SUR LES OPÉRATIONS MILITAIRES EN VENDÉE
yeux vomissaient le salpêtre sur les conspirateurs et les aristocrates; quiconque le vit ce jour-là, dut reconnaître l'ami de la liberté.
[Bourdon est violemment attaqué pour avoir voulu faire destituer Rossignol, en Vendée. — Il déclare que cette armée des révoltés de Vendée dont on a fait tant de bruit, n'était autre chose qu'un « ramas de cochons, de gens qui n'avaient pas figure humaine et de gens de loi ». Rossignol, donc, a dû vaincre facilement. — Robespierre, Hébert, défendent le général sans-culotte.]
Danton. — La tactique dont on a fait usage jusqu'à ce moment, est cause des non-succès (1) dans la Vendée, département où (2) se sont réunis tous les aristocrates, qui quoi qu'en dise Bourdon ne sont pas des cochons, ni des hommes qui n'ont pas figure humaine, mais des hommes qui se battent bien. La malveillance ou l'impéritie ont conduit tous les mouvements, dirigé tous les efforts. C'était une guerre centrale [qu'il fallait faire], et [c'était] non pas sur les rayons, ou même sur tous les points de la circonférence qu'il fallait faire tête aux ennemis; (3) et, du moment qu'on séparât les forces, qu'on divisât les bataillons, on dut présager (4) des défaites.
Je rends aussi justice à Santerre; sa modestie surtout et sa franchise me sont d'un bon augure. Rossignol avait été sous son commandement; (5) il fut si satisfait du choix qu'en avait fait la République comme général en chef, qu'il déclarât qu'il servirait avec grand plaisir sous lui. (6)
Le nombre des députés qui sont dans les armées est aussi (7) un obstacle aux grands succès; l'ordre donné par
(i) /. de la Montagne : «... est une des causes de nos revers... »
(2) Rép. fr., J. de la Montagne : « ... dans lequel... »
(3) /• ^^ ^* Montagne : « C'était une guerre centrale... qu'il fallait faire aux ennemis. »
(4) Ibid. : « ... prévoir... »
(5) Ihid. : « Il avait commandé Rossignol; Add.ill'avait distingué;...»
(6) Ibid. : « II a déclaré qu'il servirait avec joie sous lui. »
(7) Ibid. : « Le nombre des représentants du peuple^ dans la Vendée, est encore... »
celui-ci, est presque toujours contremandé par celui-là, (1) et peut-être, d'ailleurs, peut-on leur faire le même reproche qu'aux généraux, de vouloir perpétuer cette malheureuse guerre pour leurs intérêts.
J'invite la Société à émettre (2) son vœu sur le rappel de la nuée de commissaires qui sont en ce moment dans la Vendée; deux ou trois suffisent pour le service des armées qu'ils occupent.
Que la même adresse contienne le vœu de Rossignol déjà chargé en chef de la conduite de la guerre; qu'il prenne en même temps tous les moyens (3) qu'il croira propres à en assurer l'événement; qu'il soit autorisé à présenter la liste des hommes suspects et de ceux dont les mauvaises intentions lui sont connues, de tous ceux enfin qui poun-aient entraver ses opérations. Qu'il puisse les destituer; qu'il puisse surtout nommer à leur place; (4) enfin qu'on lui abandonne (5) le soin de nommer aux postes dont il est obligé de répondre, sans quoi on ne peut pas lui imposer de responsabilité.
[La proposition de Danton est arrêtée.]
(i) Ibid. : « L'ordre de l'un étant souvent contrarié par l'autre^ Add. il est impossible que la machine marche;... »
(2) Rép. fr. : « Il faut que l'assemblée émette... »
(3) Ibid. : « Que la même adresse contienne le vœu que Rossignol déjà chargé en chef de la conduite de la guerre, prenne en même temps tous les moyens... »
(4) Ibid. : «... à leurs places. »
(5) Ibid. : « Il faut lui abandonner... »