‹ Discours de l'Hon. M. Mercier, premier ministre de la province de Québec devant une assemblée publique à la salle Bonsecours à Montréal, le 9 février, 1891 [microforme]Chapitre 8 sur 8 · QUE S'EST-IL PASSÉ DEPUIS · texte numérisé non relu

QUE S'EST-IL PASSÉ DEPUIS

Tous les gouvernements provinciaux, moins celui de Manitoba, qui avaient pris part à cette conférence-out été devant le peuple, et ont été maintenus par des majorités plus considérables. Il est vrai que le gouvernement de M. Norquay, au Manitoba, a été remplacé par celui de .M. Greenway, mais non pas sur cette question de la conférencé interprovinciale, puisque M. Grenway est entièrement de l'avis de M. Norquay à ce sujet.

J'ai donc le droit de conclure que les provinces de la confédération ont donné un ordre formel, précis et bien clair au gouvernement de la Puissance, et que celui-ci a refusé d’obéir à cette ordre portant sur deux points principaux : RÉCIPROCITÉ ET REVENUS PROVINCIAUX.

Cet ordre a été ratifié par le peuple des différentes provinces qui composent la confédération, ce sont donc les habitants de celle-ci qui ont ordonné et c’est Sir John qui a refusé d'obéir parcequ'’il se moque du peuple.

Je n’entrerai point dans le mérite de ces deux résolutions principales, elles parlent par ellesmêmes, etil n’y a pas un homine intelligent qui n’admettra point que leur exécution aurait été dans l'intérêt général.

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Pour ce qui regarde la réciprocité, elle est acceptée de tous, à l'exception de Kir John A. Macdonald qui la repousse dans son adresse du 7 courant, après avoir autorisé M. Chapleau à l’accepter à Napierville.

Mais la réciprocité commerciale avec les Etats-Unis s’''mpose dans les circonstances comme l'unique solution pratique de nos difficultés économiques.

Quant aux rélations financières entre les provinces et le Dominion, l'exécution des décisions de la conférence interprovinciale aurait donné, à chaque province, le moyen de développer les ressources, de favoriser l'éducation, l'instruction et la colonisation ;: mais Sir John ne l’a pas voulu parceque sa politique, cyniquemelt avouée, consiste à ruiner les provinces afin de mieux les détruire par l'union législative.

Prernier ministre de la province de Québec, dont le gouvernement a convoqué cette conférence interprovinciale, je suis tenu, en honneur, à faire respecter les décisions de celle-ci, et c'est non seulement mon droit, mais mon devoir d'intervenir officiellement dans la présente lutte, pour venger les provinces représentées à cette conférence, en demandant au peuple du Dominion d’en faire respecter leurs volontés.

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Le jour de la rétribution est arrivé: sir John s’est moqué des provinces, celles-ci doivent le punir.

Il n’y a qu'une seule punition constitutionnelle : c’est la déchéance au poil; tous les hommes de cœur, sans distinction de parti, de races et de croyances, doivent se donner la main pour la décréter.

L'honorable M. Laurier a accepté les résolutions de la conférence interprovinciale de 1887, et a promis de les mettre à effet, s’1l arrivait au pouvoir.

C’est notre devoir de le faire triompher, car son triomphe est le salut public, tandis que le triomphe de son adversaire, c’est la ruine nationale.

Voilà mes sentiments, voilà ceux des cinq grandes provinces dont les gouvernements sont unis aujourd’'nui comme ils l’étaient en 1887.

Nous parlons au nc.n du peuple qui est notre maître ; que sa voix puissante se fasse entendre de l'Atlantique au Pacifique le 5 mars prochain, et le règne tyrannique de Sir John finira, et celui des provinces commencera aux acclamations d’un peuple de cinq millions dont les aspirations patriotiques, cessant d’êtreébouffées, affirmeront les grandes destinées qui attendent ce pays.

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