DÉJEUNER OFFERT PAR L'ASSOCIATION DE TIR
choisir, Je leur ai répondu qu'ils se trompaient, que ma décision avait été sage. Les mesures qu'il fallait faire adopter au sujet de la milice et des fortifications, étaient impopulaires; j'ai entrepris de vaincre les préjugés, et je suis fier de le dire, mes efforts, ma persévérance ont été couronnés de succès.
Lorsque le bill de la Milice se discutait à la Chambre, quelques députés, s’attachant à le considérer à un point de vue particulier, prétendirent que la milice volontaire allait disparaître. Sous cet Acte, cependant, quarante mille hommes devaient être appelés au service par enrôlement volontaire ou par conscription. Les camps militaires qu'on a tenus en septembre dans Ontario, Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse—une heureuse nouveauté—ont réuni ensemble des hommes venus de centaines de milles pour s'exercer pendant seize jours, et ces volontaires— c'étaient tous des volontaires—ont appris non-seulement l'exercice de compagnies, mais aussi l'exercice de bataillons et se sont familiarisés à la vie militaire.
Je ne crois pas qu'il soit de sitôt nécessaire de recourir au tirage au sort, comme l’a proposé lord Aylmer, qui est un brave officier, et fort capable. Vous verrez que ceux qui se sont enrôlés voudront continuer à servir ; s’il fallait des recrues elles se trouveraient facilement.
L'orateur parle ensuite du camp de Niagara, et de l’éloge que des officiers américains ont fait de la bonne tenue des troupes. On avait d’abord eu l'intention de rassembler quinze mille hommes dans les différents camps, mais ce chiffre s’est grossi jusqu'à vingt et un mille; l'augmentation est due à l'affluence de ceux qui venaient offrir volontairement leurs services.
J'ai dit au général américain, à Niagara, qu'il ne voyait là que l'un de nos neuf camps; que tout en désirant vivre sur le pied d'amitié avec les Etats-Unis, la prudence nous conseillait de ne pas demeurer désarmés ; que nous fourbissions nos armes, sauf à ne jamais nous en servir ; et que nous ne pensions jamais qu’à nous défendre, et non à faire des conquêtes.