LEURS ATTAQUES.—NOTRE DÉFENSE
Je ne répondrai pas à chacune de leurs accusations sur les questions de détail ; cela
serait trop long. Je m'arrêterai à la question
Docuwr£erds
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des finances, Au reste, on peut dire jusqu’à un certain point qu'elle embrasse toutes les autres. Et n'a-t-elle pas eté la thème favori de
‘ nos adversaires dans leurs discours et leurs écrits ?
: Que disaient-ils ? 5 Fe,
‘“ Les conservatuurs ont créé une de'te de vingt millions en dix aus ; ils ont augmenté les dépenses dans une proportion alarmante ; les déficits s'accumulent d'année en années ; la province est aux trois quarts ruinée ;elle marche vers la banqueroute, etc., etc”
C'était bien là leur langage.
En vain leur disions-nous :
Que la dette avait été créée pour la construction des édifices publics à Québec, pour construire, aux frais de la province, le chemin de fer du Nord, et pour encourager par des subventions libérales la construction d’autres chemins de fer ;
Que nous avions un actif considérable à opposer à notre passif : que Ja province n'était pas endettée au delà de ses ressources ; |
En vain leur disions-nous, avant 1885, que les déficits ne seraient que temporaires, et, après 1885, qu'ils avaient cessé ;
En vain leur disions-nous qu’il était injuste
4. de nous accuser de gaspillage dans les dépenses : ordinaires, qu'il était plus facile de prêcher l'économie que de la pratiquer, etc.
Ils n'avaient nullement égard à ces représentations et répétaient sans cesse les mêmes at: taques. La
À propos de déficits, disons en passant que
Je plns considérable a été celui que nous avons eu sous le gouvernement Joly ; il se chiffre dans les six-cent-mille piastres.
Les conservateurs ont endetté la province, c'est vral; mais en même temps, ils l'ont enri-
chie et lui ont donné les moyens de rencontrer.
ses obligations sans la surcharger d'impôts.
La construction des chemins de fer a été une source de prospérité pour notre population, et une source de revenus pour le trésor public.
Nous avons vendu le chemin de fer du nord pour 8 millions dont #%400,000.09 ont été appliqués à l'achèvement de travaux dans lesquels le gouvernement s'était engagé, et qui étaient jugés nécessaires. | |
$600,000.00 ont été payés à la province, et 7 millions lui sont dus. Nous recevons $375,000.00 d'intérêt par année provenant de cette source.
En 1884, nous avons obtenu du gouvernement fédéral en considération du chemin de fer du Nord, une somme de $2,394,000.00 sur laquelle ‘il nous paie l'intérêt à 5 p. c. annuellement.
(Voir 47 Vict., chap. 8.)
Outre ces sommes provenant du chemin de fer du Nord, nous recevons annuellement du gouvernement fédéral, depuis 1884, une somuwe de $127,46).68, en vertu du statut 47 Vict, chap. 4.
Qu'il me soit permis de mentionner ici que c'est le gouvernement Ross qui a obtenu des autorités fédérales les arrangements contenus dans les deux statuts dont je viens de parler, et qui nous rapportent chaque année $247,160.68. En justice, je dois ajouter que nos réclamations
ont été accueillies favorablemnet par le gouvernement conservateur d'Ottawa, et que nous avons eu le concours actif des députés ministériels.
Cette recette additionnelle n'aurait pas suffi à rétablir l'équilibre dans nos finances si le gouvernement Ross n'avait pratiqué l'économie.
Nous avons compris qu'après les grandes entreprises. menées à bonne fin par nos prédécesseurs, nous pouvions, nous devions même nous arrêter un peu et examiner avec soin la position financière de la province. Ce rôle était sans prétention, mais les circonstances nous l’imposaient. Notre premier devoir était de mettre fin aux déficits. Nous y avons réussi, et le ler juillet 1885, nous avions la satisfaction d'annoncer à la pro: vince un budget en équilibre. C'était la récompense de nos modestes efforts. La position n’était pas moins bonne le 1er juillet 1886, elle s'était même améliorée. Pour être plus exact, je devrais dire que le 1er juillet 1885, nous avions un surplus de #24,950.00 ; mais sur un budget de plus de trois millions, je n’appellerai pas excédant ni déficit une somme de $25,000.00.
Nos adversaires n'ont pas eu la loyauté de reconnaître cet état de choses satisfaisant ; ils l'ont nié et nous ont accusés de tromper le public. Le 11 mai 1886, dans l’assemblée légis-
lative de Québec, M. Shehyn disait : ‘ Ainsi,
“ en prenant l’état même que nous a donné le “ trésorier, on trouve que les dépenses ordinaires “ ont excédé les recettes ordinaires de $78,525,84, “c'est-à-dire qu'il y a dans le budget des
‘ dépenses et des recettes ordinaires un déficit “ de $78,525,84.
‘ Ces chiffres, pourtant, ne comprennent pas ‘une foule d'autres obligations laissées en ‘“ souffrance, dans le but d'établir un équilibre ‘apparent entre les recettes et les dépenses “ ordinaires.”
Puis il ajoutait :
“ D'après les comptes publiés, les recettes “ ordinaires de la province: ont été: Pour ‘l'exercice de 1885, de $%2,988,968.69. et les ‘ dépenses ordinaires, toujours d’après les ‘“ comptes publiés, out été : ‘ Pour l'exercice ‘1885, de $3,156,518.00.”
Ainsi, pour l'annés ficale finissant le 89 juin 1885, il y avait, d’après M. Shehyn, un déficit de #17 2,549.11
Voir “ Débats de la législature de la Province de Québec ” par D'sjardins, an 1886, pages 1050 et 1058.
Voyons maintenant ce que disait læ même M.
Shehyn dans son discours sur le budget, le 12 avril 1887 :
“ En prevaut les chiffres tels que donnés par l'honorable député de Sherbrouke, l'exercice 1885 accuse un surplus de $24,950.04.
Mais les recettes comprennent $244,291,16.
provenant de l’augmentation du subside fédéral, de $42,671.84 remboursés au fonds d'emprunt municipal, en tout $286,963.00 de 1ecettes extraordinaires, comparativement aux administrations précédentes. Si l’on retranchrit ces #286,963.00 des recettes ordinaires, au lieu du petit surplus de $24,950.04 réclamé par mon
LS
honorable prédécesseur, on trouverait pour l'exercice en question un déficit de $#262,012,96."
(Voir ‘“ Débats de la législature de Québec ” par Desjardins, en 1887, pages 400 et 401)
Ainsi pour l’année fiscale expiraut le 30 juin 1885, M. Shehyn dit en substance : M. Robertson réclame un surplus de $24,950.04 ; mais si l’on retranchait $286,963,00 des recettes ordinaires, on trouverait un «déficit.
Voilà un singulier raisonnement : si l’on retranchait ! La question est de savoir s’il y a lieu de retrancher. Quant aux $244,291,16 provenant de l’augmentation du subside fédéral, il est évident qu’on ne peut pas les retrancher des recettes ordinaires, puisque c’est une somme qui doit nous être payée chaque année par le gouvernement fédéral. C'était une recette nouvelle en 1884, maïs elle n’en est pas moins une recette ordinaire. Ni l’on retranchait ! on pourrait dire la même chose du revenu des licences et de bien d’autres recettes ordinaires Si on les retranchaiït, on diminuerait d'autant le chiffre total des recettes ordinaires. M. de La Palisse ne parlerait pas autrement. Il est vrai que M.
. Shehyn n’a pas osé dire qu’il fallait retrancher
cette somme ; il s’est borné à dire : si on la retranchait. Il admet que c’est une recette ordinaire : Donc il n’y a pas lieu de la retrancher.
. Quant aux $42,67184 remboursés au fonds d'emprunt municipal, il y a bien des raisons pour les compter parmi les recettes ordinaires ; mais lors même qu'il en serait autrement, à quel résultat arriverions-nous ? Il y aurait un déficit
de #17,721.80. Ce n’est certainement pas assez pour empêcher de dire qu’il y a équilibre.
Résumons : pour l’année 1885 M. Shehyn disait en 186, qu'il y avait un défiri! de $172, 549.11, et il en résulte de son discours de | ï 1887 que le déficit n'était que de #17,721.80. Où ‘ sont ceux qui trompaient le public en 1886 ? ] Passons à l’année fiscale finissant le 80 juin |
En 1887, M. Shehyn disait à la Chambre que le déficit pour l’année finissant le 80 juin 1886 était de $810,485,02. (Voir Desjardins, p. 1058.)
En 1888, le même M. Shehyn nous dit dans son discours sur le budget (12 avril) : ‘ Pour l'exercice terminé le 80 juin dernier, l’état numéro 1, qui nous occupe en ce moment, constate un découvert de $16,044.81. À ce mon- Ÿ" tant, il faut encore ajouter l'augmentation du subside fédéral, $244,291.16 ei les $102,861.50 remboursés au fonds d'emprunt municipal, ce qui porterait à $362,697.47 l'excès des dépenses | ordinaires sur les recettes ordinaires.” (Voir Desjardins, p. 400 401.)
J'ai déjà démontré qu'il ne pent être question de retrancher des recettes ordinaires l’augmentation du subside fédéral. Quant à la somme remboursée au fonds d'emprunt municipal, ici si) 4 encore, pour abréger, je- consens à faire la , discussion comme si elle ne devait pas être comptée parmi les recettes ordinaires.
Mais M. Shehyn a tort de compter daus les dépenses ordinaires la somme de #100,000,00 votée et dépensée pour la colonisation en sus de la somme de $70,000,00 qui représente l’allo-
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cation ordinaire pour cette fin. Lorique vette somme de $100,000,00 a été votée, l'hon. M.
Robertson a dit à la Chambre ce qui suit :
‘“ Je désire déclarer que les $100,000,00 pour ‘ chemins de colonisation devront être pris sur ‘ un emprunt temporaire. On ne peut s'attendre “ que cette somme soit dépensée à méme les ‘" revenus ordinaires de la province.”
(Débats, Desjardins, 1885, p. 1500.)
Donc pour l'anuée finissant le 80 juin 1886, nous avons un budget en équilibre. Et M.
Shehyn qui nous disait, le 11 mai 1886, qne pour cette même année il y avait un déficit de $310,438,02 ! Où sont ceux qui ont trompé le publique ? N'’est-il pas intéressant de voir M. Shehyn, le grand financier du parti libéral, ainsi réfuté par lui-même ? N’avons-noux pas raison de dire que les conservateurs ont laissé les finances de la p.ovince dans un bon état, et que l’on en trouve einon l’aveu, du moins la preuve dans ies discours même de M. Shehyn, je trésorier actuel ?
Oui les conservateurs ont laissé la province dans une situation florissante, tellement florissante, que les libéraux sont allés s’en vanter en France lorsqu'il s’est agi de contracter l’emprunt de l’an dernier. N'ont-ils pas dit là-bas que notre province se trouvait dans un état prospère et qu'elle était digne de confiance?
. Îs avaient le dr.it de parler ainsi, car c'était l'exacte vérité. Mais alors pourquoi tiennent-ils ici un autre langage ?
S'ils ne trompaient pas les banquiers en France, ils cherchaient à tromper ici l’opimcon publique.
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Ils se vantent d'avoir emprunté à des conditions avantageuses ; mais cette emprunt, s’il est un succès, fait l'éloge des conservateurs qui ont administré les affaires de la province ; il donne le démenti à toutes les criailleries des libéraux. Car, on le comprend, l'emprunt n’aurait pas réussi, si le crédit de la province n'eût pas été bon, si ses finances eussent été en mauvais état.
Voilà la défense des conservateurs.
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