‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 242 sur 286 · CHEMINS DU NORU ET CANADA CENTRAL · texte numérisé non relu

CHEMINS DU NORU ET CANADA CENTRAL

M. le Maire, Kessieurs,

J'ai l'honnear de voaB BOumettrc tout d'abord la r^solutioii aoi- TaDt«, appuyé par l'honorable M. Ityaa : " Que l'importance toujours croiseao le des relations commercialee et autres entre la vallée de l'Ottawa et la ville de Montréal rend désirable l'établisHement de communications plus promptes et plus faciles entres ces deux localités, et que c'est avec satisfaction que les citoyens de Uonttréal ont appris la formation d'une compagniedeatinée à construire un chemin de fer qui reliera d'une maniëi'e plus directe les villes de Montréal et d'Oitawa, tout en donnant à un territoire considérable, privé jusqu'ici de chemins de fer, l'avantage de communications plus rapideed'uncfi té, avec la capitale po1itique,et de l'autre, avec la capitale commerciale du Canada." {Applaudinements.')

Depuis diz-huit ans, mes occupations politiques ou miniatéiielles ne m'ont pas permis de séjourner longtemps au mUieu de mes (électeurs, de mea concitoyens de Montréal. Hais je ne me suis pas moins constamment intéressé 1 tout ce qui pouvait contribuer au bienStre, à la prosi^érité et à la grandeur de Montréal, dont ht ricbcMe est utile au Canada tout entier. Je salue avec bonheur l'entreprise que l'on projett«, en vue des résultats énormes qu'elle doit amener. Ce chemin dont on parle sera, en effet, un autre chaînon de ces voies de communications, qui, avec le (rrand-Tronc et r Intercolonial, se rattacheront un jour au chemin du Faàfique, pour ne former qu'une ligne de chemin de fer depuis Halifax juaqu'^ Victoria, d'un océan à l'autre I

Ce n'est du reste, qu'à l'aide de cet immense réseau de voies ferrées qu'il est pos^ble d'unir d'une manière très étroite, politiquement et oommercialemeut, les diverses provinces qui constitueront la Confédération de l'Amérique britannique du Nord.

On ne saurait vraiment entreprendre l'exécution de pareils travaux dans des circonstances plus favorables. La Puissance du Canada n'existe que depuis quatre ans, et elle excite déjà le plus vif intérêt. Il ne faut pas qu'elle s'arrête aux Montagnes Hocheuses, mais il faut qu'elle ait pour bornes les limites même de Vancouver et de la Colombie-Britannique sur les côtes du Pacifique, n faut que les porta d'Halifax et de Yictoria servent de points de départ, l'un à l'Est et l'antre à l'Ouest, aux vaisseaux à destination

dee autres continents, et que, par nos voies transcontinentales, transite tôt ou tard, en nous enrichissant, le commerce étranger.

L'importance de cette Puissance en formation est parfaitement comprise en Angleterre, dans l'Europe continentale, ainsi que par les Américains, bons juges en ces matières. Nous serons plus tard la grande Puissance du Nord. La configuration géographique de notre pays est supérieure à celle des Etats-Unis, en ce sens qu'ils n'ont pas cette profondeur de territoire que nous possédons. Notre position est telle que nous n'avons pas à craindre d'ennemis au Nord, nous occupons ici à peu près la position de la Eussie en Europe, inattaquable aussi par le Nord.

Nous grandissons rapidement à l'ombre du drapeau britannique et notre métropole peut être fière de nous. Personne n'ignore ce que l'école radicale en Angleterre pense depuis longtemps de la conservation du système colonial, mais ne faisons pas à la nation anglaise l'injure de croire qu'elle approuve les calculs mesquins de ses radicaux. Dans peu, nous nous verrons probablement mieux appréciés de tout le monde, et un seul cri s'élèvera des Trois-Iles pour acclamer la valeur de nos volontaires, qui ont si vaillamment repoussé les hordes envahissantes. ( Vives acclamations,)

Après quelques autres observations, sir Georges termine son discours en di(^ant que notre condition politique exige la construction du chemin de fer du Pacifique ; il est heureux de le voir mentionné dans les résolutions qui seront proposées, et espère que, en face de son intérêt qui l'y invite, la ville n'hésitera pas à voter un million de piastres en faveur des nouveaux chemins de fer que réclame hautement l'opinion publique.

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