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L'IMPÉRIALISME XXXVII

Ces idées, revêtues de grandes images, au coloris violent, firent si bien leur chemin qu’elles purent, en 1884, se cristalliser et prendre corps. La British Empire League, et, plus tard, l’?mperial Federation League, sociétés de direction et de propagande impérialistes, en furent les aboutissants naturels.

Dès lors, l'impérialisme devint le facteur d’une inlassable activité dans la politique anglaise. Le premier soin de ses zélateurs, voyant l'Angleterre éprise de leur projet, fut d’attirer les colonies dans le mouvement. Que l’idée panbritannique répondit aux aspirations des Anglais, partis du Royaume-Uni pour chercher fortune au Canada ou aux Indes, il n’y a pas à en douter. Est-ce que l’Anglais émigré n’a pas toujours les yeux tournés vers son pays d'origine ? L'Angleterre n’est-elle pas toujours son home en quelque lieu qu’il aborde ? Les plus généreuses aspirations se manifestèrent au premier appel chez les Anglais d'outre-mer, et ne ralentirent plus tard leur élan qu'en se heurtant aux questions d'intérêt.

A la réciprocité de sentiments se subordonna ensuite la réciprocité des intérêts ; ces derniers ne tardèrent pas à peser de tout le poids de l’argent sur les paroles et à les primer. Que la fédération impémale projetée demandät aux colonies de se solidariser avec l’Empire pour le défendre contre tout ambitieux rival, c'était bien naturel. Il ne l'était pas moins d'étendre la solidarité au commerce, Mais à Londres on ne l’entendait pas de cette façon. “ Fermez la porte aux marchandises étrangères, disaient les Colonies, en échange de l’appui militaire que vous sollicitez. ” — “ Im-

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