EN RÉPONSE A UNE ADRESSE
DES CITOYENS DE MONTRÉAL
Si enthousiastes qu'aient été les démonstrations en l'honneur de M. Cartier, de Québec à Saint-Hyacinthe, il n’y a aucun doute qu'elies furent éclipsées par la grande réception qui eut lieu le soir à Montréal. Déjà une délégation composée de MM. Galt, Ferrier, Victor Hudon, J.-L. Beaudry, et C. Leblanc, s'était rendue à Saint-Hyacinthe dans l'après-midi pour rencontrer le chef de la province. Et quand le train du Grand-Tronc arriva à la gare Bonaventure, vers sept heures, il y avait bien là dix mille personnes, accourues de toutes les parties de la ville, pour acclamer M. Cartier, Se faisant l'écho de tous, le maire, M. Starnes, lui présenta une superbe adresse à laquelle M. Cartier répondit en termes qui furent frénétiquement applaudis. Puis le canon qui déjà avait réveillé les échos du Mont-Royal, continua à gronder, une precession de plusieurs centaines de voitures s’organisa et défila au milieu des vivats, des illuminations et des décharges d'armes à feu, Montréal était en fête. Voici le texte de l'adresse :
‘4 À L'HONORABLE G.-E CARTIER, PROCUREUR GÉNÉRAL DU Bas-Canana, M. P. POUR LA DIVISION EST de MONTRÉAL,
“ Monsieur,
“ Vos amis et vos électeurs de la cité de Montréal saluent avec joio votre heureux retour au Canada.
« Ils ont suivi avec le plus grand intérêt le progrès et le succès éclatant des moyens adoptés à Londres par les délégués du Canada et des provinces maritimes, pour obtenir du gouvernement et du Parlement britanniques, l'Acte de la Confédération.
“Ils se sont réjouis de la faveur singulière avec laquelle cette mesure importante a été accueillie dans la Grande-Bretagne, tant par Sa Majesté que par les hommes marquants des deux grands partis politiques de l'empire. Son adoption à l'unanimité dans les deux Chambres du Parlement et sa sanction spéciale, immédiate, par la Reine, en sont une ruve bien satisfaisante à constater.