ADRESSE EN RÉPONSE AU DISCOURS DU TRONE
préalable la population. Lee évënementB sarvenus ensuite ont prouvé que la Compagnie de la Baie d'Hudson n'était pas aussi impopulaire qu'on avait pu le supposer. A ce propos, je dirai que M. McDougall, avant d'accepter la charge de lieutenant-gouverneur, m'avait demandé si j'appuierais sa nomination ; je le lui promis et je tins parole. Si M. McDougali eût pu pénétrer dans les territoires du Nord-Ouest, et expliquer à leurs habitants ce que devait être la politique gouvernementale, je ne doute pas qu'il n'eût pressé le développement des immenses ressources de ce pajrs.
Je ne parlerai point du contenu de documents officiels qui ne sont pas encore publiés ; je m'en tiendrai à ceux dont nous devons la connaissance à deux grands journaux de Toronto, le Telegraph et le Globe. Il est regrettable que certaines feuilles cherchent à attiser le feu de la discorde dans l'Est, parce que les passions ont été soulevées au Nord-Ouest, et à provoquer un conflit national. U ne s'agit pas en ce moment d'une question de nationalité, pour ce qui est du gouverneur de là-baa Prétendre le contraire c'est fausseté et malice. N'allons pas oublier, toutefois, que dans les différentes provinces, les Canadiens-Français sont au nombre de 1,250,000. Ils sont originaires de la France, c'est vrai j mais ce sont aussi de fidèles sujets britanniques, et je proteste au nom de ma race contre l'injustice qui lui serait £ûte, en ne lui donnant pas la part d'honneurs qui lui appartient. Je le demande, si j'eusse été nommé gouverneur, moi qui n'a que du sang français dans les veines, et qui défie, cependant, n'importe quel Anglais, Irlandais ou Ecossais, de montrer par ses actes qu'il est plus loyal que moi, auriez-vous combattu ma nomination ? (^Non ! Non /) La libéralité de la majorité du Bas-Canada à l'égard de la minorité, est-elle donc inférieure à celle de la majorité des autres provinces ? En 1775, les Canadiens-Français ont fût assez paraître leur loyauté, et noiis pouvons demander hardiment ce que serait aujourd'hui l'Amérique britannique du Nord, s'ils eussent cédé aux sollicitations de Eochambeau, de l'amiral d'Estaing et deLafayette luimême ; s'ils eussent prêté l'oreille aux promesses et aux offres du général Washington.
D est heureux que l'Acte de 1791, qui tendait à créer une province française et une province anglaise, n'ait pas eu plus d'efi'et, et que les races se soient mêlées. Ainsi, nous comptons dans le Bas-Canada 800,000 Canadiens-Français, et 250,000 Anglais, d'après le dernier recensement
Quant à la Eivière-Eouge, ce ne doit pas être une province de Québec, d'Ontario, de la Nouvelle-Ecosse ou du Nouveau-Brunswick, mais une province sui generis, ouverte à tous sans distinction. Si nous avions des relations plus suivies, plus intimes, nous deviendrions plus unis.
La politique du gouvernement à l'égard du Territoire de la Eivière-Eouge, est toute de conciliation, et je suis heureux de voir que la modération des Métis et l'inefPusion de sang en faciliteront la mise en usage. Je suis sûr que la population qiii n'ignore plus la nature des instructions envoyées là bas, saura apprécier l'esprit dans lequel elles ont été conçues.
Il est absolument faux que Mgr Taché ait fomenté les troubles et nous n'avons, pour nous renseigner à ce sujet, qu'à lire sa correspondance avec le gouverneur McTavish, ainsi que les instructions données par lui aux institutions religieuses pour la réception du gouverneur McDougal).
En ce qui concerne l'état de la milice, je dois déclarer qu'il y a 43,000 hommes d'enrôlés, ce qui représente un excédent de 3,500 provenant de la province d'Ontario. Il y aurait du également un excédent dans les provinces de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau- Brunswick, sans certaine différence dans la législation.
Le gouvernement ne doit pas être blâmé à cause du retard apporté à l'entier accomplissement de la Cîonfédération. Pourquoi refuserait-on aux auteurs de cette mesure le temps qui a été accordé au gouvernement des Etats-Unis pour l'œuvre de la reconstruction après 1865, et aussi pour l'œuvre même de l'Indépendance, quand tout d'abord le New- Jersey et le Ehode-Island refusaient leur accession ?
Les esprits s'apaisent à la Nouvelle-Ecosse, où l'opposition stérile faite à la nouvelle constitution montre la sagesse de cette dernière. En ce qui a trait à la question de notre indépendance, nous avons cru devoir prier le député de Sherbrooke d'accepter un portefeuille, sachant qu'il ne voulait pas d'une déclaration immédiate d'indépendance, et que, selon lui, il valait mieux que le Parlement évitât de se prononcer maintenant là-dessus.
SiB Georges Cartier railla le représentant de Sherbrooke sur le ralentissement de son agitation, et le découragement que lui avait causé sa première assemblée, découragement tel qu'il avait refusé d'en tenir une seconde, bien que lui (sir Georges) et