LES IMPORT! TIONS ET EXPORTATIONS
demande de renseignements sur une matière importante, Nous savons tous que la réciprocité commerciale entre ce pays et les Etats-Unis est une très grande question ; mais nous savons aussi qu'une loi autorise le gouvernement canadien à admettre certains articles en franchise dès que les Etats-Unis voudront les laisser entrer chez eux au mêmetitre. Si nos voisins mettent à leur pays une muraille de Chine, la faute n’en est pas au Canada.
Le député de Gloucester (M. Anglin) nous a dit que l'idée annexionniste prenait racine à Saint-Jean. Oublie-t-il ce qui s’est passé à la législature du Nouveau-Brunswick ? Quelqu'un avait fait une motion qui tendait à l'annexion ; il ne put trouver personne pour l’appuyer. Est-ce bien là la preuve que l'annexion y compte beaucoup de partisans ?
On nous a beaucoup parlé de la correspondance Woods-Potter. Cela n'empêche point que depuis l’abrogation du traité, le Canada n'ait vu augmenter sa population et sa richesse.
Quant au Bas-Canada, s’il est une chose où sa population excelle, c'est bien assurément dans l’œuvre de croître et multiplier. ( Rires.) Elle a pris par suite, un peu l’habitude de fournir plus ou moins d'émigrants aux Etats-Unis ; mais il est vrai également qu’à leur tour beaucoup d’Américains viennent s'établir au milieu de nous. Qu'est-ce qui les attire ici? se peut-il que ce soit la misère? Si l'on compare le progrès des populations, on voit que le Haut et le Bas-Canada ont triplé la leur en vingt-huit ans, au lieu que la population blanche des Etats-Unis n’a pu que se doubler en cinquante ans environ.
J'espère qu'on n’entendra plus dire dans cette Chambre que le manque de réciprocité commerciale ruine notre pays. Le gouvernement a envisagé cette question sous le vrai jour. Il en reconnaît toute l'importance. La politique d'extrême protection adoptée par les Etats-Unis, a pour effet de détruire leur marine marchande et leur commerce au dehors; mais l'expérience sans doute les rendra plus sages ; ils voudront enfin briser les entraves qui les empêchent d'ouvrir largement les portes de leur pays à toutes les nations de l'univers. Pendant que j'étais en Angleterre, j'eus le plaisir, un jour, de rencontrer M. Bright, l’un des champions du libre-échange, et je lui appris, ainsi qu’à d’autres hommes distingués, que le Canada avait moins de restrictions fiscales que l'Angleterre. Je pus établir qu'avec une population de quatre millions d’âmes, le ministre des finances du Canada serait très heu-
reux de pouvoir lever huit millions de piastres par les douanes, tandis que l'Angleterre, avec une population de trente millions, lovait sur les marchandises, vingt-trois millions sterling de droits dans ses ports, c'est-à-dire près de deux fois autant que le Canada, proportion gardée. J'eus encore le plaisir de prouver que le Canada est le pays le moins imposé de tout l'Empire britannique.
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