HONNEUR A MONTCALM
Le destin, en lui refusant ia victoire, Le récompensa par une mort glorieuse,
Ces monuments, Messieurs, sont le souvenir éclatant de la liberté, de la libéralité, de la grandeur des institutions sous lesquelles j’ai l’honneur de vivre. En les contemplant, il n’y a pas un Canadien de race française qui ne se sente fier de son pays. La Providence, dans see décrets im ables, nous a placés, Anglais et Français, sur cette terre du Canada pour y vivre ensemble sous
le même drapeau. I] eût été indigne de nous, Anglais et Français, d’cublier nos origines respectives. Il eût été également indigne de novs, Anglais et Français, de poursuivre plus longtemps nos luttes. Les hommes forts et braves savent toujours respecter le Courage, quand le courage s'affirme, Sur un amp de bataille, dont le nom tremble sur mes lèvres, et que j'aime mieux ne pas prononcer ici, le courage du général Margueritte et de la cavalerie française arracha des cris d’admiration à leurs adversaires. Nos compatriotes anglais du Canada sont orgueilleux de l’éclatante gloire de Montcalm. Nous nous inclinons avec respect devant la grande mémoire du général Wolfe, Il peut se faire qu’ici en France, les souvenirs des anciennes luttes entrs la France et l'Angleterre n’aient rien perdu de leur âpreté, mais pour nous, Canadiens de toute origine, ce furent des jours glorieux que les jours où les couleurs de France et d'Angleterre, le drapeau tricolore et la croix de Sain , flottèrent ensemble triomphalement sur les rives de l’Alma, sur les hauteurs d’Inkerman, sur les remparts de
Les événements changent ; d’autres alliances s’imposent
(Marques d'attention.) mais qu’il soit permis à un fils de la France, qui est en même temps un sujet britannique, de saluer ces jours glorieux par un regret qui trouvera peut-être un écho dans toutes les sa généreuses des deux côtés de la Manche. (Applau-
Si toujours d’une
Pays agricoles, et que tous = : Lagg imentaires; et si je ne me pe pas, pour us de leur le même marché, d'etdre et qui, à tort événement, ation et s’alimente dans emment, nous ne saurions offrir produits agricoles, excepté ses e pourrions y trouver pour nos
46 DISCOURS produits similaires qu’un r1arché très restreint. Il é a ceci de u Ca
commun entre le paysan de la France, l'habitant d nada et le fermier de l'Ouest, c’est qu’ils passent tous à cette heure-ci
la même crise produite par l’abaissement des prix de tous les produits agricoles. 11 faut le reconnaître ici en examinant la chose telle qu’elle est ; cet abaissement des prix est un bienfait pour
sérieux pour les agriculteurs, jusqu’à ce que équilibre soit rétabli entre les prix de ce que l’agriculteur a à vendre et de ce qu’il a à acheter. A ce point de vue, le Canada peut servir les intérêts de la France, car nous pouvons abaisser les prix d’une foule d’articles que la France est obligée d'importer, qu’elle ne produit pas elle même.
J'en citerai trois seulement: les bois de construction, les pâtes de bois pour la fabrication du papier et les sucs tanins pour le tannage des cuirs. A l'heure présente, tous vos bois de construction vous viennent de la Suède et de la Norvège ; ils devraient vous venir du Canada. Non que je prétende que vous dussiez acheter de nous, parce que la France est plus aimée au Canada qu’elle ne peut l’être en Suède ou en Norvège, — car le commerce ne connaît pas le sentiment, le commerce ne reconnaît qu’une loi, la loi du profit, — mais Parce que nous pouvons vous vendre le bois de construction à meilleur marché que la Suède et la Norvège ne peuvent le faire. Il s’agit simplement de détourner le commerce des sentiers battus et de le porter dans les voies nouvelles. Ce qui est vrai des bois de construction est encore plus vrai des pâtes de bois. Dans l’état de civilisation où nous somn.es maintenant, le bois est devenu la matière première de la fabrication du papier. Or, la consommation du papier dans un pays comme la France est simplement énorme. Ici encore vous tirez votre matière première de la Suède et de la N orvège. Or, j’affirme sans crainte de contradiction possible, qu’il n’y a pas de pays au monde qui puisse rivaliser avec le Canada, et notamment la province de Québec, pour la production à bon marché des pâtes de br'3.
J’ai appris depuis que je suis en France, que le tannage des cuirs est une des plus grandes industries de ce pays, et jue c’est
même une des spécialités de l’industrie française. Nous pouvons vous fournir une des matières premières dont vous avez besoin Pour cette industrie, c’est-à-dire, les extraits de châtaigniers et les sucs tanins.
Tout ce que je désirerais pour le moment, c’est que les hommes d’affaires français prennent la peine d'étudier avec soin le champ d’opération que leur offre le Canada, surtout des trois principaux articles que je viens d’énumérer ; j'ai la confiance qu’il en résulterait l’établissemen:. d’un commerce considérable entre les deux pays. Ils savent mieux que noi ce qu’ils pourraient ous envoyer en échange,
Si ce n’était pas abuser de l'hospitalité que vous voulez bien moffrir, Messieurs, je me Permettrais de formuler un autre souhait. Je voudrais que l’histoire du Canada fût plus connue qu’elle ne l’est en France. Oe que je dis là peut paraître plus ou moins prétentieux,
Rappelez-vous cependant que l'histoire du Canada est en
Fous ont appris tout ce qu’il y a de vérité daus la célèbre parole do Bossuet: “ l’xomme Frs Dieu le mène”, Les
qui se sont -és en France depuis la séparation du Canada, nous Ont appris tv e qu’il y a d’inanité dans les projets des conquérants, les constitutions des législateurs, les conceptions des
intensité que l’on avait Peut-être éprouvée à aucune autre époque ire — qu’à chaque heure, chaque minute de notre vie, il Y a toujours un devoir à accomplir et qu'après tout, être fidèle au devoir de l’heure présente, c’est toujours la préparation la plus sûre de l’heure future. L'avenir est à Dieu seul. C’est dans cette pensée que moi, fils de la France monarchique, j’offre au Ciel nee vœux les plus ardents pour la France républicaine. Puisset-elle se développer avec sécurité dans la voie de la liberté et du progrès | Messieurs, je n’ai plus que quelques jours À passer sur cette terre de France, qui fut ja patrie de mes aieux. Quand je m’éloignerai de ses rives bénies ; quand, monté sur le navire qui m’em- Porters, je verrai graduellement les côtes s’effacer et disparaître
à l’horizon, c’est de toute mon âme, c’est du plus rofond de mon cœur que je dirai, que je répèterai: Dieu la Francs (Acclamations générales. L'auditoire, debout, il longuemené.