‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 194 sur 286 · LADMINIBTHATION DE LA JUSTICE · texte numérisé non relu

LADMINIBTHATION DE LA JUSTICE

l'ont entondu déclarer que àx des jugée du Baa<^iiada étiùent des invalides que l'fige, les maladies chroniques ou la débilita rendaient inaptes à exercer leun hantes fonctioDs. Il a même accusé l'un d'eux d'être on sujet de scandale pour la magÏBtnture, par son immoralité et ses habitudes d'intempérance. Je n'ai jamais été l'auteur de la nomination d'nn juge de ce calibre. Lw jugée ou conseils de la Reine du Bas-Canada, qui me doivent leur nomination, peuvent avantaj^eusement soutenir la comparaison avec ceux qu'a recommandés l'honoi-able député. Je n'héeitâ pas à admettre que l'administration de la justice a soufiêrt de l'fige de quelques-uns dee juges. Ce n'est pas 1& un déshonneur pour la magistrature, ni un amoindrissement de son prestige. ]fus telle qu'elle est, elle peut Stre avantageusement comparée à ce qu'elle était antérieurement à 185T, à l'époque où j'ai entrepris la t£che ardue de &ire marcher la réforme judiciùre de pair avec l'économie, en créant de nouveaux districts et en pourvoyant aux besoins existants à moinsde jraisque |)ar le passé. Le nombre total dee jugée du Bas-Canada n'est que de ving-trois, tandis que l'on on compte quarante dans le Haut- Canada. C'est un chiffre de beaucoup supérieur, si on le compare \ la population des deux provinces. Le régime que j'^ établi a Tacilité l'expédition des affaires, ou faisant disparaître la né(.-esâté où se trouvaient les juges d'être tous présents au tribimal, pour rendre leurs déc-iùons. Notre organisation judiciaire vaut autant que celle lie n'importe quel pays, la perfection n'étant pas de ce monde. Le jugement impartial d'un magistrat honnête, mérite autant de con- Bance qu'un tribunal composé de plnaeuts juges, dont les jugements K>nt exposés à être faussés par dessentiments d'antagonisme mutuel 3u de condescendance blfimable. L'organisation judidiûre que j'ù établie, en dépit de la profession légale de la province, qui a lutté contre cette mesure et qui donne encore aujourd'hui un exemple frappant de son mécontentement, a été mise en fonctionnement, ians rien ajouter aux chai^^ publiques et continue à fonctionner avec succès, malgré les difficultés créées par les infirmitës de quelques-uns des magistrats.

J'ai trop de générosité pour m'attaquer il ceux d'entre eux que es infirmités affligent. Je crois plutfit qu'un juge qui s'avoue ncompétsnt, par suite d'infirmités, i exercer ses fonctions avec toute l'efficacité voulue, mérite le respect et la sympathie générale.

M^je proteste énergiquement contre l'assertion qu'il y a eu Bas-Canada, ti<eize juges incapables de remplir les devoirs de leurs

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charge. Quand à ceux qu*on a stigmatisés, comme immoraux et malhomiétes, je défie l'honorable député d'Hochelaga de les nommer. L'honorable député a accusé généralement les conseils de la Eeine. Je suis tout à fait préparé à justifier mes nominations et à les défendre. Si je voulais être indiscret, je pourrais révéler le nom d'un personnage que l'honorable député a cherché à âûre placer et dont le caractère ne pourrait guère souffiir l'examen. Je ne commettrai pas une telle indiscrétion. Je possède un secret que je me propose de garder en moi-mdme. (On rit beatLCOup,) • J'en reviens aux juges que j'ai fait nommer. Dans le cas du juge Badgley, qui a eu l'infortune d'être frappé d'infirmité, je ferai remarquer que quelques-unes des meilleures décisions rendues par un des juges les plus éminents le juge Barton, l'ont été pendant qu'il était complètement aveugle.

Au sujet de M. le juge Drummond, je ne dirai rien des accusations portées contre lui, dans la presse, sauf que les déclarations des journaux sont loin de m'inspirer une confiance absolue et que je ne crois nullement à ce dont on l'accuse.

Je ne puis que décerner des éloges aux membres de la magistrature. A Montréal surtout, elle est remarquable. Aucun avocat de bonne foi ne peut se plaindre du juge Mondelet dont l'application au travail et la compétence sont incontestables. S'il y a dans la magistrature un juge désireux et capable de faire honneur à sa position, par sa fidélité et son impartialité, c'est bien le juge Berthelot. (Ecoutez ! Ecoutez !) Le juge Monck est l'ornement de sa profession. La magistrature de n'importe quel pays serait fière de le posséder. J'ai recommandé la nomination du juge Meredith et celle du juge Taschereau qui se distingue par son amour extraordinaire du travail ; ce qui est la meilleure qualité qu'un avocat puisse posséder. Tout le monde reconnaîtiti les brillantes âtcultés et le talent de M. le juge Johnson, également versé dans les deux langues. Personne de ceux qui ont lu le rapport des procès des prisonniers féniens qu'il a été appelé à juger ne peut s'empêcher d'admirer le tact et la science qu'il a déployés, dans l'accomplissement de cette oeuvre difficile. Nos autres juges ont droit au même respect et à la même estime. Le juge Winter est un de ceux qui ont le plus de titres à la confiance et à la considération publique. Si l'on me parle du juge LaFontaine, je déclarerai que je suis responsable de sa nomination, et je défie l'honorable député d'Hochelaga de dire un seul

mot contre l'honneur et la compétence de ce magisti'at. Je sais

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