‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 170 sur 459 · DU MIDI · texte numérisé non relu

DU MIDI

D'après le Journal des Débats.

(Convention, lundi matin 24 septembre 1792, 11 heures.)

[On lit une lettre du ministre de la guerre, rendant compte de l'entrée de Montesquiou dans la Savoie : « Le Con-

place de ministre que j'occupais, et afin de ne point accumuler deux fonctions, j'ai déclaré moi-même, dans cette Assemblée, que je donnais ma démission de ministre de la justice; je la réitère. »

(i) /. des Débats : « ...et j'observe qu'il ne peut y avoir rien de préexistant à une Convention nationale que la volonté du peuple. »

(2) /. des Débats : « Ce n'est pas que je prétende, conserver en même temps la fonction qui m'avait précédemment été déléguée, et ceUe dont je suis en ce moment investi ; je déclare donc encore une fois que je me démets de la place de ministre du peuple et que je me tiens encore responsable de mon administration, jusqu'à ce que la Convention ait ordonné mon remplacement. » Merc. un., Courr. des 83 dép. : « ...mais quand même j'occuperais les deux places je soutiens que j'en aurais le droit. Il est un principe incontestable : c'est qu'il n'y a rien de préexistant dans une Convention oii le peuple a nommé ses représentants et tant qu'on ne m'aura pas remplacé au ministère, je déclare que je me tiens responsable de ma gestion au ministère de la justice. «

seil exécutif, dit le ministre, n'a pas cru devoir confier cette opération à d'autres généraux ; Montesquieu la méditait depuis longtemps. Mais comme ce général ne paraît pas jouir de la confiance publique, nous avons demandé l'envoi de trois commissaires à l'armée des Alpes : ils auraient été chargés de surveiller la conduite et l'ensemble des opérations de Montesquiou. Nous réitérons aujourd'hui cette demande ». — Danton développe cette idée.|

Danton. — Il ne s'agit pas de revenir sur le décret d'hier mais de prouver que la mesure adoptée à l'égard de Montesquiou est très politique. Il s'agit d'empêcher le mal qu'il peut faire maintenant, surtout dans la position où il se trouve.

Eh bien, donnez aux pouvoirs de vos commissaires la plus grande latitude. Fixez leur attention sur l'état-major de Montesquiou qui est aussi mauvais que lui (1), ordonnez qu'ils en feront faire le renouvellement; (2) que les soldats

(i) Courr. des 83 dép. : « Il est des précautions à prendre dans cette destitution car l'état-major de l'armée du midi, est plus détestable encore que le général. » Merc. un. : « Ce n'est pas seulement Montesquiou qui est suspect, c'est encore son état-major entier; Add., et pour le purifier, je demande qu'on envoie pour commissaires, Dubois de Crancé, Lacombe Saint-Michel et Gasparin qui ont des connaissances sur les localités et l'état de l'armée. »

Le choix de Danton n'est pas fait au hasard ; les trois commissaires qu'il désigne à la Convention sont trois officiers. Edmond-Louis-Alexis Dubois de Crancé député du Tiers du bailliage de Vitry-le-François aux États-Généraux, maréchal de camp, et député des Ardennes à la Convention; Jean-Pierre Lacombe Saint-Michel, officier d'artillerie, député du Tarn à l'Assemblée législative et à la Convention qui deviendra commandant de l'armée du Rhin et fera les campagnes de l'Empire ; Thomas- Augustin de Gasparin, capitaine au régiment de Picardie en 1790, député des Bouches-du-Rhône à l'Assemblée législative avait fait partie du Comité militaire, et avait été envoyé dans le midi comme commissaire militaire. Il était député des Bouches-du-Rhône à la Convention.

(2) Dans un placard ayant pour titre Marat, l'ami du peuple aux amis de la patrie, sans date, Marat disait :

« Il y a trois semaines que le citoyen Danton, ministre de la justice, donna l'assurance solennelle à l'Assemblée générale de la section de Marseille que tous les généraux et états-majors de nos armées allaient être licenciés p>our leurs éternelles perfidies.

Il y a quinze jours qu'il assura le Comité de surveillance séant à la mairie que les ordres pour leur licenciement étaient prêts à partir.

Il y a trois jours qu'il assura plusieurs électeurs dans la salle des Jaco-

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