M. LE PRÉSIDENT ET MESSIEURS
Je désire, d’abord, vous exprimer mes remerciements sincères et profonds pour la réception cordiale et sympathique qué vous me faites. Souvent, j'ai été accueilli de la sorte à Ottawa. j'ai toujours trouvé des amis ici; c’est pourquoi, bien que touché, je ne suis pas surpris de votre bonté à mon égard. L’invitation que vous m'avez faite de vous rencontrer ce soir, me fait d'autant plus plaisir que je me trouve en compagnie du chef de l’Opposition Conservatrice de notre province, qui est ici présent en sa qualité officielle. (Applaudissements).
(A ce passage du discours, Sir John fut interrompu par le président qui présenta des bouquets de fleurs à Lady Macdonald et aux autres dames qui l’accompagnaient.)
Reprenant son discours, Sir John dit:
Cette interruption est agréable non seulement à moi et à nous tous, mais aussi aux dames .qui reçoivent ces bouquets, et, je crois que toutes, elles nous diront qu'elles préfèrent ces fleurs de nos jardins à celles de notre éloquence. (Applaudissements et rires.) J’éprouve un plaisir et un contentement tdut particulier d'assister à cette réception que vous faites à mon ami, que je puis appeler mon collègue politique, M. Meredith, à l'occasion de la visite qu’il vous fait à vous, à votre cité. (Applaudissements.) S'il n’était pas parmi nous, car je connais sa modestie, je pourrais peut-être parler fort au long de ses mérites et faire un parallèle entre lui et l’homme qui veille aux destinées de notre Province, en sa qualité de Premier. M. Mowat est venu ici ces jours derniers et a naturellement fait un discours très aimable. C’est un homme éminemment respectable qui, s'il occupait une position autre que celle où il se trouve actuellement placé, en remplirait les devoirs de la manière la plus satisfaisante. (Rires!. Mais il est venu à Ottawa, ville qu’il a toujours aimée d’une manière toute particulière ; et il nous dit, et ses amis autorisés nous disent qu'Ottawa doit à M. Mowat et à son administration l’insigne faveur de l'avoir doté de l'Ecole Normale, C’est un splendide édifice, messieurs, pour lequel il mérite du crédit, et vous devez lui en tenir compte, surtout si vous comparez cet établissement aux bâtiments insignifiants que le gouvernement du Dominion a érigés sur la rue Wellington et sur l’emplacement où se trouvaient les anciennes casernes. (Applaudissements et riresj. [Il est vrai que M. Mowat ne pouvait placer l'Ecole Normale nulle part ailleurs. Il fallait une Ecole Normale dans la partie Est d'Ontario comme dans la partie Ouest, et je ne puis concevoir comment il aurait pu laisser de côté la métropole du Canada, la principale ville de l’est d'Ontario, dans le choix du site d’une école provinciale.
M. Mowat a toujours aimé Ottawa ; et pour vous en donner la preuve, je vais me reporter jusqu’à 1858 (Rires ironiques). Vous vous souvenez que Sa Majesté, mal avisée, comme l'Opposition du temps le proclamait à grands cris, fit d'Ottawa le siège du Gouvernement du Canada. Vous vous souvenez que l'on disait alors que ce village dans la forêt était indigne de cet honneur, et que moi et ceux qui étaient avec moi dans le Gouvernement d'alors, pensions que, vu que nous avions demandé à Sa Majesté de désigner le siège du Gouvernement du Canada, et vu que nous lui avions suggéré de choisir Ottawa, nous devions en honneur nous rendre à sa décision ; d’autres hommes ont pensé différemment. Les autres villes ont été désappointées Montréal, Toronto, la ville que je représentais alors, (Kingston) Hamilton et d’autres aspiraient toutes à ce grand honneur ; c’est pourquoi, il s’est produit un mécontentement considérable en parlement jusqu’à critiquer et censurer même la décision de Sa Majesté dans le choix de votre jolie ville. Néanmoins, le Gouvernement dont je faisais partie, était bien décidé quant à lui, à ne pas déshonorer le pays, en rejetant à la face de Sa Majesté précisément ce que le pays lui avait demandé. (Applaudissements).