‹ Discours d'inauguration de Son Honneur H. Beaugrand, maire de Montréal, le 9 mars 1885 [microforme]Chapitre 3 sur 7 · SANTÉ PUBLIQUE · texte numérisé non relu

SANTÉ PUBLIQUE

Immédiatement après les finances et peut être avant, pour cette année du moins, la grande question du jour est la question de la santé publique. Il est évident pour tous ceux qui ont suivi avec attention les délibérations du Conseil d'hygiène et son fonctionnement, qu’il y a là de nombreuses amcéliorations à introduire. Montréal par sa situation géogra-

phique et topographique, par sa position avantageuse sur les

bords du St. Laurent et son élévation exceptionnelle au dessus du niveau du fleuve, devrait être une des villes les plus

salubres du continent américain.

Malheureusement la statistique vitale nous apprend qu'il n'en est rien, et que nous n’occupons pas une place très envi.ble sur la liste des villes bien administrées au point de vue sanitaire,

Le principe le plus élémentuire de l'hygiène publique demande que les rues d’une ville soient dans un état de propreté parfaite et que le service des vidanges soi’ mis entre les mains de spécialistes expérimentés, Ce service a-t-il été bien fait, à Montréal, dans le passé? Il est permis d'en douter. De nouveaux entrepreneurs ont commencé le service le ler mars courant, et je les recommande tout spécialement aux bons soins des chefs et des membres du conseil d'hygiène.

Il faut que, cette année surtout, ce service soit fait de la manière la plus parfaite possible, car les épidémies qui ont sévi en Europe, l'été dernier, pourraient bien, cette année, faire leur apparition néfaste sur nos rivages. A nous de nous y préparer d'avance, certains que quoi qu'il arrive, nos rues ne seront jamais trop propres et la santé publique ne sera jamais trop protégée.

Le Dr. Hingston disait dans son discours d’inauguration en 1874: ‘Par une maladie ou par une autre, qu’elle soit de celles que l’on peut prévenir ou non, 6,763 personnes meurent actuellement dans notre cité et dans les municipalités environnantes, de sorte que quels que soient les progrès que nous faisons dans la prospérité matérielle (et ils sont suffisants pour satisfaire aux désirs d’une légitime ambition) ces avantages se trouvent contrebalancés par la mortalité,”

Sommes nous mieux protégés, au point de vue hygicnique, aujourd'hui, qu'en 1874? Non, s'il faut en croire et la statistique vitale et le digne curé de Notre-Dame qui attirait dernièrement l'attention du public sur les terribles ravages faits dans nos familles par les maladies qui paraissent s'attaquer d'avantage à nos enfants. A l'œuvre donc! et je crois devoir vous promettre que tous mes efforts tendront à rendre de plus en plus efficaces les travaux de notre bureau

de santé.

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