‹ Discours de l'Hon. L.P. Pelletier sur la question des asiles d'aliéné s [microforme]Chapitre 18 sur 36 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

Veuillez s’il vous plait, me faire à moi-même et par écrit, toutes demandes de votre part ou de la part des autres membres du bureau médical, qui peuvent tendre à s'écarter de la ligne de conduite suivie

jusqu'à présent par vous, dans notre hospice, en votre qualité de médecin ,

visiteur.

Nos Sœurs et nos employés qui ont déjà fort à faire et qui ne sont pas au fait de la situation nouvelle, n’ont aucune autorité pour accorder ou refuser de telles demandes s'écartant de la pratique habituelle suivie depuis si longtemps.

La multiplicité des soins que requiert la direction d’une population de douze cents âmes m'oblige à vous prier de me faire vos communications par écrit, si vous voulez qu'attention y soit prêtée. Je.ne considèrerai pas,

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et je n'ai pas considéré jusqu'ici, comme émanant du bureau médical om de ses membres, officiellement, toute demande de ce genre faite de vive voix, soit à moi-même, soit aux Sœurs, soit aux employés de l'établissement.

Notre plus grand désir est de remplir fidèlement nos obligations comme par le passé et de n'ontraver en rien l'exercice légitime et raisonnable des droits du Gouvernement.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur, Votre très humble servante,

SR. THÉRÈSE DE JÉSUS, Supérieure.

Sait-on ce que le fameux docteur Howard répond ?

96 Rue University, MONTRÉAL, 21 sept. 1885.

Revérende Mère Nupérieure,

En réponse à la vôtre du° 19 courant, j'ai l'honneur de vous avertir ue, dans votre manière de traiter le bureau médical de l’Asile St. Jean e Dieu, vous devez simplement vous laisser guider par la 48 Victoria,

chap. 84, qui définit les devoirs et Les droits du bureau. J'ai l'honneur d’être, Rev. Mère Nupérieure, Votre obéissant serviteur,

HENRY HOWARD, N. M. B. St. J. de D. L. A.

Revd. Mère Supérieure, St. J. de D. Longue Pointe.

Il faut voir cette réponse, son éloquente brièveté, et la morgue avec laquelle elle est écrite, pour comprendre jusqu'à quelle extrême limite on voulait pousser l'application de la loi au sujet de laquelle l'honorable Secrétaire-Provincial a voulu supposer qu'il y a eu de la bonne foi de la part de l’ex-gouvernement : le docteur Howard déclare virtuellement que la Sœur Supérieure n’a plus rien à voir, que tout est réglé par l'acte 48 Victoria. N'est-ce pas éloquent ?

Ce n'était pas tout d’avoir pris le contrôle médical malgré le contrat, de vouloir même s'emparer de l'administration, il fallait maintenant à ces messieurs un logement dans l'asile, logement que les Sœurs n'étaient pas tenues de leur fournir. Le 21 septembre, nos trois héros du bureau médical font savoir en quelques lignes quelle: sont leurs prétentions sous ce rapport :

Longue Pointe, 21 Septembre 1885.

A la Revd. Saur Thérèse de Jésus.

Supérieure de l’Asile St, Jean de Dieu.

Le bureau médical de l'Asile des Aliénés St. Jean de Dieu demande à la Révd Sr. Supérieure de l’Asile St, Jean de Dieu une chambre pour le bureau, en vertu de la loi relative aux asiles d'aliénés de la Province de Québec 48 Viet., chap. 84, Nection 3, Article 2 de la dite loi.

HENRY HOWARD, Méd. Superintendent.

F. X. PERREAULT, Médecin Interne.

E. E. DUQUET, Asst. Médecin Interne.

La réponse à cette communication parle elle-même.

Hospice Nt Jean de Dieu, Longue Pointe, 25 Septembre 1885.

À HENRY HowaARp, Ecr., k F. X. PERREAULT, Ecr., et

E. E. Duquer, Ecr, Membres du Bureau Médical.

Messieurs,

La seule chambre que nous puissions affecter aux fins mentionnées dans votre lettre du 21 Septembre courant, a été mise par nous à la dispositions des deux médecins qui ont charge de donner le traitement médical aux aliénés, savoir à la disposition du Dr. L. B Durocher et du Dr. J. À. Prieur.

Comme il n’a pas été question de cela dans notre contrat, et comme la chose ne nous à jamais été demandée avant ce jour, nous ne nous sommes pas mises en mesure de donner permanemment une chambre à tous ceux que le Gouvernement, d’après notre contrat, peut charger comme vous trois de visiter notre établissement de temps à autre. Je demeure avec considération,

Votre hunble servante,

(Nigné) SR. THÉRÈSE DE JÉSUS, Supérieure.

Qu'est-ce que faisait, pendant tout ce temps-là, le gouvernement qui, par son premier ministre, avait déclaré vouloir s'en tenir au contrat ? D'abord il laissait faire le fameux bureau médical qui avait, évidemment, ses instructions secrètes et ensuite il refusait même de reconnaître la communauté ; l’ex-Necrétaire Provincial allait jusqu'à dédaigner de répondre aux lettres officielles qui lui étaient adressées par la Sœur Supérieure.

Le 19 septembre cette dernière écrivit sur des sujets importants comme

on va le voir:

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HospPicE NT JEAN DE DIEU, LONGUE POINTE, 19 Septembre 1885.

A l'Honorable J. BLANCHET, Secrélaire Provincial, Québec, MONSIEUR LE MINISTRE,

Nous recevons une lettre signée par M. Ph. J. Jolicœur Assistant Secrétaire de la Province nous disant que l’ordre pour la mise en liberté d'Adolphe Pepin a été adressé le 2 Septembre au Dr F. X. Perreuult.

Nous prenons la liberté de vous faire remarquer que nous n'avons pas reçu cet ordre, et que nous n'avons actuellement en mains aucun ordre nous mettant en position de libérer Adolphe Pepin. Un tel ordre: nous est absolument nécessaire; car c'est aux propriétsires de l'Hospice que les tribunaux s'adressent, et nous devons être, à court avis, en mesure dextite en cour, les documents qui justifient, et la détention et la mise en liberté des patients

Ne serait-il pas possible de signer en double, l’ordre d'internement et l'ordre de mise en liberté des patients ! ? De cette façon, nous aurons en mains les papiers nécessaires et le bureau médical en aurait les doubles Nous avons une voûte de sûreté où tous ces papiers sont déposés et classifiés avec soin. Comme les médecins du Gouvernement n'ont pas de telle voûte, les documents seraient fort exposés en leurs mains

Nous comptons Monsieur le Ministre, que vous voudrez bien vous rendre à notre demande et vous obligerez

Votre très humble et obéissante Servante,

(Nigné), . NR THÉRÈSE DE JÉSUS, Supérieure.

Chose inouie, cette lettre est restée sans réponse ainsi que toutes les autres qui étaient adressées au ministère. Le gouvernement ne voulait mème plus correspondre avec celles avec qui il avait contracté, 11 faisait parvenir ses instructions au docteur Perreault sans même en transmettre une copie à la Supérieure qui avait écrit la lettre. Sans doute ces hommes étaient trop grands pour communiquer avec une personne aussi humble et aussi indigne de leur attention que la Supérieure d'un hospice de charité.

Il est bon d'ajouter que si l'honorable député de Beauce a cru qu’il était au-dessous de sa dignité de répondre à lu Sœur Thérèse de Jésus, il à trouvé bon de faire savoir au docteur Perreault qu'il refusait la demande légitime qui lui était faite au sujet des documents et papiers relatifs à l'internement des aliénés.

La communauté était responsible devant les tribunaux de la garde des aliénés. C’est elle qui, sur une demande d'habeas corpus, par exemple, devait produire les documents établissant la cause de détention et les pièces justificatives. Or le gouvernement patemel du temps lui enlevait ces papiers qui étaient sa propriété et laissait la communauté exposé: aux misères et aux tracasseries qi pouvaient s'en suivre de la part d: ceux qui auraient voulu se prévaloir ce la singulière position qu'on faisait aux reli-

gieuses.

TR a ER OR PL

Je continue cette intéressante esquisse de la lutte d’un gouvernement fort et puissant contre une communauté de religieuses.

Le 25 septembre le docteur Howard écrit une nouvelle lettre ; elle est longue et je ne veux pas abuser de la patience de cette Chambre; qu'il

me suffise d’en citer deux passages :

Montréal, 25 Septembre, 1885.

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