Discours de l'Hon. M. Mercier, premier ministre de la province de Québec devant une assemblée publique à la salle Bonsecours à Montréal, le 9 février, 1891 [microforme]
Devant une assemblée publique à la salle Bonsecours à Montréal, le 9 février 1891
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs.
Le 27 janvicr dernier, j'avais l'honneur de terminer le discours, que je prônonçais au banquet que votre club avait la bonté de m'offrir, par les paroles suivantes :
* Nos arrangements sont faits pour notre à : départ le 14 février, M. Shehyn et moi. Nous
‘ croyons aller en Europe dans l'intérêt public ;
‘ mais si la nouvelle qui circule depuis quel-
‘ques jours, au sujet de la dissolution du par- ‘“ lement fédéral, se réalise, nous resterons,
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‘“ croyant servir encore l'intérêt public. Et si, ‘* étant rendu là-bas, je dois revenir subitement, ‘je reviendra. Mon devoir et ma place sont ‘ connus : je dois être au côté de mon chef ‘“ estimé, l'honorable Wilfrid Laurier, s'il le ‘ désire ; et j'y serai quoiqu'il arrive, si Dieu “ le permet.”
Dieu l’a permis, M. Laurier l’a désiré, et je suis à ses côté: faisant la lutte pour le triomphe de la cause qui nous est si chère à tous et d'un homme que tous admirent, même ses adversaires.
Nous nous sommes mis, mes collègues et moi, entièrement à la disposition de M. Laurier, il peut compter sur nous dans la lutte intéressante et pleine d'espérance qu'il va faire.
Je n'ai pas l'intention de vous parler longuement, et conséquemment, je ne discuterai point ce soir, les détails de la politique fédérale.
Je veux me contenter de justifier notre intervention, mes collèœues et moi, dans la présente campagne électorale.
L’'honorable M. Chapleau disait, l’autre jour, si j'en crois le rapport d’un certain journal, qu'il serait bien surpris de me voir prendre une part active dans la présente élection.
Je regrette d’être obligé de lui causer cette surprise, mails il le faut: l'intérêt public l'exige.
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CONFÉRENCE INTERPROVINCIALE
Le 16 mars 1887,le représentant de Sa Majesté, ouvrant Ia session de la législature de Québec, prononçait les paroles suivantes :
Mon gouvernement se propose d'inviter les vouvernements des autres provinces et celui de la Puissance à examiner une question d’une importance vitale : celles des relations financières et autres des provinces avec le souvernement fédéral.
‘ L’obscurité, à certains égards, de l’Acte de
l'Amérique Britannique du Nord, 1867, et
l'interprétation donnée à quelques clauses de cet acte, dans certaine circonstances, ont fait naître des craintes légitimites sur le maintien
‘ de nos institutions loc:les et rendent une entente entre les gouvernements provinciaux et de la Puissance, en vue d'arriver à un état de choses plus satisfaisant pour tous.
‘* Les vingt années écoulées depuis l’établis-
sement de la confédération ont démontré l’in-
suffisances des arrangements faits au débuts
‘ En entrant dans la confédération la pro-
vince de Québec, à l'instar des autres pro-
‘ virres, a abandonné au pouvoir central sa ‘ par. es revenus des douanes et de l’accise, qui ont plus que doublé depuis, et elle n’a
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reçu, en retour, qu’une subvention annuelle, fixe et déterminée.
‘* Pendant que les provinces abandonnaïient ainsi le plus clair et le plus important de leurs reveuus, elles restaient chargées de fortes dépenses pour le maintien de leur gou- ‘ vornement et de leurs institutions locales, lesquelles dépenses devaient nécessairement ‘augmenter avec la population et le dévelop- ‘* pement du pays.
‘ Dans ces circonstances, et pour ces raisons, mon gouvernement croit le moment venu pour les provinces d’envisager sérieusement la situation et d’aviser ensemble aux moyens de porter remède aux difficultés du présent et ‘ d’empècher leur retour à l'avenir.”
Tous les gouvernements des provinces de la confération et celui du Dominion furent invités à prendre part aux délibérations de cette conférence ; celui d'Ottawa, entre autres, le fut dans les termes suivants :
‘ Québec, 24 septembre 1887.
“ Au très honorable Sir John MacDonald, P. C., G. C. B., etc., etc., etc.
Ottawa.
‘ Monsieur, ‘ La conférence proposée des gouvernements ‘ provinciaux pour prendre en considération
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Ile, “ les questions qui ont surgi ou qui peuvent surgir relativement à l'autonomie des pro-
ent * vinces, à leurs arrangements Snanciers et à he ; d’autres affaires d un intérêt provincial comra mun, se tiendra à l'hôtel du parlement, à ‘* Québec, à 11 heures du matin, jeudi le 20
es ‘* octobre. Votre gouvernement est cordiale- + : ment invité à se faire représenter à cette conlop- 5 férence par vous-même et un ou plusieurs de | vos collègues. fl.
ds. Votre obéissant serviteur, | se CS (Signé) HONORE MERCIER.
TAN Sir John répondit comme suit :
ETS ‘ Ottawa, 4 octobre 1887.
tet ‘* Monsieur, ‘# J'ai l'honnenr d’accuser réception de votre e la ‘ lettre du 24 septembre dernier, invitant le ités ‘ gouv:rnement du Canada à se faire repréon- ‘* senter à une conférence provinciale.” fut ‘ En réponse, qu'il me soit permis de dire ‘qu'à notre avis 1l ne servirait à rien d'envoyer ‘ des représentants à cette conférence.” 7. J'ai l'honneur d’être, Monsieur, ‘ Votre obéissant serviteur, (Signé) JOHN A. MACDONAID.
L'hon. M. HONORÉ MERCIER,
Premier Ministre de Québec,
ents sv Québec.
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Malgré ce refus, la conférence eut lieu, et le 20 octobre 1887, les personnes suivantes étaient réunies pour y prendre part :