BARBARIE AUSSI DÉGRADANTE
et aussi grossière que celle que l’on trouve parmi les Chinois. Ceux qui se rappellent les gloires d'Omaha, de Cheyenne ou des autres points terminaux temporaires du Pacifique Union, pendant que le chemin de fer était en voie de construction, n’ont pas besoin qu'on leur dise qu'il pourrait retrouver des actes de brutalité et des crimes parmi les races prépondérantes de ce continent devant lesquels les Chinois resteraient étonnés de stupeur. Les gages élevés que l'on établira par l'exclusion des Chinois amèneront le règne d'individus de ia pire espèce dans la Colombie Britannique, dont la présence fera plus pour démoraliser et désorganiser le système social d'une population si peu nombreuse, et même si hétérogène, que la présence de tous les Chinois qui, dans l'avenir, débarqueront sur les côtes est du Pacifique.
L'OPINION DE M. DAVID MILLS En réponse à M. DeCosmos, le 16 avril 1879, M. Mills disait :
L'honorable auteur de la motion propose de tenir à l’égard de ce peuple la conduite que les chrétiens, nos ancêtres, ont observée, à leur déshonneur, envers les Juifs. On croit nécessaire de leur donner une mauvaise réputation, de représenter leurs coutumes particulières comme autant de crimes. Mais l'on admet que les sauvages ont des usages et des habitudes qui leur sont propres, et personne ne songe à s'en plaindre, Les sauvages sont cependant des Tartares ou de la même race mongole contre laquelle l'on pourrait dire tout ce que l’on reproche aux Chinois.
La proposition que l'on soutient ne fait donc honneur ni au siècle ni au pays où nous vivons, car eile tend à jeter de l'odieux sur une nation avec laquelle la métropole entretient des relations commerciales et avec laquelle il existe des traités.
En cette même circonstance M MacKenzie à dit :
S'il s'agissait simplement de décréter la manière dont seront traités les Chinois qui vivent au Canada, le gouvernement pourrait s'occuper de la question, mais le but de la Colombie anglaise est de trouver les moyens les jilus expéditifs de les exclure du pays. C’est là une mesure à laquelle je ne puis, en principe, donner mon concours, parceque je pense que les officiers auxquels on donnerai! le pouvoir de la mettre en opération abuseraient certainement de leur autorité de la pire manière du monde. Cette mesure serait en outre contraire au principe sur lequel repose notre société,
D'un autre côté, si les Chinois ont des défauts, ils ont, sans doute des qualités
L'honorable député de Cariboo (M. Thompson) a déclaré qu'il y avait parmi eux un grand nombre de criminels, entre autres des parjures ; mais sans aller en Chine, je puis trouver au Canada d'aussi mauvais caractères. Je suis sous l'impression que les Chinois en Californie suivent généralement mieux en proportion les préceptes du droit naturel que les blancs.
GT
En 1882, cette question revint devant la Chambre, et de mon siège voici ce que j'ai dit: ‘‘je partage parfaitement l'opinion de ceux qui s'opposent à une colonisation permanente des Mongols dans le pays. Leur présence ici, je crois, ne serait pas avantageuse au Canada. Ils sont d'une race étrangère et la fusion des races ne peut s'effectuer ; c'est pourquoi, quand nous aurons contenté les exigences du moment, qu’un chemin de fer traversera le continent et que nous aurons par là les myens d’établir des colons de race blanche, j'acquiescerai volontiers à tout projet raisonnable tendant à empêcher l'établissement permanent des immigrants mongols ou le chinois dans le pays.
Et bien, messieurs, le chemin du Pacifique Canadien est construit. Nous pouvons aujourd’hui traverser le continent en quelques jours, tandis qu’autrefois il nous fallait des semaines et des mois. Les habitants blancs des vieilles provinces se jettent en foule dans la Colombie Anglaise et l'emploi des Chinois ne nous est plus