EFFET DE CES ÉNONCÉS, S'ILS SONT FONDÉS
Or, ce sont là des énoncés dont il nous fant nous occuper aajourd'hni. Si ces Opinions sont justes, si ces énoncés sont exacts, en ce qui concerne les principes de cette église, alors elle n’entretient pas simplement des opinions erronées en matière de dogme. L'honorable député d'Hochelaga (M. Desjardins) et moi ne nous accordons pas sur les questions religieuses et malheureusement nous ne vous accordons pas non plus sur les questions politiques; mais le fait que nous différons d'opinions en religion, n’établit pas la ligne de démarcation qui nous sépare sur les questions politiques. Nos divergences d'opinions en religion sont des questions entre nouset notre conscience, entre nous et notre Dieu, qui doivent être réglées par chacun de nous, individuellement. Mais ces autres Opinions, que je viens de citer, sont d’une nature tout à fait différente; elles vont beaucoup plus loin que les divergences d'opinions religieuses. Nous avons des idées hostiles au Trône, hostiles aux libres institutions, hostiles à notre constitution, hostiles à l’ordre sociale et à la sécurité; des idées qui tendent à détruire tout ce que, comme peuple, nous avons de plus cher au Canada, et je ne mets pas les catholiques au dessous des protestants. Si vous ne prouvez que. dans les affaires civiles, ceux qui adhérent à l'église catholique romaine ne doivent pas l’2!'iégéance à la Couronne ni à la constitution, mais la doivent à un pouvoir étranger, je prétends alors qu'ils ne sont pas de véritables sujets de la Reine, que ce sont des étrangers dans notre pays. S'il eu est ainsi, je prétends que vous ne pouvez pas vous y fier, et je conviens, avec ces hommes qui, quelquefois, comme on l’a répété ce soir, disent des choses désagréables jusqu'à ce qu'ils “accordent l’absolution avant les élections,” je conviens avec eux, dis-je, que si ce sont les principes de cette église, je puis comprendre parfaitement leur hostilité, au point de vue politique, à la religion catholique romaine. S'ils croient que cette église est hostile à notre constitution et désire le renversement de nos libres institutions, je puis comprendre que leur hostilité aille bien plus loin que les divergences d'opinions relativement aux dogmes religieux; je puis comprendre que l’on ne doit faire aucune alliance avec ceux qui appartiennent à cette institution. Encore une fois, si c'est leur opinion et si tel est le cas que les catholiques romains croient qu’il ne faut pas être loyal envers un hérétique. que le fait de tuer un hérétique n’est pas un meurtre, alors l'ordre social et lu sécurité publique sont en péril et il nous est impossible d’être en paix si ce sont là leurs doctrines, Tous ceux qui croient sincèrement que ce sont là les véritables opinions de l'église catholique romaine et de ses adeptes, ne pourraient pas, s'ils aiment notre constitution et nos institutions, pactiser avec eux en politique. Il est impossible, M. l'Orateur, qu’une croyance sincère à des doctrines analogues à celles que pratiquent réellement cet ordre, soit compatible avec une alliance politique de la part de ceux qui croient ainsi, avec des catho-
liques romains.
. Me WHITE. (Hasting). Croyez-vous ce que croient les libéraux du Bas- Canada ?
M. BLAKE:--A l'ordre! D'un autre coté, tous ceux qui aiment les institutions libres devraient combattre le mal qui pourrait être fait à nos institutions set le danger auquel glles pourraient être exposées, si c'étaient là réellement les doctrines soutenues par une si grande partie des habitants de ce pays. Ex question, alors, devient sérieuse. On dit aujourd’hui, on nous a dit pendant les quelquès mois qui viennent de s'écouler et l'honorable monsieur mème à l'heure qu'il est, penche la tête en signe d'assentiment—que c'est là le sentiment quun Orangiste nourrit à l'égard de ses concitoyens catholiques romeins.
: ENONCÉS NON FONDÉS. .
” Mais ces énoncés sont-ils fondés? Je ne les crois pas fondés, M. l'oratenr, Je
: entachés des plus graves errgurs: je suis tout a fait opposé à ces choses.
M. WHITE (Hastings.) Vons croyez trop de choses; voilà où est l'embarras. M. BLAKE: C'est vrai, je crois peut-être trop de choses. Je ne dirai pas ue l'honorable membre croit tout ce qu’il dit; j'espère qu'il le croit. Je me
suis eflorcé, selon mes faibles moyens, et mes humbles capacités, de favoriser, lé
mieux que j'ai pu le faire, la diffusion de ces principes de la religion protestante, de ces doctrines de l'Evangile et de la Bible que je professe, Je fais ce que je puis duns ce.sens et je l'ai fait pendant des añnées ; ce n'est pas beaucoup, mais
J'ai fait ce que jaipu de crois qu'un agent très-puissant pour accomplir cette
fin serait une plus grande union parmi les dénominations protestantes ; et j'ai
toujours désiré voir s’accomplir une semblable union pour le plus grand progrès de l'Evangile, .d’après les idées. que nous professons. Je vois—et je m'en rejouis—qu'il existe une tendence à ceite union, dans. l’organisation de ces sociétés où se mélent-les ministres et les fidèles de diverses dénominations, où ils oublient leurs divergences d'opinions ef appreunent à connaitre ce qu’il y a de mieux dans leurs doctrines; cest là aussi qu'ils voient sur qu’elles idées ils s'accordent. Je me réjouis de lexistañce des alliances évangéliques, des Young Men's Christian Association et des associations de ministres, telles que celles qui existe dans la ville que j'habite—j'ai travaillé de conçert avec des Orangistes dans le Synode de mon église et ailleurs ; ils ont sympathisé avec moi et j'ai sympathisé avec eux; je ne m'accupais pas de nos-divergences d'opinions en politique, ils n'ont jamais rendu nos serrements de mains moins affectueux ni moins dévouée notre coopération à l'œuvre de notre Eglise, et je regrette que certains honorables membres de la droite saisissent une occasion de ce genre pour fômenter la division, même parmi ceux qui appartiennent à la même église, en proférant et en faisant circuler ces colemnies contre moi et en disant que j'ai abandonné mes principes protestants parce qu'il m est impossible, en conscience, d'appuyer un bill pour la constitution en corporation d une société qui propage des opinions comme celles que j'ai citées. Je suis que lon se méprendra et que lon s'est mépris sur le sens de mes paroles et que. dans ma province et ailleurs, des hommes seront induits en erreur au sujet de ce’que jai dit ce soir. Je ne puis rien y faire; jai senti que cétait pour moi un devoir de parler aïnsi: j'ai dû le faire. Je sais que des gens seront induits en erreur par des politiques artificieux, qui revêtent la livrée de la religion et celle de la charité pour favoriser leur parti. Si nous pouvions oublier nos divergences d'opinions et consentir a agir de concert dans toutes les œuvres de charité, indépendamment
dé nos croyances—comme, Dieu merci, nous pouvons nous accorder quand il
s'agit de certaines œuvres de charité, bien que nous ne nous accordions pas en
religion— ce serait un résultat des plus heureux. Mais aujourd'hui, que faitesvous ? Vous encouragez ces calomnies au détriment d'une autre église; vous venez déclarer—faussement, comme je le crois —que les doctrines de cette église,
a laquelle vous n appartenez pas, sont détestables sous ces rapports ct que tout
vrai protestant doit prendre la mème position. Je crois qu'avant longt@mps,:
vous aurez à vous repentir de la ligne de conduite que vous adoptez là.
Or, je désire une certz.ine influence protestante pour la diffusion des idées que je crois vraies; mais je désire qu'il n’y ait pas d'influence protestante comme celle à laquelle font allusion les chefs du parti Orangiste-t®y, lorsqu'ils parlent de cette influence protestante qui existait autrefois en Irlande et qu'ils regrettent tant. Je ne désire pas cette espèce d'influence protestante, ct, dans mon désir de favoriser ma croyancé, je n’ençcourage pas l’emploi d'armes comme celles dont se servent l'honorable membre et d'autres chefs orangistes. Je crois que mes concitoyens catholiques sont fidèles et loyaux à la Couronne et aux libres - institutions de ce pays. Je crois qu’ils ne pensent pas que le "fait de manquer . … de loyauté envers un hérétique ne constitue pas un péché et que le fait de le tuer so” MRFSORNTIET ©. 3 PE de
ti pe un meurtre, je n’ai pas oublié la protestation faite contre & ibles colomnies par les prélats irlandais, le 25 janvier 1826, dans
cathoïiques roinains sont diamétraiement op or hénoncés qui concerne notre système social et politique et nos
eitoyens d’un prys commun, voici:
pliques jurent qüe les catholiques d'Irlande ne croient pas que le pape de
rince étranger, prélat, gouvernement ou souverain ait ou doive avoir pouvoir, supério ou prééminence temporelle ou civile, directement où » royaume ; et cela, sans aucune restriction mentale ou dispense. k btinuent :
laration complête, explicite et attestée, nousme pouvons pas du tont concevoir on pourrait se baser pour nous accuser de ne pas nous montrer entièrement gracieuse Souveraine,
nt à l’autre arcusation inxultante, ils disent ceci :
s d'Irlande, non seulement ne croient pas, mais déclarent sous serment qu'ils » non chrétienne et impie la croyance qu'il est permis par la loi de tuer ou de panne ou des personnes quelconques, sous le prétexte qu’elles sont hérétiques ; gipe que l’on ne doit pas étre loyal envers des hérétiques.”
cumènts, vous trouvez des déclarations claires qui contredisent s qui n’aurâient pus dû être faites et que, pourtant, il n'aurait pas de contredire ; et cependant, M. l'Orateur, nous avons vu il n'ya En’y a pas cinq ans, il n’y à pas un an, mais pendant Îles À re nnent de s'écouler, nous avons vu, dis-je, répéter la plus blessante ations, lesquelles, si elles étnieut fondées, indiqueraient un état d\ versif des libres institutions de notre pays. Or, je ne suis pas disposé er comme meurtriers, traître et déloyaux près de !4 moitié de mes Is. Je’ne crois pas que la cause du protestantisme, de la vraie je ne crois pas que la diffusion de l'Evangile, la paix et la prospérité, e et le bon gouvernement de cette confédération serait favorisés si nuaissait celte société secrète, organisée et dirigée telle quelle est rio et qui se dévoue à la propagation d opinions du genre de celles que nnaitre.
ant plusieurs énoncés de foi et de doctrine, sur lesquels 1