L'INQUISITION EN CANADA
‘ Hier, vingt-quatre hommes ont été arrêtés sur mandat signé de M. McNabb, le magistrat de police. Le crime dont ils sont accusés semble être celui de faire partie du comité de vigilance de l’Union typographique. Ils ont été arrêtés sous accusation de ‘‘ conspiration.’”’ Nous sommes peinés et surpris de voir que certains intéressés, ennemis du mouvement demandant une journée de travail de neuf heures aient fait opérer ces arrestations en vertu des vieilles lois qui sont encore en vigueur en Canada mais qui vont être bientôt effacés de nos statuts D’après nous, c’est un acte des plus méprisables de la part d’un ‘ patron ’”’ que d’employer un détective de profession d'Ottawa, dans le seul but de faire tomber dans des pièges ces ouvriers, dont l'unique intention était d’améliorer leur état.
‘ Depuis que nous avons écrit ce qui précède’ nous apprenons que vingt-quatre mandats ont été émis, mais n’ont pas tous été exécutés ; une arrestation a été faite dans nos propres bureaux.”
Quelques jours plus tard je demandai la permission de présenter un bill concernant les Unions ouvrières. J’expliquai que la teneure de cette loi était calquée sur les Statuts Impériaux traitant le même sujet. Les Débars de 1872 vous rapporteront ce que je disais dans le temps.
Ge projet de loi rencontra une opposition des plus violentes de la part d’un des chefs du parti Rouge et il fut voté malgré tout par l’administration conservatrice. (Applaudissements.) Ne serait-ce que cette seule mesure, elle me suffrait, je crois, pour me permettre de réclamer l’appui des ouvriers du Canada. (Applaudissements.) En 1872, dans cette ville d'Ottawa même, un cadeau m’a été présenté au nom d’un certain nombre d'ouvriers. J'ai ce cadeau ici (et l’orateur exhibe alors une magnifique canne à pommeau d’or.) (Applaudissements.) Ce cadeau m'a été présenté par plusieurs sociétés de tailleurs de pierre, de typographes, de briquetiers, de menuisiers et de maçons d'Ottawa, pour les principes que j'avais professés et parce que j'avais mis ces principes en pratique. (Applaudissements.) Elle m'a été présentée par une délégation, et si je m'en souviens bien, elle m'a été remise par un citoyen qui m'a fait les plus grands éloges, et qui demeure aujourd’hui à Toronto, je veux parler de M. D. J. O’Dônaghue. (Applaudissements et rires ironiques.)
Plus tard, M. le Président et Messieurs, quand nous étions dans les froides régions de l’opposition, et quand j'étais obligé d'aller exercer ma profession et gagner ma vie comme avocat, à Toronto, (Rires) les ouvriers de cette ville firent comme ceux d'ici, et j'ai eu le plaisir, et le profit et l'avantage de porter dans ma poche depuis 1876 cette montre (exhibant une d’or) et une très bonne montre, je vous en certifie, (Rires.)