APBÈS LEUR DÉFENSE DE LA FRONTIÈRE CONTRE
l'invasion FÉNLANE prononcé le 4 juin 1870 A LA SALLE DU MUSIG HALL RINK A OTTAWA
Au printemps de 1870, les Fénians des Etats-Unis firent une nouvelle tentative pour envahir le Canada. La première, celle de 1866, avait misérablement échoué, mais ils crurent cette fois qu'ils auraient plus de chance. Pleins d'ardeur, nos volontaires coururent à la frontière et montrèrent que notre antique vaillance ne demandait qu'une occasion pour éclater avec un nouvel éclat. Mais les envahisseurs n'étaient pas dignes de leurs armes, et, à la première rencontre, ils se sauvèrent avec une ardeur incomparable. L'auteur de ces lignes alla passer quelques jours au milieu d'eux, à Saint-AIbans, en qualité de correspondant de la Minerve, et il en rapporta l'impression que ces fénians, recrutés dans les bas-fouds de la société, étaient tout simplement une bande de voyoux capables de n'importe quel crime et de toutes les lâchetés. Parmi les corps volontaires qui furent appelés à prendre les armes, se trouvaient le 43e bataillon du comté de Carleton et la Compagnie des Ottawa Rifles, commandée par le capitaine Mowat. Leur retour à Ottawa Ait salué avec un enthousiasme qui atteignit toutes les classes de la population. Les militaires de la ville, musique et drapeaux en tète, se portèrent à la gare du chemin de fer pour aller les acclamer. Les braves firent conduits triomphalement à la salle du Music Hall Rink, où les attendait un déjeûner succulent. Ils y furent reçus par plusieurs des plus hauts dignitaires du pays : Son Excellence, sir John Young, gouverneur général, sir Georges Cartier, ministre de la milice, les honorables MM. Tilley et Howe, l'honorable M. Skead, sénateur, M. Currier,
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M. P., le Dr Grant, H. P., le maire, etc. Après le déjeûDer commeocërent les discours, et le maire qui préaidait fit l'éloge de sir Georges Cartier, déclarant qua M toi sur ta milice était la meilleure qui eût jamais été soumise au Parlement. Appelé à répondre à la santé du ministère, air Georges Cartier parla daoa des tenues qui furent chaleureusement applaudis.
Qu'il plaiae L Votre Excellence, Yolonteirea de Is Uilîce et Soldato de l'Armée Canadienne.
La première foia que je tous ai adressé la parole, je tous ai baptisés du nom de " Soldats de l'Armée Canadienne." Ces mots ont pu vous étonner alors par leur nouveauté, mais eet-tx que lea événements qui viennent de se produire n'ont pas amplement prouvé que j'avais raison de vous appeler ain^, et que vous méritez bien à tous les titres de former partie de " l'Armée Canadienne " ?
Depuis deux mois vous démontrez par vos actes que le Canada possède une organisation militaire qui a toute la valeur d'une armée, une organisation dont les fonctions sont réglées, qui est soumise à une paiikite discipline el prête d'une extrémité i l'autre de la Confédération, à entourer nos drapeaux do troupes bien commandées et capables de faire face & l'ennemi au premier âgnal, fc une heure d'avis I Ce devoir vous l'avez prompteraent et noblement rempli, comme l'Angleterre et les Etats-Unis le savent fort bien à l'heure qu'il est.
Je crois qu'il importe beaucoup que l'Angleterre ne l'ignore pas, je crois également qu'il importe beaucoup que les Etats-Unis sachent aussi que le Canada possède une armée de volontaires, composée de fils de cultivateurs et d'habitants des villes, une armée forte de 43,000 hommes, qui, à un moment donné, peuvent entrer en campagne. Bien qu'en cette circonstance je no m'adresse qu'à 450 de ces braves, n'oublies pas, cependant, Messieurs, que vous faites partie d'une organisation qui s'étend de Sarnia à Halifax, dieons pour le moment jusqu'à Stanstead, où les volont^ree ont en à combattre. Eh bien, ces volontaires sont vos frères d'armes, et là, comme vous ici, ils ont déployé la plus grande ardeur pour défondre notre commune patrie et foire respecter le drapeau de cotre Seine.
Je n'ignore pas, que l'on avait prétendu que l'organisation militaire du Canada n'existait que sur le papier. Espérons que les
événements qui viennent de se produire suffiront pour démontrer Tabsurdité de pareilles allégations. Lorsque se fit entendre la première menace d'invasion, en 1866, nos volontaires accoururent se ranger sous les drapeaux. L'ennemi, à la vue de nos préparatifs, se hâta de battre en retraite. Nouvelle alarme cette année. Cette fois, il s'agissait d'une invasion réelle, d'une invaî^ion armée. Les volontaires se levèrent de nouveau pour protéger la frontière de Sarnia à Stanstead ; et elle a été protégée effectivement par 9,000 hommes de votre valeur, bien armés, bien vêtus ; en un mot, 9,000 hommes parfaitement propres pour la guerre, et ce n'était même pas là le quart de notre milice ; si nous avions eu besoin de nouveaux bataillons, nous aurions pu appeler un autre quart, et puis un autre, et pour appuyer ceux-là, il nous serait encore resté des milliers d'hommes qui auraient volé à la défense de la frontière avec le même zèle que vous. La milice du Canada a été mise à l'épreuve, et Dieu merci, elle a noblement fait son devoir.
La plupart d'entre vous. Messieurs, lisez les détails parlementaires ; vous ne devez donc pas ignorer quelles difficultés j'ai eu à vaincre pour obtenir les fonds nécessaires à l'organisation militaire de ce pays, combien de fois, ne m'a-t'on pas répondu, quand je demandais des crédits au Parlement, que c'était de l'argent gaspillé à jouer an soldat ? Le triomphe que vous venez de remporter est la preuve la plus convaincante que l'argent voté a été utilement employé, et met hors de doute que les précautions prises par nous étaient opportunes. Vous ne sauriez croire, Messieurs, combien il a été difficile au ministre de la milice de convaincre la Chambre des Communes, qu'il était de la plus grande urgence de voter les crédits voulus, si élevés qu'ils fussent, et que c'était de l'argent bien mieux placé que ne semblaient se l'imaginer certains économistes politiques. A présent je suis sûr que le budget de la milice sera voté de bien meilleure grâce, car la valeur de notre organisation militaire n'est plus contestable : et la dépense qu'elle entraîne n'est rien, comparée à la sécurité qu'elle nous garantit.
Ah I Messieurs, vous avez joué au soldat ! oui, mais du moins vos succès démontrent que les leçons vous ont été profitables, puisque c'est en jouant ainsi au soldat que vous avez pu éviter au pays d'être envahi par une horde déguenillée de brigands, qui avait projeté de ravager nos campagnes et nos villes. A ces ignobles envahisseurs, vous avez barré le chemin, et par vos efforts et votre