‹ Discours de l'Honorable M. Taillon [microforme]Chapitre 8 sur 21 · RÉGIME LIBÉRAL · texte numérisé non relu

RÉGIME LIBÉRAL

1887-88 1888-89 Législation ,.,,,,,.,,,,.,.,,,,.. $213,065,32 $190,850.00 Gouvernement civil .,,.,....,.,. 207,908.67 219,776.00 Administration de la justice ...... , 438,168.95 385,170.00 POUR rente rat seserhesé : FD00 17,316.00 Ecole de réforme, etc...,,....,,# ‘ 84,452.00 Inspection des bureaux publics... 600. 9000.00

Arts et manufactures 0000000 5 15,000.00 F

Travaux et édifices publics, ,..., À . 145,522.61 97,3C0. 76

Je laisse à ceux qui examineront ce tableau

Le soin de faire les soustractions et les additivns. N'est-il pas vrai que l'augmentation des dépenses dans l’administration de la justice et les travaux publics est énorme, et qu’elle est beaucoup trop considérable dans les autres branches du service public, surtout le gouvernement civil et la législation ?

Cette prodigalité est très condamnable en elle-mêm®; mais elle l’est encore plus quand on songe que les hommes qui s'en sont rendus coupables sont ceux-là mêmes qui, quand ils étaient dans l’oprosition, criaient au gaspillage, prêchaient sans cesse l’économie, traitaient les conservateurs de voleurs, et offraient leurs services pour former un gouvernement d'honnétes

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- aurait assez d’un protonotaire et d’un greffier

ens qui sauverait la province de la ruine, etc. Se moquent-ils assez du public qui leur accorde sa confiance !

Aussi il n’est pas étonnant que des libéraux honnêtes ne dissimulent plus leur désappointement, je pourrais même dire pour quelquesuns leur dégoût. M. G. W. Stephens, de Montréal, n'a pu s’empâñcher de blâmer publiquement cette conduits de ses anciens amis. Dans une lettre datée 19 juillet 1888 et publiée dans la ‘“ Gazette” de Montréal, il dit que si la pEtane d'économie et de réforme prêchée par les libéraux dans l'opposition était mise en pratique, les sources ordinaires de revenu seraient suffisantes et l’on n'aurait pas besoin de la taxe sur les corporations commerciales.

On a augmenté le nombre des employés publics, on .a augmenté les salaires. Nous n'avons pas les comptes publics pour 1887-88, il est vrai ; mais ceux qui ont occasion de voir de près les bureaux publics, ceux qui ont suivi les travaux de la dernière session, qui connaissent les réponses aux interpellations que nous ayons faites au gouvernement, les documents qui ont été mis sur le bureau de la chambre, ceux-là dis-je, s'expliquent facilement l’augmentation de dépenses indiquée par les chiffres que je viens de donner. Voyons un peu :

La place de protonotaire à Montréal était occupée par trois personnes conjointement, ayant chacune un salaire de $2,600,00 par an.

Bien des fois les libéraux ont dit qu'il y

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de la cour de circuit. L'un des trois, M. Hubert, décède en 1884. Pour sauver #2.600.00 par année, le gouvernement Ross décide de ne pas le remplacer. Arrive le gouvernement Mercier qui nomme M. Longpré et finit par lui donner un salaire de $4,009,00 par an, tout en conservant aux deux autres l'ancien salaire. (Voir Procèsverbaux, page 175)

Jusqu'à cette année, la cour de circuit, à Montréal comme ailleurs, était tenue par les juges de la cour supérieure, lesquels sont payés par le gouvernement fédéral. Le cabinet Mercier a changé cela et a fait passer une loi pour nommer deux magistrats de district pour Montréal. Ces magistrats sont payés par la province. La loi fixe leur salaire à $8,000.09 chacun.

Mais je crois savoir de bonne source que l’un d'eux n’a pas voulu accepter la position sans avoir de M. Mercier la promesse d’un salaire de $4,000.00.

Celui-là pressentait sans doute les app: éciations peu flatteuses que l’on ferait de sa conduite et il lui semblait que #$4,000.00 ne serait pas trop pour le consoler du mépris public. A ce point de vue, son salaire ne sera jamais assez élevé. À part les salaires des magistrats, il y a ceux de quelques employés, et d’autres dépenses que nécessitera cette cour nouvelle, lesquelles ne peuvent qu'augmenter d'année en année.

Le gouvernement Mercier a nommé wi: ingénieur des pcuts en fer auquel il donns un traitement de $2,400.00 par an. (Voir procès FO page 227.) C'est une dépense nou:

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Il a nommé un ingénieur des mines à $200,00 par an. (Page 816.) Le gouvernement Ross l’avait suvprimé.

Il y avait un gardien du terrain et des édifices de l’exposition à Montréal. Le gouvernement Mercier l’a congédié et en a nommé deux à sa place : Vallières et Carré. Celui-là au même salaire que son prédécesseur, & celui-ci à $2.00 parjour Pourquoi deux ? M. Gagnon répondant à ma question dit : ‘“ Carré a été nommé pour aider à faire la surveillance la nuit à cause du danger du feu... mais son occupation devait cesser le ler mai 1888.” (Procès-verbaux, page 310.)

On se demande pourquoi le danger du feu était plus à craindre après le ler février 1887 qu'avant, et pourquoi ce danger devait cesser le ler mai 1888. Ce qui est certain, c'est que M. Carré n’a pas partagé les craintes du gouvernement et qu'il s’est donné peu de trouble pour écarter le danger.

Mr. Fortin était chargé de visiter les travaux de colonisation. Le gouvernement Mercier l’a congédié sous le prétexte de faire de l’économie. Mais ensuite il a nommé trois autres personnes à cet emploi.

À la page 401 des probès-verbaux, M. Mercier nous dit : ‘ Il y a actuel':ment trois personnes employées pour surveiller les travaux de colonisation : Un nommé Joseph Bureau, Ph.

Trudel et Ls. Pelland. Ils sont permanents depuis le 1er juillet conrant (1888) avec un salaire de $1.000.000 chacun par année. ”

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“ Ils sont permanents depuis le 1er juillet.” Cela fait croire qu’ils étaient employés avant, à d’autres conditions. En effet, on voit à la page 879 qu'avant le 1er juillet dernier, ce M. Trudel était employé temporairement à $8.00 par jour. Les comptes publics nous donneront des renseignements quant aux autres.

Le gouvernement Mercier a payé $570.00 à Ed. Jobin, de Charlebourg’ pour faire une exploration des terrains autour da Lac des Commissaires. (Procès-verbaux, p. 399.)

Le gouvernement a payé $2,620.00 pour faire imprimer le discours de M. Shehyn sur le budget (1887). Ceux qui se connaissent dans le métier trouvent cela cher ; mais le gouvernement a partagé cet ouvrage important entre six ateliers, (procès-verbaux, p. 399). Quel gouvernement paternel !

Le gouvernement Ross avait réduit à trois le nombre des inspecteurs des bureaux publics qui avait été de cinq. Le gouvernement Mercier a porté le nombre à quatre en nommant M.

Geoffrion inspecteur des bureaux d’enregistrement à à $1600.00 par année. (Procès-verbaux, p. 401.) :

Le gouvernement Mercier a payé #1,187,77 pour faire annoncer la vente de la propriété sise en face de l'hôtel de ville à Montréal, et $310.00 pour en faire faire le plan et la division par lots. (procès-verbaux, page 423) La vente n’a pas eu lieu, et l'on ne dit pas pourquoi.

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