‹ Discours et opinions de Jules Ferry (volume 5)Chapitre 2 sur 66 · VI NOTE DES ÉDITEURS · texte numérisé non relu

VI NOTE DES ÉDITEURS

plus sincère, d'allié plus énergique dans sa lutte contre toutes les réactions coalisées; M. de Broglie et les conseillers du maréchal de Mac-Mahon d'adversaire plus tenace et plus déterminé. Nul ne contribua davantage & préparer le triomphe définitif de la République, et & en faire un régime normal et indestructible.

Après le vote de la Constitution de 1875, Jules Ferry (qui s'était révélé, dans la discussion des lois les plus délicates, telles que la loi sur l'électorat municipal et la loi sur la liberté de l'enseignement supérieur, comme un orateur d'affaires de premier ordre, un jurisconsulte plein de ressources et un homme d'État digne de gouverner notre grand pays), combattit avec une égale vigueur, soit ft la tribune de la Chambre, soit par ces beaux articles de la Gironde dont nous devons la communication à madame Jules Ferry, et les entreprises audacieuses du parti clérical et les imprudentes revendications de l' extrême-gauche qui menacèrent si souvent de rompre le faisceau des forces républicaines, en inquiétant l'opinion publique.

Au cours de cette période complexe et troublée, on ne saurait dire si l'orateur politique fut supérieur au journaliste, et Jules Ferry déploya une variété de talents qu'on n'a pas encore suffisamment mise en relief.

La démission du maréchal de Mac-Mahon, la sub-' stitution d'un régime vraiment parlementaire à la République a sans républicains » et à la permanence

byGoogle

NOTE DES ËOITKURS. vu

des conflits eotre le Pouvoir exécutif et la représentation nationale, marquent le début d'une étape nouvelle dans la vie de Jules Ferry. Préparé par une longue expérience des affaires, par ses luttes oratoires et ses travaux de polémiste à l'exercice du pouvoir et aux responsabilités ministérielles, il entre, le 4 Tévrier 1879, comme ministre de l'Instruction publique, dans le cabinet Waddington.

Ainsi appelé par la confiance du parti républicain & entreprendre la grande œuvre de la réforme de l'enseignement à tous les degrés, il va se trouver en mesure de réaliser le rêve de sa jeunesse, le serment qu'il avait fait, dès le mois d'avril 1870, dans son beau discours sur l'Egalité d'édxicaiion^, de se consacrer au problème de l'éducation du peuple. Sur ce terrain de la législation scolaire, il aura bientôt des combats formidables à soutenir tontre les passions du parti clérical, ce véritable inspirateur du 16 Mai, contre tous les ennemis découverts ou masqués des institutions libres, contre ces puissantes congrégations qui, par la loi du 12 juillet 1875, avaient divisé le pays en deux camps, et usurpé les droits essentiels du Pouvoir civil, en arrachant à l'Université de France le monopole de la collation des grades.

Nous exposerons dans le volume qui suivra les résultats de l'immense effort de Jules Ferry pour donner « comme corollaires au suffrage universel

byGoogle

Page 1