Victor de Laprade
maisons d'enseignement. Mais ces considérations, outre qu'elles sortiraient peut-être du cadre naturel de cet éloge, m'entraîneraient sûrement hors des limites du temps qu'il convient d'y consacrer.
J'ajouterai seulement que la vie entière de notre collègue se résume en deux grands amours : l'amour de l'Eglise et l'amour de la patrie1. C'est parce qu'il a aimé l'Eglise, travaillé et peiné pour elle, que le Souverain Pontife voulut lui donner des marques de particulière bienveillance, et qu'il lui conféra successivement les titres de Camérier secret et de Prélat de Sa Sainteté. Et c'est parce qu'il a aimé son pays, lui faisant hommage de son savoir, de ses recherches et de sa loyauté, que le Gouvernement canadien le nomma attaché du Bureau des Statistiques d'Ottawa, qu'il le gratifia d'une médaille de la Confédération, et que lors de la formation de la Société Royale du Canada, notre distingué compatriote fut choisi comme membre fondateur de cette association.
Il était docteur es lettres de l'Université Laval, et plusieurs sociétés savantes lui avaient fait l'honneur de lui ouvrir leurs portes.
On appréciait l'œuvre de Mgr Tanguay, et, en effet, l'œuvre de notre confrère défunt restera.
1. " La patrie et l'Eglise, le sentiment national et le sentiment religieux, loin de s'exclure, se fortifient l'un par l'autre. " (Lacordaire, Pensées choisies, n, p. 280).
C'est un monument digne de notre passé glorieux. Nos évêques, nos hommes d'Etat, nos écrivains, l'ont, tour à tour, loué hautement. Et ces éloges, nous les résumerons nous-même en disant que l'ouvrage réalise en toute vérité les belles paroles de la dédicace mise par l'auteur en tête du premier volume :
" A l'Eglise et à mon pays. "