ITO^OS
Gazette Officielle de Québec 12,900 00 1,200 00 11,700 0
A déduire sur salai i-es des gardiens, chauffeurs, etc. paj <;s à même les deniers votés pour travaux et édifices publics 2.326 00
Réductions additionnelles 35,292 00
Total des économies $84,914 50
Je ferai distribuer ce soir môme quatre ou cinq mille de ces tableaux, et vous saurez alors quel cas il faut faire des mensonges de M. Mercier, des calomnies de ceux qui marchent sur sa piste, et qui ont juré la mort de votre député, qui ont juré qu'il fallait me chasser du pouvoir. Ét ils ont parfaitement raison à leur point de vue, car i!s voient que je vais réussir à faire ce qu''ils appellent sauver la province de Québec ; ils savent parfaitement que grâce à mes économies et avec l'aide que nous ne pouvons manquer de recevoir d'Ottawa, mon exercice financier de 1884- 85 se chiffrera non par un déficit, mais par un surplus. Or, ils se disent : M. Mousseau, que nous détestons tant, va encore rester au pouvoir pendant quinze ans. Eh bien 1 c'est le temps, profitons de l'infamie de ceux qui contestent pour
tâcher de nous en débarrasser, et d'eu débarrasser la politique.
Vous avez encore observé, messieurs, la voix de tonnerre qu'a prise M. Mercier pour publier que je donne des bonus à tout le monde, et il a eu le soin d'ajouter : " avec l'argent des autres." Eh bien, je ne sais pas si M. Mercier fait le métier depuis quelque temps de payer avec l'argent des autres ou avec l'argent des contestalions, mais moi, je n'ai pas encore exercé ce métier-là, et quoiqu'en dise M. Mercier, je paie mes dettes avec mon argent, et les dettes publiques et les affaires publiques, je les paie avec l'argent du gouvernement. Eh bien! sur ce point encore, M.^ Mercier \ 0U8 a trompés. Certains employés du chemin de fer ont été requis de faire des travaux considérables pour la livraison du ohemin, et ils n'ont été payés que ce qu'ils méritaient.
Messieurs, vous l'avez remarqué, on n'a trouvé que du mal à dire de moi dans le camp opposé. Ce n'est peut-être pas une habituole très chrétienne, mais il parait que c'est l'habitude des libéraux et je vais vous dire à ce propos pourquoi, je comprends que les libéraux arrivent si difficilement au pouvoir, et, lorsqu'ils y arrivent,
Eourquoi ils en partent si vite,écrasés sous ; mépris public.Ils ne sont pas prudents; ils raisonnent mal, les chefs libéraux on peut se dire cela entre nous, n'est-ce pas? et je dois vous expliquer pourquoi. C'est que ces gens-là, lorsqu'ils sont dans l'opposition, sont toujours extrêmes et absurdes : ils ont toujours le soin de blâmer et de flétrir des choses qu'il leur faut faire une fois arrivés au pouvoir ; et quand on les voit faire ainsi exactement le contraire de ce qu'ils avaient promis à leurs électeurs, on leur dit : Eh bien ! de deux choses l'une, ou dans ce temps-là, vous étiez malhonnêtes, on maintenant vous êtes hypocrites,et sortez d'ici.
On a eu le soin, messieurs, de ne pas vous parler des économies que j'ai faites concernant l'asile de Beauport, qui nous coûtait un montant très élevé. Le contrat fait avec cette institution a expiré le premier mai dernier. Nous payioris alors $138f par tête, et j'ai renouvelé le contrat à $132. Eh bien, sur les 1000 ou 1200 aliénés internés dans cet asile, j'ai réalisé une économie de $8,000 par année, c'est-àdire $80,000 pour les dix années que durera le contrat.
On se garde bien de vous parler de cela. On vous dira (}ue je suis un maladroit, que je suis ceci, que je suis cela, mais le bien que j'ai fait, on le taira et on tâchera de travestir les faits en les habillant de mensonges plus ou moins assaiet.nnés.
Ah ! Messieurs, à les entendre, j'ai en-
core payé des montants fabuleux à même l'argent du public. J'ai remis à M. de Molon $3,000 qui avaient été confisquées. Il y a bien, en effet, une lettre du député commissaire des terres de la Couronne disant que la vente a été annulée, mais la question de la forfaiture a été soumise au procureur-général qui occupait cette charge avant moi, et son rapport ordonnait d'annuler la vente, mais de remettre l'argent à demande. De sorte que cet argentlà n'était pas entré dans nos recettes ordinaires, attendu qu'il devait être livré sur première demande à celui qui en était propriétaire. Le rapport du procureurgénéral était fait lorsque j'ai pris la charge de ce département, et j'étais obligé de respecter les engagements antérieurs.
On a dit encore que j'avais remis $30,- 000 à M. Senécal. Eh bien ! je n'ai pas remis d'argent à M. Senécal. Un syndicat avait contracté avec le gouvernement pour une partie de l'emprunt ; il avait déposé entre nos, mains $30,000 comme garantie du marché. Le gouvernement ayant trouvé à faire un marché plus avantageux, les deux parties se sont entendues et nous avons brisé le contrat; l'argent déposé a été remis, naturellement, parce que le gouvernement que je représente n'est pas un gouvernement de voleurs.
C'était un dépôt spécial d'argent, qui devait être remis, absolument comme le serait un dépôt judiciaire qui n'est pas entré dans nos recettes.
Mais M. Mercier voulant arriver à son histoire de la fin, a fait un coup d'audace. Voyant qu'il ne pouvait me déqualifier, il a dit : " J vais poser pour la générosité, et je dirai que j'ai sauvé M. Mousseau." Ah ! Messieurs, ceux qui connaissent le fond de ce cœur un peu sale et un peu noir ne croiront pas à ces paroles ; ils ne croiront pas un mot de cette prétendue générosité, mais ils croiront à deux choses parfaitement distinctes. C'est que lorsque M. Mercier a vu que je ne voulais pas de lui dans mon gouvernement, il s est dit : je vais tâcher de le perdre ; et que lorsqu'il a vu qu'il ne pouvait pas me décapiter, comme le jage le lui a fait comprendre, il s'est dit: je vais tâcher de carotter $5,060 Voilà toute l'histoire. Mais, il est allé plus loin, et cédant à un moment d'orgueil, il s'est dit : Mais cela ne fait rien ; je le tiens toujours, et si vous avez le malheur de le réélire, je le déqualifierai cette fois.
Eh bien 1 Messieurs, ces menaces ne me font pas peur. Je serai élu, et il, n'osera
Pas contester mon élection. Mais qu'il ose ou non, cela m'importe peu.
Messieurs, je crois avoir repondu victorieusement à tous les mensonges de M.
Mercier et je vais maintenant laisser la parole à d'autres orateurs.
Merci et au revoir.