‹ Discours de l'honorable M. Chapleau en proposant la vente du chemin de fer quebec, Montreal, Ottawa et Occidental a l'Assemblee LegislativeChapitre 29 sur 36 · ON A SOULEVÉ LES PRÉJUGÉS · texte numérisé non relu

ON A SOULEVÉ LES PRÉJUGÉS

On a aussi fait contre le gouvernement une accusation qui, quoique ridicule, doit être réfutée — car elle a pu produire un grand effet dans les campagnes, vu que le peuple, qui est honnête, et qui ne peut s'imaginer qu'on écrive des mensonges aussi crus, peut croire à ces affirmations. Ainsi on disait : " Il ne faut pas vendre le chemin au Pacifique, car vous allez rester avec une obligation de $250,000 à votre charge, pour la construction de l'embranchement de 6t. Charles, dont vous n'aurez aucun besoin, lorsque vous n'aurez plus de chemin." Eh bien, M. l'Orateur, ceux qui portaient cette accusation savaient bien que c'était un mensonge et que le' syndicat qui achète toute la partie Est de notre ligne, assume pour lui toutes les obligations de notre gouvernement et s'en tient

r)sponsable, — et par conséquent est obligé de construire cet embranchement de 8t.- Charles dans lequel le pays trouve son bénéfice."

On voudrait que le gouvernement dégévât notre budget et l'on s'oppose à la vente. On ne veut pas de déficits et l'on ne veut pas q le le gouvernement prenne les moyens de les faire cesser. On ne veut pas que le gouvernement vende le chemin, dit-on :

M Parce qu'en vendant le chemin du " Nord, on laisse peser sur le pays une " dette de $7,000,000 de déficit.

" Parce que le pays étant composé " d'environ 590 paroisses ou villes, il s'en- " suit que chacune d'elles sera chargée "d'une «Mte perpétuelle de $12,000, et '• que, partant, chaque paroisse devra à l'a- V venir payer bon gré mal gré, $700 de " rente annuelie à perpétuité, tandis que 11 le syndicat retirera des millions de béné- " fices par la vente ou l'exploitation du " chemin de fer du Nord. "

Et immédiatement après l'on crie : " A la taxe directe. " Le gouvernement fait disparaitre du coup $7,600,000 de la dette publique et l'on crie encore plus fort qu'auparavant et l'on trompe les populations avec de pareilles clameurs. On parcourt toutes les paroisses du pays disant aux gens : " Gomment, vous allez voter pour ces gens-là ? Mais ne savez-vous pas qu'ils complotent de taxer chaque paroisse $700,00, par année ? Et ces mensonges éhontés on les a imprimés et répandus par milliers d'exemplaires dans toutes nos paroisses. Eh bien, mon honorable collègue,le trésorier de la Province, viendra vous dire, qu'avec le produit de la vente de notre ligne Provinciale, il va mettre un terme aux déficits dont on se plaint si amèrement, tout en refusant de prendre les moyens de les faire cesser, et qu'après avoir dégrevé notre budget il sera en mesure d'encourager les nombreuses entreprises publiques qui attendent l'aide du gouvernement; car il ne faut pas l'oublier, il y a nombre de secours à donner. Il y a la colonisation, l'éducation, les chemins de fer privés, l'industrie naissante des phosphates, du sucre, et des produits de la ferme, etc., qu'un rien peut ou sauver ou encourager.

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