‹ Discours de Sir Georges Cartier, baronnet [microforme]Chapitre 237 sur 247 · LETTRE A L'HONORABLE M. LOUIS ARCHAMBAULT · texte numérisé non relu

LETTRE A L'HONORABLE M. LOUIS ARCHAMBAULT

et vos mérites personnels et votre patriotisme. L'honneur et l'avantaze leur en reviennent.

J'ai vu avec plaisir que dans votre lutte, vous avez eu l'appui sincère des membres du clergé. Permettez-moi de vous dire que cet appui rehausse de beaucoup votre triomphe. Le grand parti conservateur de la province de Québec doit ses succès passés à son union avec les membres du clergé de toutes les confessions, et ses succès futurs devront dépendre de cette union. En répondant à l'adresse que vos électeurs vous ont remise pour moi, je suis bien aise que vous ayez fait allusion à la nécessité de cette union.

Quant à la bienveillante adresse que m'ont votée vos constituants, je vous prie de leur communiquer mes vifs sentiments de reconnaissance. Dites leur bien que les actes d'ingratitude semés ça et là dans 1a carrière politique ne peuvent faire germer chez moi le dégoût ni le découragement. Je sais que dans les luttes politiques, sous notre système libre de gouvernement, les mensonges, les mauvaises passions et les préjugés ont quelquefois le dessus, mais les mécomptes qui en peuvent résulter au lieu de décourager doivent encourager l’homme public, s’il a réellement un cœur patriotique et énergique. Il me semble que le mien possède ces deux qualités, et le résultat de la dernière élection de Montréal-Est n'interrompra aucunement ma carrière politique. Ce résultat n'affecte en rien la force, la vigueur et la puissance du grand parti conservateur de la province de Québec, et ce grand parti me trouvera toujours prêt à le servir, s’il continue de m’honorer de sa confiance.

La dernière élection de Montréal-Est doit exciter plutôt un sentiment de commisération que tout autre. La meilleure appréciation que l’on en peut faire est que ce n’est qu’une bévue électorale passagère et que les électeurs seront les premiers, avant qu'il soit longtemps, à corriger l'erreur qu'ils ont commise. Dans tous les cas, cette erreur ne peut que les atteindre eux-mêmes et ne peut retomber sur le parti conservateur de la province de Québec, ni sur le parti qui donne son appui dans toutes les provinces au gouvernement de la Puissance.

J'ai l'honneur d’être, Mon cher Monsieur, Votre très humble serviteur,

GEO.-ET. CARTIER, Montréal, 21 septembre 1872.

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