‹ Discours de Sir Georges CartierChapitre 272 sur 286 · A L'OCCASION DE SON ÉLECTION GOMME LEUR REPRÉSENTANT · texte numérisé non relu

A L'OCCASION DE SON ÉLECTION GOMME LEUR REPRÉSENTANT

Les électeurs français de Manitoba avaient acquis une dette de reconnaissance envers sir Georges Cartier, qui n'avait pas peu contribué au règlement de leurs difficultés et à la reconnaissance de leurs droits. Ils ne Turent pas lents à montrer leur gratitude, car en apprenant sa défaite, ils s'occui)èrent de lui offrir le mandat de Provencher. MM. Louis Riel et Henry-J. Clarke, ancien procureur général, étaient candidats dans ce comté, mais ils n'hésitèrent pas à s'effacer en faveur de sir Georges Cartier, du consentement de leurs partisans mutuels. M. Riel eut une compensation sous forme d'un mandat à la Chambre locale, qu'il ne put Jamais remplir. C'est le 14 septembre 1872 que sir Georges Cartier fut élu député de Provencher, son bulletin de présentation étant signé par les personnes suivantes : l'honorable Joseph Royal, secrétaire provincial, Pierre Delorme, M. P., Joseph Lemay, M. P. P., Ambroise Lépine, André Nault, John McTavish, M. P. P., A.-A.-C. La Rivière, André Beauchemin, M. P. P., Louis Schmidt, M. P. P., Joseph Oubuc, M. P. P., Pierre Parenteau, Joseph Turenne, régistrateur, etc., etc. Quelques jours après, sir Georges Cartier adressa une circulaire aux électeurs de Provencher pour les remercier de l'honneur qu'ils venaient de lui faire. Cette circulaire était accompagnée d'une lettre à M. A.-A.-G. LaHivière, devenu depuis député à la Chambre des Communes pour le môme comte.

Montréal, 25 septembre 1872.

Mon cher Monsieur,

J'aurais voulu pouvoir répondre plus tôt aux électeurs de Provencher et aux amis qui m'ont procuré l'agréable surprise de

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m*élire par acclamation pour cette division électorale, mais la presHC des afTaires publiques, et aussi l'état de ma santé, sont les causes du délai que j y ai apporté.

Veuillez bien croire que je vous suis personnellement reconnaissant de ce que vous avez fait pour moi en cette occasion.

Je vous envoie, avec la présente, une lettre de remercîment aux électeurs de Provencher. Je serais heureux de la voir publier dans le Métis, aussitôt l'arrivée de la présente.

Croyez-moi bien,

Mon cher monsieur LaRivière,

Votre dévoué serviteur,

GEO.-ET. CARTIER A.-A.-C. LaRivière, Ecr.

Winnipeg.

Aux Électeurs de Provencher, Messieurs,

Je dois de Buite vous remercier de Thonneur que vous venez de me faire en m'élisant par acclamation pour représenter votre intéressante division électorale dans les Communes de la Puissance du Canada.

Je ne pouvais m'attendre à ce degré de confiance de votre part. Je ne sais si je m'abuse, mais ma conscience et ma conviction semblent me dire que mes collègues et moi dans le gouvernement de la Puissance, avons, dans la mesure de notre pouvoir, fait ce qu'il nous a été possible de faire pour rendre justice à votre province et la doter d'institutions politiques qui la mettent sur un pied d'égalité avec les autres provinces. Pour l'accomplissement de ce projet, il nous a fallu lutter contre beaucoup de préjugés. J'ose présumer que dans l'élection que vous venez de faire, vous avez dû prendre en considération non-seulement ce que j ai pu faire moi-même comme ministre pour assurer le bien-être et la prospérité de votre province, mais aussi ce qui a été fait par le gouvernement pour réaliser un si désirable objet.

Vous et votre province avez des amis sincères dans les différentes provinces de la Puissance et spécialement dans la bonne vieille province de Québec, qui a toujours sympathisé et ne cessera

jamais de sympathiser avec vous, et qai fera toujoars tout en son pouvoir pour que la concorde et Tharmonie, qui heureusement régnent chez elle entre les différentes races et les différentes croyances religieuses, régnent de même chez vous entre les différentes races et les différentes croyances religieuses qui divisent les habitants de votre province.

Je puis vous donner Tassurance que le grand parti conservateur de la province de Québec, qui a tant contribué par son influence, à doter votre province d'institutions libres, apprécie avec gratitude , Tacte électoral que vous venez de faire.

Quant à moi, je n'ai pas besoin de vous dire que j'apprécie aussi avec gratitude ce gracieux acte de votre part, et que je l'apprécie d'autant plus que l'honneur que vous m'avez fait a été un acte que je n'avais nullement sollicité.

Soyez certains que je ferai toujours usage du mandat que vous m'avez confié de manière à vous prouver que vous avez choisi pour vous représenter, un ami sincère de votre collège électoral, aussi bien que de votre province.

Je sais qu'au moment oii vous m'avez acclamé, il y avait plusieurs candidats qui sollicitaient vos suffrages et que naturellement vos affections et votra confiance politiques devaient être divisées entre ces candidats. Je ne puis donc faire autrement que de reconnaître l'acite bienveillant de ces candidats, qui, spontanément, se sont retirés de la lutte, pour vous permettre de réunir vos suffrages sur ma personne.

Je suis chagrin d'avoir à vous dire qu'il me faut immédiatement aller faire un vojrage d'Europe dans l'intérêt de ma santé, et tout en vous offrant mes souhaits sincères de prospérité et de bien-être pour vous et pour votre province, je prie Dieu qu'il bénisse l'objet de mon voyage et qu'il me ramène à ma santé ordinaire pour que je puisse reprendre mon travail politique dans l'intérêt de votre collège électoral, aussi bien que dans celui de votre province et la mienne, et dans celui de la Puissance.

J'ai l'honneur d'être.

Messieurs,

Votre très humble et très dévoué serviteur,

GEO.-ET. CARTIER Montréal, 21 Septembre 1872.

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