DU CONCEPT DE SCIENCE
M. Brunetière est parti de cette réllexion d'un critique anglais que le concept d'art, l'idéal d'art, avait été le principe directeur des consciences italiennes pendant la Renaissance, pendant deux cent cinquante ou trois cents ans. Sous l'empire
John Addington Symonds Idéal d'art
Vie intellectuelle, Vie commune, Vie morale
ustensiles, vêtements Nous sommes dominés de la même manière
par Idolâtrie de la Science
1. Conférence prononcée à Bruxelles pour les étudiants catholiques, le 20 mars 1899, et refaite, un peu plus tard, — avec une variante que l'on trouvera plus loin, — à Gand.
L'analyse que nous en donnons est extraite du journal Le Patriote.
La disposition schématique des notes qui ont servi à l'orateur a été très exactement conservée.
de ce concept, les Italiens d'alors mirent de la beauté jusque dans le vice et le crime.
Il en est un peu de même, mais à un autre point de vue, dans notre monde contemporain : Nous sommes maintenant dominés par le concept, par l'idéal de science. La science a pénétré toutes les parties de la vie et s'est emparée de tous les domaines de l'activité.
Mais qu'est-ce au juste que la science? C'est un peu comme la vie — qu'on n'est pas encore parvenu à définir. La science est pour nous ce qu'il y a de plus mystérieux et de plus familier tout à la
La science s'est comme emparée de tous les domaines de l'activité
Base de nos moyens de transport
chemins de fer bateaux vapeur
qui ne diffèrent pas seulement
en ce qu'ils vont plus vite que diligence,
mais
applications de la science la plus élevée Eclairage, Habitation, Vêtement
Architectes sont des Ingénieurs
Flanelles hygiéniques, Chaussures hygiéniques
En de semblables conditions assez naturel que l'on se demande ce que c'est que
La Science.
Mot de Claude Bernard sur la Vie
Dirons autant de la science ?
Familière, Mystérieuse,
nous
l'évolution du concept de science 241
fois. Nous vivons familièrement avec elle, mais nous ne savons pas exactement en quoi elle consiste.
L'idée que nous nous faisons de la science change, comme celle que nous nous faisons de la philosophie, de la sociologie et de la morale.
nous servons constamment du mot. Quelle en est la signification?
Sciences physiques sont des sciences?
Histoire, Morale, Philologie, Esthétique?
sont-elles des sciences ?
Quelles raisons avons-nous de leur donner ce
nom ?
Est-ce qu'elles ont donc Est-ce qu'elles usent
le même objet? mêmes méthodes?
Est-ce qu'il y a quelque chose de commun entre travail Bibliothèque et Laboratoire ?
Helmholtz et Pasteur et Darwin et
Mommsen Renan J. Moriey
sont des Intelligences même nature
Toutes ces questions, MM., son! du plus grand intérêt,
et selon la réponse qu'on y fait, non seulement
Notion de la Science,
mais
l'hilosophie, Morale, Religion en sont modifiées
Pas prétention de les résoudre,
mais chacun de nous, dans la mesure de ses forces,
peut essayer d'en préparer la solution plus ou
moins lointaine,
Et c'est ce que je voudrais faire en examinant
Le mot de science chez les anciens, au moyen âge, et jusqu'à la Renaissance, était synonyme de la totalité du savoir. Mais, au milieu duxvn6 siècle, des hommes avaient paru, comme Galilée, Bacon
à la lumière de l'histoire les transformations
que Science a subies depuis 300 ou 400 ans.
Je dis
300 ou 400
et en effet, il faut d'abord écarter l'Antiquité.
L'Antiquité
Géomètres Philosophes
Euclide, Archimède, Aristote, Platon
Science pour Elle = Totalité du savoir
Savant, homme qui sait, et des choses
Rares Singulières,
et sens prolongé jusqu'à la fin du xvne siècle
du Cange, Mabillo?i, Bayle
Il survit même dans notre « Journal des Savans » dont vous n'avez qu'à ouvrir les fascicules pour
voir
Histoire, Physique,
Erudition, llist. Naturelle
Mais déjà quelques hommes avaient paru dont trois
Bacon, Galilée, Descartes
fondateurs de Science
On en a parlé diversement et réputation a subi de grandes vicissitudes
l'évolution du concept de science 243
et Descartes, dont les travaux avaient modifié la notion qu'on avait eue jusqu'alors de la science. Pour ces hommes, la science était plutôt ce que
Descartes
ce mortel dont on eût fait
un Dieu,
très admiré de ses contemporains
Mort d'admiration,
Reine Christine,
a vu sa réputation vivement
attaquée, Pascal, Bossuet, Fénelon l'ont combattu vivement d'autres sont survenus et rentré dans l'ombre jusqu'à date récente.
Bacon
guère moins malheureux et
domine xvnr siècle,
mais
J. de Maistre, J. Liebig, Cl. Bernard
Claude Bernard a ruiné Induction baconienne
Mais renommée de Galilée presque pas subi d'éclipsé, et
Quand on cherche la raison
Pas fait de Métaphysique, théories générales,
Observé et calculé ;
Relié des Expériences
entre elles par théorie de
Pesanteur,
nous appellerions aujourd'hui une « logique », ou une « méthodologie ».
Établir un « critérium de certitude » était surtout leur objectif. Une méthode est un chemin, et
Et ceci est Indication
La Science a été pour eux ce qu'on appelle une
Logique ou méthodologie
Ce qu'ils ont essayé de trouver,
Moyen de diriger Esprit dans la recherche de vérité
c'est encore ce qu'on appelle Critérium de Certitude ab.
à quels signes témoignage de sens
sommes-nous sûrs justesse de raisonnement
Méthode
Investi- Décou- Con-
gation, verte, trôle.
Rappelez-vous à cet égard Méthode Galiléenne
Position du principe, Déduction des
conséquences, Vérification
d'une d'elles, Tables de Bacon, Ouvrages de Descartes
Ainsi dans sa première phase, la Science par les savants considérée comme Méthode.
Mais une Méthode est un chemin et la définition d'un chemin est de conduire quelque part
Aussi, dès qu'elle fut consttuée, et même avant d'être tout à fait
l'évolution du concept de science 245
la méthode des savants du xvne siècle devait aboutir à l'établissement de certains points fixes.
En passant, l'orateur fait justice de cette légende que la science daterait de l'Encyclopédie : M. Brunetière démontre que c'est bel et bien au xvne siècle — et non au xvme — que s'est accompli le grand oeuvre de la science moderne, et que c'est de là que nous datons. Nous vivons encore aujourd'hui de la théorie de Newton !
Application conduisit à 3 résultats
Constatation qu'il y a
Lois fixes de V Esprit
On n'atteint la vérité que
d'une certaine façon.
Rapports constants entre
Esprit humain et nature des choses
C'est la réalité de l'Univers qui se peint
ou qui se dépose
dans l'Esprit de l'Homme
notre Pensée n'est qu'une reproduction de Nature
d'où cette autre constatation
que nature est régie
Lois
nous la connaissons dans
ses Lois,
C'est à l'établissement de ces trois points que xvne siècle a travaillé ' et à ce propos Eloge
Descartes Fermât Leuvenock Newton
Pascal, Huyghens, Swammerdam, Leibniz
Au commencement du xvme siècle, la science qui n'était qu'une méthode devint une doctrine et même la Doctrine — pour finir par être présentée par d'aucuns comme une Religion, le dernier terme de sa transformation ascendante.
Depuis cinquante ou soixante ans, on a pour elle un culte. Elle est une idole. Lisez Auguste Comte, Littré., Taine et Renan. Ils la montrent expliquant ce que la religion chrétienne n'avait pu expliquer, et, par conséquent, supplantant la religion chrétienne et se substituant à elle.
Et point de noms comparables avant début du nôtre
Songez encore, MM., à la nature de quelques-unes des découvertes
Télescope Microscope
rappelez-vous page célèbre de Pascal
Deux Infinis
Petitesse, Grandeur
Mesurez le changement de point de vue qui en
est résulté, et après cela quand
Newton est venu formuler système du
Monde,
"Vous vous expliquerez aisément transformation
du concept de Science,
Méthode transformée en Doctrine Pratique devenue Théorie
C'est sur elles que vous fondez meilleur de votre prestige
Littré disait en 1853
«r V, Vf =
et à ce moment de l'histoire du siècle c'est ce que disaient
Renan, Taine, Berthelot
La Science s'était proposé de remplacer la religion, et
l'évolution du concept de science 247
Or, c'est ici que la science a trouvé le tenue, non de ses progrès qui continuent évidemment toujours, mais de sa domination. Il est démontré qu'il n'y a pas de solidarité entre toutes les-
depuis
Soudure des Naturelles et Morales, elle
se croyait être parvenue !
Mais là précisément devait être le terme sinon de ses progrès, mais domination.
Car, d'abord, à mesure que son domaine s'étendait et se diversifiait, on en voyait mieux les limites et
par exemple on voyait mieux ce qu'il y a de
différent contradictoire
Entre les différentes sciences et notamment les
Morales Physiques
Ne parlons pas de la Liberté, et admettons qu'elle
ne soit que pure Illusion
Pas moins vrai
Sensations et sentiments n'ont plus de Mesure expérimentale
de leur Intensité (Thermomètre du plaisir ou douleur)
Aucun réactif chimique
ne peut nous renseigner sur la
Combinaison des Idées
aucune Loi physiologie
ne nous renseigne sur passage de l'animal à l'homme.
1. Le développement « sur elles que vous fondez... soudure desnaturelles et morales, elle se croyait être parvenue » a été barré, et a. été remplacé, à Gand, par un autre que l'on trouvera plus loin.
sciences, qu'il y a des sciences essentiellement différentes, et, par conséquent, le concept actuel de science est atteint déjà dans son universalité.
D'autres faits encore pas moins certains
certain que progrès de civilisation consiste à nous émanciper des Lois de la Nature;
Justice, Égalité, Pitié
sont des conceptions qui n'ont
rien d'analogue ;
certain que nous avons un instinct qui nous empêche de mettre objet de la vie dans la vie
et toutes ces raisons suffisent pour creuser un anime
entre
Physiques et Morales.
Ce sont, MM., ces considérations qui depuis une
quarantaine d'années ont commencé à ébranler
confiance absolue qu'avions dans Science,
et
nous ne discutons aucune
des Expériences de Physique ou
Histoire Naturelle
mais
ce sont elles qui ont
renoncé à solution de qq.
Problèmes.
En d'autres termes, MM., le Concept de Science a perdu quelque chose de son Universalité
l'évolution du concept de science 249
Qu'est-ce que ces lois scientifiques immuables, infaillibles, intangibles, quand on voit des savants, partant de méthodes identiques, ne pouvoir s'entendre sur la formule même de ces lois ? Et voilà le concept actuel de science atteint en outre dans sa nécessité.
Nous croyons, aussi fermement que jamais, aux progrès
Navigation à vapeur Perfectionnement
ou de
Electricité Progrès de la Chimie Médecine
Point Immortels
mais
guérissables.
Mais nous ne croyons pas que la méthode même des
Sciences Morales — Sciences Physiques
nous estimons cela d'autre ordre,
Unité' est rompue
Balfour, p. 60.
En même temps qu'il perdait quelque chose de
Universalité Nécessité
Plusieurs raisons y ont contribué et
celle-ci que jamais les discussions savants entre eux
plus d'àpreté
Rappelez-vous, MM.
Darwin, Pasteur.
C'est au nom de la science qu'on a contesté Doctrine Pastorienne,
En fait, que de contingences ! Par exemple, les lois biologiques; elles ne sont vraies que pour
et encore aujourd'hui, dans plus d'une faculté de
Médecine, vous trouveriez savants qui n'ont pas accepté.
Même chose pour Darwin
pas théologiens ni des philosophes Flourens
et Quatrefages, Romanes en Angleterre, Wigand, etc.
Sélection concurrence transforon
naturelle, vitale, Espèces
on en a tout contesté et aujourd'hui même, en géologie, par exemple, est-ce
que
Révolutions après avoir Causes
brusques été remplacée par actuelles,
remplace pas aussi à son tour ?
Et naturellement, MM., la question s'est alors posée
Qu'est-ce que stabilité ou
constance ?
Et il y a fallu distinguer des degrés
Lois Mathématiques
Mécaniques Astronomiques
Lois Physiques,
Chimiques,
sont déjà moins certaines,
Propriétés de la matière changeante
Forces Inconnues
Lois biologiques
Variation brusque de
température,
l'évolution du concept de science 251
autant que les conditions de la vie demeurent à peu près les mêmes.
La science ne nous apparaît plus, en réalité, que comme un rapport entre l'esprit humain et la nature extérieure. Et il y a toujours place pour la notion du miracle et l'existence du surnaturel.
La nécessité qui régit tous ces phénomènes n'est donc
pas
Nécessité pure
Nécessité mêlée de beaucoup contingence,
Boutroux, p. 142.
Il y a place pour Faction d'une certaine Liberté dans
le monde
— Miracle non contradictoire. —
Enfin, MM., une dernière observation tranche tout
qui est
Que si les Lois sont aussi stables qu'on le dit,
le Progrès serait un vain mot
Science de demain serait celle d'aujourd'hui, nous n'ajouterions que
des faits à des faits
Applications seules nouvelles, principes acquis une fois pour toutes.
Mais s'il n'en est pas ainsi, nous sommes donc ramenés à notre point départ.
La science n'est qu'un rapport entre deux termes inégalement mais toujours changeants
Esprit de l'homme, Nature des choses,
ce qui est le cas
Après avoir répété que les lois scientifiques n'étaient pas éternelles, puisqu'elles sont l'expression de choses changeantes ; que la science est
Philosophie, Art, Littérature
= sur lesquels donc revendiquer nulle supériorité =
Les mêmes causes dans les mêmes conditions produiront les mêmes effets,
voilà tout ce que pouvons dire ;
Mais que ces causes soient seules capables de ces effets,
voilà qui est plus douteux ;
Et que la production de ces effets par ces causes ne doive jamais s'arrêter ou être interrompue,
voilà ce que nous ne savons pas !
Nous pouvons bien établir
Que certaines lois régissent et gouvernent Vexistence actuelle de tout ce qui vit.
Nous ne pouvons pas soutenir
Que ces lois soient éternelles puisqu'elles ne sont que V expression conditions changeantes.
et nous n'avons pas le droit d'affirmer
Qu'au contraire un travail intérieur ne modifie pas constamment les choses.
Comme l'avaient cru
Bacon, Descartes, Galilée
Science est donc une Méthode
qui n'atteint pas le fond ou l'essence des choses,
qui n'est pas toutefois purement subjective,
et derrière les formules de
laquelle nous doutons pas
qu'il y ait
Réalités ;
l'évolution du concept de science 253
simplement une mélhode qui n'atteint ni le fond, ni l'essence des choses, M. Brunetière a ajouté : « On m'a prêté tant de sottises à l'égard de ce que je dis et de ce que je pense de la science ! De vieux francs-ma<;ons et déjeunes collégiens m'ont dit : Yoyez donc les rayons X! Encore une fois, nous ne contestons pas les progrès matériels de la science. Elle nous a rendu, elle nous rend, elle nous rendra de merveilleux services. La chimie, par exemple, n'est qu'à l'aurore de ses destinées.
Mais ces réalités, ce n'iest pas à elle qu'il appartient
d'en connaître
Elles sont hors de portée
et
si convaincus, là est le principe de résistance que nous
lui opposons!
Me permettrez-vous d'ajouter rien de commun
avec
Opinion qu'on nous attribue
et
que de vieux francs-maçons
ou de petits jeunes gens, sortis
à peine du collège
Croient réfuter en nous
parlant
Rayons X ou Guérison
de la Peste
Electricité ou
Opothérapie
La vraie question, la question capitale n'est
pas de savoir si la Science nous rend tous les jours
Merveilleux Services
On en convient, ni
« Mais, si grands que soient ces services, m'obligent-ils à subordonner à la tyrannie de la science tout ce que je dois aux autres forces de l'activité humaine : art, philosophie, religion? La suprématie absolue de l'une ou l'autre de ces forces est toujours un danger : l'histoire l'a démontré.
« Une situation supérieure ettyrannique faite à la science serait l'anéantissement de tout ce qui doit subsister à côté d'elle, pour le plus grand bien de la morale et de la civilisation. »
si elle est destinée à de plus merveilleux progrès
On le concède
Mais les services que je dois à la Science m'obligeront-ils à méconnaître et à subordonner ceux
que je dois à d'autres formes
Vous vous rappelez J. César Shakespeare
Brutus vient de Faisons-le
tuer le dictateur et César
Devons-nous nous soumettre à la dictature delà
Science
Voilà tout le débat Civilisation composée de parties dont il ne faut qu'aucune domine
au point d'anéantir.
Variante de la Conférence de Gand.
A Gand, le développement qui termine le § n o sur elles que vous fondez... soudure des naturelles et morales, elle se croyait être parvenue » a été remplacé par celui-ci :
Transformation capitale dans l'histoire des Idées,
L EVOLUTION DU CONCEPT DE SCIENCE Mémorables exemples sous les yeux
Evolution » ism e A méricanisme,
Comment a-t-on. comment avons-nous tout
réc emment, Français, Belges, Italiens, compromis
Cause de l'Américanisme,
En faisant de ce qui n'était que question de tactique, Question de doctrine,
c'est en prenant ce qui
n'était dans les Américains
qu'un
Opportunisme
pour un système constitué
C'est en faisant de l'absolu avec du relatif
Généralisant
ce qui ne devait être que
local et circonstanciel,
et
Objectivant
ce qui devait demeurer
subjectif
Imprudence que les Américains répareront facilement
Mais nous paierons chèrement
Et ce sera justice.
Considérons encore l'Evolutionnisme
Toute une école est en train de le compromettre de
la même manière,
Est-il vrai que tout évolue
dans le monde,
Nous avons quelque raison de
le croire,
mais preuve scientifique pas faite,
Transformation d'espèces
douteuse
chiens, chats, bœufs, chevaux
Mais ce qui est certain c'est Lumière jetée par l'hypothèse
Eh bien, MM., à force de l'exagérer, on finira par la rendre insoutenable,
Et le mal déjà fait en partie
C'est une évolution du même genre qu'a subie
Concept de science
Ce qui était subjectif est devenu objectif
ce que l'on n'avait considéré que
comme
Relatif, absolu,
Science devenue expression de nature des choses
le genre de certitude qu'elle comporte est devenu Type de Certitude Lois qu'elle posait
Universelles, Immuables, Nécessaires
mais lois d'airain, indéfectibles
imployables,
et
par l'intermédiaire de ces Lois s'est enfin établie
Solidarité des Sciences Unité
Taine, 89 et 90.
On s'explique aisément qu'en pareilles conditions
science soit devenue doctrine
On s'explique
allures belliqueuses, attitude envahissante,
ambition de ses espérances
On s'explique, MM., que devenue vraiment Religion
et c'a été dernier terme de transformation.
A la vérité, c'est ce que l'on conteste
Non, nous dit-on, la science
n'a pas pris les allures d'une
Religion,
l'évolution du concept de science 257
Elle s'est enfermée dans les limites de sa compétence,
Elle a détruit des superstitions ; elle ne les a point remplacées.
Eh bien, MM., c'est une erreur ou un mensonge.
Ouvrez
Comte, Littré, Renan, Taine
Ils ont tout placé, tout réduit sous domination
de Science,
et
quand, par exemple, ils
ont étendu, ce qui est proprement leur œuvre, des
Physiques aux Morales
Infaillibilité prétendue de Méthodes
Manière de poser problèmes
Confiance dans Inductions, déductions
Car enfin Sciences Morales, qu'est-ce donc
Domaine de l'Activité,
Conduite humaine,
Règle de manière de vivre,
Pour établir, MM.,
Prétentions de la Science
il suffit qu'elle ait voulu s'arroger domaine de
la Morale,
Souder à Vhistoire naturelle
et Elle la fait
TV