le désir de Notre Seigneur lui-même qui a donné son corps et son sang sous les espèces eucharistiques, afin de s'unir à vous aussi intimement qu'il est possible. Alors rien ne manquera à votre bonheur parce que vous n'aurez rien refusé à ce Dieu d'amour.
L'exposition du Saint Sacrement durera assez longtemps pour que tous les paroissiens puissent venir à l'église faire leur adoration. Et ainsi se vérifiera à la lettre cette parole d'un prophète, qui, après avoir énuméré toutes les portes par lesquelles les diverses tribus d'Israël pourraient entrer dans la nouvelle Jérusalem, annonce que lo7i donnera à cette ville im nom qni signifie ; Le Seigneur est avec elle ; et nomen civitatis : Doniinns ibidem (Ezéch. XLVIII. 35.).
Heureuse la paroisse dont on pourra dire : Dominiis ibidem ; le Seigneur est là pour la visiter, la sanctifier, la bénir !
Heureuse la famille qui, après avoir adoré Jésus-Christ,
remportera sous son toit, quelque petit et pauvre qu'il
puisse être, la grâce, l'amour et la bénédiction du Sauveur
du Monde ! Comme à Bethléem, les anges feront entendre
au-dessus de cette maison, le cantique de la gloire à Dieu
et de la paix aux Jiommes de bonne volonté (Luc, H. 14.).
Le Seio'neur est là ; Dominus ibidem.
Heureux chacun des paroissiens qui aura rempli avec foi et piété ce devoir de reconnaissance, de réparation et d'amour ; on pourra dire aussi de son cœur qu'il est devenu le sanctuaire de Jésus ! Dominus ibidem !
Vous ne vous contenterez pas, N. T. C. F., de prier pour vous-mêmes et pour vos familles. La Sainte Eglise catholique, notre mère, traverse en ce moment une des époques les plus agitées de sa longue et laborieuse carrière ; le Souverain Pontife, notre père, est en butte à la persécution ; les sanctuaires de la ville sainte sont sous la puissance des ennemis de la religion ; le concile œcuménique du Vatican est suspendu ; l'Europe est menacée à chaque instant de subir d'épouvantables catastrophes ; des sociétés secrètes s'organisent partout pour conspirer dans l'ombre ; on dirait vraiment que l'humanité se débat dans une dernière et pénible agonie.
Notre chère patrie elle-même, quoique comparativement plus tranquille et plus heureuse, n'est pas à l'abri de toute commotion et elle peut d'un moment à l'autre, éprouver le contre-coup des malheurs qui affligent d'autres pays.
La charité, qui doit nous unir avec tous nos semblables et plus particulièrement avec les enfants de la Sainte Eglise, ne nous permet pas de rester indifférents à tant de maux. Vous prierez donc Notre Seigneur ; vous lui direz, comme les Apôtres effrayés de la tempête qui menaçait de les engloutir : Seigneur, saicvez-nous, car noies allons périr (Matth. VIIL 25,) ! Seigneur, sauvez tout ce qui nous est cher en ce monde ; protégez l'Eglise, le Souverain Pontife, les sanctuaires de la Ville sainte ; rendez la paix au monde agité ; donnez à notre chère
278 APPEN'DICE
patrie la paix, l'union et la concorde qui seules peuvent assurer son bonheur et sa prospérité.
Et ainsi, N. T. C. F., si vous vous acquittez bien de tous vos devoirs envers Notre Seigneur, il n'y aura point de crime sans expiation, point d'outrages sans réparation, point de sacrilège sans amende honorable, point de malheur public ou privé sans un cri poussé vers le trône de la majesté, qui est aussi le trône de la miséricorde.
Donné à Ouébec sous notre seino-, le sceau de l'archi-
diocèse, c ...... » ......... o « » c . .0 ... en la
fête de Saint Joseph, patron de l'Eglise Catholique, l'an mil huit cent soixante douze.
t E.-A. ARCH. DE OUÉBEC.
(traduction anglaise)
Pastoral Letter of His Grâce E.-A. Tasc/icreau,
Air /lois hop of Qiiebe:, for the establishing of thc
perpétuai exposition ofthe Blessed Sacrament.