‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 253 sur 286 · AU DÉJEUNER OFFERT PAR L'ASSOCIATION DE TIR · texte numérisé non relu

AU DÉJEUNER OFFERT PAR L'ASSOCIATION DE TIR

A MONTRÉAL

M. le Président et Messieurs,

Les membres de la Chambre des Communes présents à ce déjeuner se rappellent sans doute que lorsqu'il fut question de former le cabinet, je priai mon chef, sir John- A. Macdonald, de me laisser le choix d'un portefeuille, et que j'optai pour celui de la milice. Je demandai ce portefeuille parce qu'il était l'un de ceux qui me paraissaient entourés de plus de difficultés.

Vous vous souvenez que mon gouvernement fut renversé, en 1862, à l'occasion de l'organisation de la milice. Or, je n'aime pas à être battu. Tous ceux qui m'entourent ont eu une fois ou l'autre, une mauvaise étoile ; mais pour l'homme d'énergie, l'insuccès n'est qu'un stimulant qui l'anime à redoubler ses efforts ; pour les énergiques, l'échec porte toujours leçon à fruit.

Comme exemple de ma force de persévérance, le président vous a raconté, avec gaité, pourquoi je n'ai plus famé dépuis l'âge de treize ans : voilà quarante-quatre ans de cela. Fort bien 1 Mais c'est là une vertu négative. Quand il m'est arrivé de faillir soit écolier au collège, soit étudiant en droit, soit avocat ou homme politique, j'ai toujours cherché à me rendre compte à moi-même de la faute, afin de la réparer par un travail positif. Je n'aurais profité ensuite d'aucune leçon, si je n'avais pas profité de celle dont tout à l'heure, le récit vous faisait rire.

Devaisje, à cause des difficultés du ministère de la milice, l'abandonner, pour en prendre un autre ? Non, certes. Des amis cependant m'ont dit alors que j'avais eu tort, et que j'aurais pu mieux

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