‹ Discours de combat (volume 3)Chapitre 8 sur 19 · M. Léon Bourgeoii · texte numérisé non relu

M. Léon Bourgeoii

et de Devoir, comme ils avaient fait sur le mot de Solidarité lui-même, — nous parlent de la dette que cuacun de nous apporterait, pour ainsi dire, en naissant, et ne se soucient de nous apprendre, d'ailleurs, ni comment nous avons contracté cette dette ; ni qui se chargera, ou plutôt qui sera chargé d'en fixer la quotité; ni de quelle monnaie nous la payerons, ni qui nous en donnera quittance. « Dette, le livre où nous apprenons à lire, nous dit-on, et dette, la locomotive qui nous emporte de Paris à Toulouse. » Soit ! où sont donc en ce cas les héritiers de Gutenberg et les ayants droit de Stephenson ! Car, à leur défaut, lequel d'entre nous a le droit de recouvrer leur créance ? ou d'en opérer la liquidation? Et si l'on nous répond : «C'est l'État», — je ne parle plus ici de tyrannie, j'en ai parlé tout à l'heure, — mais je dis : « Par quel moyen parviendrait-on à faire de l'Etat et de ses besoins, contingents et changeants, la règle du devoir, et le principe de la morale? »

C'est pourquoi les autres1 nous parlent d'une Solidarité a trois degrés, d'abord fatale et automatique, puis quasi volontaire, et enfin tout à fait libre, consentie et voulue. Mais comment libre, et comment consentie? Je conçois qu'un acte originairement libre se transforme en un

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