‹ Discours d'inauguration de Son Honneur H. Beaugrand, maire de Montréal, le 9 mars 1885 [microforme]Chapitre 1 sur 7 · Discours d'inauguration de Son Honneur H. Beaugrand, maire de Montréal, le 9 mars 1885 [microforme] · texte numérisé non relu

Discours d'inauguration de Son Honneur H. Beaugrand, maire de Montréal, le 9 mars 1885 [microforme]

Suivant en cela l'exemple de mes prédécesseurs et une tradition aussi facile qu’elle est agréable à perpétuer, je me fais d'abord un devoir de présenter mes plus sincères remerciements aux citoyens de Montréal qui m'ont fait l'honneur de me porter au poste de premier magistrat de la métropole du Canada.

Au sortir d’une campagne électorale où les froissements de la lutte, les divergences d'opinion et les contradictions inséparables du verdict populaire pourraient parfois produire des rancunes et des mécontentements, je siens à déclarer formel- : lement qu'en devenant maire de Montréal, j'ai laissé à la porte de l'hotel de ville toutes les considérations personnelles du simple citoyen pour ne me rappeler que des devoirs importants d’une magistrature impartiale et indépendante,

Je suis certain d'avance, MM. les échevins, que je puis compter sur votre patriotisme pour me faciliter l'exercice de ces devoirs, et sur votre courtoisie et votre bonne volonté, pour maintenir entre le conseil municipal et l’exécutif, des relations d’une cordialité nécessaire au bon fonctionnement de nos institutions populaires,

Montréal est la plus grande, la plus populeuse et la plus riche ville du Canada, et nous devons nous rappeler qu'il nous appartient de donner l'exemple d’une sage administration aux villes des autres provinces de la confédération canadienne.

Si ceux qui m'ont fait l'honneur de me porter à la mai-

rie ont souvent exagéré les mérites de leur candidat, je crois

que ceux qui m'ont combattu ont aussi parfois grossi à plaisir mes défauts et mes tendances soi-disant révolutionnaires. — Les perturbations sociales qui agitent l'Europe et qui sont en général l’œuvre d’utopistes ou d'intelligences surexcitées, n'ont aucune raison d'être sur les bords du St.-Laurent où il y a de l'espace, du travail et du pain pour ceux qui comprennent la nécessité et l'honneur du labeur quotidien pour en arriver à remplir dignement les devoirs du citoyen intègre et intelligent.

Notre gouvernment municipal est basé sur le vote populaire, et comme tel a droit à l’obéissance de tous ceux qui comprennent le respect que l’on doit à la décision des majorités dans les pays régis par le système démocratique.

J'ai été élu pour présider à vos délibérations et pour exécuter vos décisions, MM. les échevins, et non pas pour contrecarrer vos idées et apporter dans le conseil un élément de discorde.

Nous habitons ensemble une ville où la population est divisée au point de vue des origines nationales, mais où il existe, dans tous les esprits éclairés, un profond désir d'union

et d'entente, sans distinction de race ou de croyance,

Notre devoir à tous est de comprendre nous mêmes, et d'enseigner à nos enfants, que nous sommes Canadiens avant tout et pardessus tout, et que pour être juste envers soi-même et envers les autres, il faut savoir faire taire les exagérations qui naissent infailliblement des préjugés et du fanatisme, quels que soient leur source et le sentiment qui les provoque,

Il est d'usage, messieurs, que le maire sortant de charge fasse un exposé succint de l’état et du fonctionnement des des différents départements qui composent l'administration de la ville de Montréal,

Cet exposé nous manque aujourd'hui et j'avoue que je n'ai pas reçu les document: nécessaires pour discuter avec connaissance de cause, des chiffres et des statistiques qui

vous seront d'ailleurs transmis par les chefs des départements,

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