RETRAIT DES TROUPES ANGLAISES DU CANADA
nement britannîqae croyait nécessaire de retirer ses troupes, comme il semble décidé à le faire, le gouvernement canadien espère que cette déeii>ion ne sera mise à exécution que lorsque les sentiments hostiles dont fait preuve cette organisation, seront entièrement disparus, ce qui n'a pas encore eu lieu, comme le gouvernement impérial ne l'ignore pas.
Il est bon que le gouvernement impérial sache que la milice active, comprenant plusieurs mille hommes, a été appelée sous lee armes, au prix de dépenses considérables durant le mois dernier et que les menaces continuelles des féniens ott obligé le Parlement canadien à suspendre Tacte de YSabeas corpus. Les préparatifs faits par le gouvernement canadien pour résister aux attaques dont il est ainsi menacé ont pu dissuader ces hommes de donner suite à leurs desseins. Mais on rapporte, cependant, qu'ils se préparent à attaquer quelques parties du Territoire du Nord-Ouest.
Tant que durera l'organisation fénienne le gouvernement canadien estime que, comme elle s'est formée non contre le Canada, mais contre le gouvernement impérial, on devrait laisser en Canada un nombre suffisant de troupes de Sa Majesté pour aider à repousser toute invasion de ces bandes sans frein ni loi.
Une autre importante raison pour laquelle les troupes actuellement en Canada ne devraient pas être retirées, ce sont les troubles mêmes qui ont éclaté au Territoire de la Eivière-Eouge et qui malheureusement continuent, ce qui suffirait déjà à rendre nécessaire la présence d'un certain nombre de troupes de Sa Majesté en Canada, pour les employer dans le Territoire.
Si aucune réponse n'a été donnée à la dépêche du très honorable secrétaire d'Etat pour les Colonies, en date du 14 avril 1869, on lie doit pas en inférer que le gouvernement canadien acquiesce à la politique du retrait immédiat de la plus grande partie des troupes qui sont dans l'Amérique britannique du Nord, ni que lopinion du gouvernement canadien sur ce sujet a été souvent communiquée au gouvernement impérial, notamment par un arrêté du Gouverneur général en conseil du 21 janvier 1869, transmis par dépêche de la même date. Une telle mesure serait impolitique, tant que l'organisation fénienne continuera d'exister.
De plus, tandis que la dépêche du 14 avril 1869 avertissait le gouvernement canadien de la détermination finale prise parle gouvernement impérial, de retirer ces troupes, les termes même de la dite dépêche portaient le gouvernement canadien à supposer que
lear retrait n'aurait pas lieu à une époque si prochaine et très certainement tant que les fëniens continueraient à menacer le Canada.
On doit aussi se rappeler qu'à la date de Tenvoi de la dépêche du 14 avril 1869, le gouvernement impérial était sous l'impression que l'organisation fénienne disparaîtrait bientôt. Cela malheureusement n'a pas eu lieu.
lo. Si la politique impériale a irrévocablement décidé de réduire de la manière énoncée dans la dépêche du très honorable Secrétaire d'Etat pour les Colonies, du 12 février 1870, le nombre de troupes régulières actuellement stationnées dans les diverses parties de la Puissance du Canada, nonobstant les représentations faites, le gouvernement canadien ne peut comprendre pourquoi on ne maintiendrait pas une garnison permanente à Québec, comme on se propose d'en établir une à Halifax, et il sent qu'il est de sou devoir d'insister auprès du gouvernement impérial sur l'absolue nécessité d'une garnison permanente à Québec, composée de troupes régulières de Sa Majesté.
2o. On ne doit pas perdre de vue que Québec est la principale place fortifiée de la Puissance, et qu'elle est la porte d'entrée du fleuve Saint-Laurent, occupant par rapport à ce fleuve et aux grands lacs à peu près la même position que Gibraltar pour la Méditerrannée. Le gouvernement canadien espère donc, que le gouvernement impérial sera induit par ces considérations à adopter telles mesures convenables pour que Québec continue d'avoir une garnison permanente. '
3o. A l'égard de la formation d'un régiment colonial parmi les réguliers actuellement en Canada, avec quartier général en Angloterre, dans le but do donner l'instruction militaire aux officiers et soldats de la milice canadienne, le soussigné n'est pas prêt à recommander l'adoption de la proposition soumise.
4o. Eelativement aux ouvrages de fortification que l'on se propose de faire, le soussigné renvoie à l'Acte du Parlement canadien
1 En réponse à ce mémorandum, le secrélaire d'Etat pour les Colonies écrivit, le 23 juin 1870, que le gouvernement impérial ne pouvait accepter de moditier sa politique et d'établir une garnison en permanence à Québec, mais qu'il consentait à diiïérer le retrait de la brigade des carabiniers jusqu'au retour à l'automne des troupes de service à la Rivière-Rouge, et que cette brigade serait casernée à Québec comme détachement de la garnison d'Halifax.