CONTRE ISNARD
D'après le Républicain français.
(Convention, vendredi 10 mai 1793.)
[Isnard avait présenté un pacte social préalable à la Constitution.— Roux (3) :« Pour une nation qui a déclaré les Droits de l'homme, je pense qu'il ne peut exister d'autre pacte social qu'une Constitution. Je demande qu'on la discute.»]
Danton. — Je me présente à cette tribune pour deman- "der (4) l'ordre du jour sui la proposition d' Isnard, et rendre
dans un temple de mémoire, supérieur à tous ceux élevés p>ar la main des hommes, celui de l'immortalité. » Rép. fr. : « Dampierre occupe déjà dans la mémoire une place immortelle, supérieure à toutes celles que ses cendres pourraient occuper dans les édifices humains. » Merc. un. : (( ... il vit déjà dans l'immortalité bien supérieure à tous les édifices humains. »
(r) Add. Merc. un. :<f Ce n'est pas sur les honneurs du Panthéon, c'est sur les abus que l'on pourrait en faire qu'il faut parler. /. des Débats. Il ne faut pas prodiguer de tels honneurs, si vous le destinez à devenir une récompense nationale... »
(2) Mon., Rép. fr. : « Décrétons pour principe que nul ne pourra entrer au Panthéon français que vingt ans après sa mort. Laissons (donnons) à une génération entière le soin (le moyen) , de juger si cet honneur fut mérité. »
(3) Louis Félix Roux, député de la Haute-Marne, appartenait alors au parti montagnard.
(4) /. des Débats : « ... appuyer... »
à la discussion toute la latitude qu'elle doit avoir. (1) Isnard eût dû (2) sentir que les éléments de la justice humaine et la source de la liberté des nations sont (3) dans la Déclaration des Droits; il eût dû (2) sentir qu'une constitution est (4) le véritable (5) pacte social, et qu'une constitution acceptée par le peuple était éternelle comme lui. (6)
Mais c'est le jour où les représentants du peuple prennent possession du palais des despotes (7), qu'il sera (8) beau de poser la première base de la Constitution (9)... (10) (On applaudit.) Puisque vous allez de nouveau écrire la Constitution (11), je pense qu'il faut déclarer de nouveau que le gouvernement de la France est républicain, et discuter ensuite une série d'idées fondamentales.
Il faudra que le pouvoir exécutif (12) soit élu parle peuple; il faudra l'investir d'une grande puissance (13) etlabalancer par une autre; il faudra qu'un tribunal créé par la Nation soit chargé d'acquitter ou de condamner tous les fonction-
(i) Aud. nat. : «... et que la discussion conserve toute sa latitude. » {2) Mon., J, des Débats : «... aurait dû... »
(3) Ibîd. : «... étaient... »
(4) Ibid. : « ... était... »
(5) /• ^^^ Débats : «... le vrai... »
(6) Aud. nat.. : « Isnard n'a pas voulu voir, sans doute, que les éléments de la justice et la source de la liberté des nations sont dans la Déclaration des Droits car il aurait trouvé qu'une constitution est le vrai pacte social. »
(7) L'Assemblée s'était réunie à 10 heures, pour la première fois dans « la nouvelle salle du Palais national » disent les journaux, c'està-dire aux Tuileries : « dans l'arrière-corps entre le Pavillon de la Liberté et celui de l'Unité » (les pavillons du nord et du centre).
(8) Add. Aud. nat. : «... grand et... »
(9) Aud. nat.. : «... de poser la première base de notre liberté. {Vifs applaudissements) . »
(10) Points de suspension dans le texte.
(11) /. des Débats : « Puisque vous allez l'écrire cette Constitution...» Add. Aud. nat. : «... que déjà tant de Français ont cimenté de leur sang... »
(12) Aud. nat. : «... Conseil exécutif... »
(13) Add. Aud. nat. : « ... car nous avons besoin d'un gouvernement fort et grand... »