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DISCOURS ET CONFÉUENCES 099
rendant l'usage, la Grande-Bretagne les a «implement reconnues, et non pas établies de nou veau ; que la constitution libérale qui nous à
été accordée en 1791, et qui a mis le sceaux
bienfaits de l'Angleterre, envers sa fille adoptive, nous garantit ce privilège d'une manière plus formelle encore, et ne nous a été donnée que pour nous mettre à portée de conserver intacts des droits dont celui du langage n'est pas Île moins important ; que les habitants de cette province, nés dans le Royaume-Uni, n'ont aucun privilège à l'usage exclusif de la langue anglai se dans les tribunaux ; qu'un semblable privilège tendrait inévitablement à paralyser Îles effets de notre constitution en étaliissant des distinetions qu'elle n'admet point entre les sujets britanniques du Canada ; enfin, qu'un semblable privilège ne se présume pas, parce qu'il équivaudrait à une loi privative calculée tout exprès pour rendre la justice d'un accès plus dif ficile À tous les sujets de Sa Majesté, nés dans la colonie."
Dans les pages qui suivaient, M. Morin remplissait ce cadre avec une concision et une solidité merveilleuses. Il développait sa thèse d'une manière irréfutable ; il mettait en pleine Tumiére l'injustice de l'attitude prise par M. le juge Bowen, Et tout cela avec une courtoisie dans
li forme qui prévenait iuvinciblement en faveur du jeune critique.
La lettre se terminait. par un Souvenir classique. Parlant des Romains conquérants, l'auteur S'écriait: “IIS ne purent donner leur langue à Ja Grèce policée, la Grèce savante, qui, plus faible par les armes, fut. toujours la maîtresse de Rome du côté des arts et des talents, Cependant, quand les barbares envahissaient de toutes parts les provinces romaines, cette même Gréce, qui avait conservé sa langue, soutenait. seule pendant des siècles le nom et la gloire de cet empire déchu. Cet exemple prouve qu'il est. d'autres liens que celui de l'unité de langage qui pourraient attacher un peuple à la commune patrie. Ainsi, quand l'honneur et le devoir attachent les Canadiens à l'empire britannique, quand ils montrent par leur fidélité qu'ils sentent l'excellence de son gouvernement et le bonheur qu'il leur procure, quels principes nouveaux, quelles idées, quels sentiments veut-on leur inculquer au moyen de la langue anglaise que la ieur ne puisse rendre faute d'expressions ou d'énergie... Je termine ici, monsieur, en répétant que je n'attribue pas à Votre Honneur toutes les opinions dont j'ai tâché de démontrer !a fausseté, et, me flattant de n'avoir Pas manqué aux égards que
ar
m'imposoit votre rang, j'ai l'honneur de me souscrire, etc.”