‹ Discours et allocutionsChapitre 34 sur 71 · Encyclique Nobilissima Gallorum gens · texte numérisé non relu

Encyclique Nobilissima Gallorum gens

Quand on descend (Tune telle race, quand on compte parmi ses ancêtres des Clovis et des Charlemagne, des Louis IX et dos Jeanne d'Arc, des Vincent de Paul et des Bossuet, n'est-on pas justifiable de revendiquer un rôle a part et une mission supérieure ? ^jPar une heureuse et providentielle combinaison^rious sentons circuler dans nos veines du sang français et du sang chrétien. Le sang français* seul s'altère et' se corrompt vite, plus vite peut-être que tout autre ; mêlé au sang chrétien, il produit les héros, les semeurs de doctrines spirituelles et fécondes, les artisans glorieux des plus belles œuvres divines.

C'est ce qui explique les admirables sentiments de piété vive et de foi agissante dont furent animés les fondateurs de notre nationalité sur ce continent d'Amérique, et c'est dans ces sentiments mêmes 'que je trouve une autre preuve de notre mission civilisatrice et religieuse.

Qui, mes Frères, ne reconnaîtrait cette mission, en voyant les plus hauts personnages, dont notre histoire primitive s'honore, faire de l'extension du royaume de Jésus-Christ le but premier de leurs entreprises et marquer, pour ainsi dire, chacune de leurs actions d'un cachet religieux ? Qui n'admettrait, qui n'admirerait cette vocation, en voyant, par exemple, un Jacques Cartier dérouler d'une main pieuse sur la tête de pauvres Sauvages les pages salutaires

de l'Evangile1 ; en voyant un Champlain ou un Maisonneuve mettre à la base de leurs établissements tout ce que la religion a de plus sacré ; en voyant encore une Marie de Y Incarnation et ses courageuses compagnes, à peine débarquées sur ces rives, se prosterner à terre2 et baiser avec transport cette patrie adoptive qu'elles devaient illustrer par de si héroïques vertus ? *y Est-ce donc par hasard que tant de saintes femmes, tant d'éminents chrétiens, tant de religieux dévoués se sont rencontrés dans une pensée commune et ont posé, comme à genoux, les premières pierres de notre édifice national ? Est-ce par hasard que ces pierres, préparées sous le regard de Dieu et par des mains si pures, ont été baignées, cimentées dans le sang des martyrs? L'établissement de la race française en ces contrées serait-il une méprise de l'histoire, et le flot qui nous déposa sur les bords du Saint-Laurent n'aurait-il apporté au rivage que d'informes débris, incapables de servir et d'accomplir les desseins du ciel dans une œuvre durable ?

Non, mes Frères, et ce qui le prouve mieux encore que tout le reste, c'est l'influence croissante exercée autour d'elle par la France d'Amé-

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