‹ Discours et opinions, journal et souvenirs de S. GirardinChapitre 52 sur 53 · AU ROI GEORGES · texte numérisé non relu

AU ROI GEORGES

De rAngleteire Vive le roi chéri I Pour ce bon père Chantons Fair de Henri; Cet air ^*on révère Semble être fiUt poor luL

SaS DISCOURS ET opnrioirs.

denne monarchie française « ne réveille que des woofaàn c amers, et dont la mémoire malheureuse ne fait retroayer dans « une si longue suite de grands rois , de noms illustres , de faits • glorieux, que les traces sanglantes de nos discordes et de nos « troubles ; la haine injuste et aveugle est aussi une maladie; « il faut plaindre ceux qui souffrent. »

Comme ce passage tout entier s'applique à rorateur qui, sans s'en douter , a excité si fortement la colère du défenseur de la commission , je lui répondrai que si cet orateur a demandé de quelle monarchie MM. les minbtres et leurs amis ont voulu parler, c'est qu'il attachait du prix à le savoir, et qu'il était fondé à croire que la France entière partageait ta moins sur ce point son opinion, parce que la France entière t, comme lui, bien des motifs pour croire et pour craindre que ce ne fut la monarchie absolue. Si cet orateur a demandé ensuite quelles étaient les époques de l'ancienne monarchie que Tob voulait faire revivre , il devait indiquer les plus saillantes, pour faciliter les réponses. Une mémoire ne peut être accusée d'être malheureuse , lorsqu'elle est employée à rappeler des événemens désastreux pour tâcher d'en garantir l'avenir; lorsqu'elle indique des précipices afin de donner la possibilité de les éviter ; lorsqu'elle sert à prouver, par des faits incontestables, que la France n'a jamais goûté une aussi parfaite tranquillité ; que les avantages , dont le peuple est aujourd'hui en possession , sont le résultat de luttes sanglantes et de victoires rempotées sur de gothiques préjugés; qu'il tient aux droits dont il est en possession; que vouloir les lui ravir, par force ou par ruse, ce serait exposer encore une fois la société à d'affreuses convulsions, à de sanglans déchiremens.

Le souvenir des maux qu'a soufferts la patrie , et dont elle est à peine remise, ne doit-il pas nous faire craindre les mesures inconsidérées qui pourraient amener de nouvelles réactions?

La première révolution m'a coûté assez cher, pour que je ne frémisse pas à la seule pensée d'être destiné peut-être à être core le témoin d'une seconde.

CHilMBRE DES DÉPUTÉS. Sap

rignore par quels liens si puissans, par quels titres, par queb services , M. de Martignac était attaché à TaDcien ordre de choses; j'ignore si c'est comme faisant partie de la légation française y à Tépoque, dit-on , où Sieyes représentait la république à Berlin, qu'il a donné de puissantes garanties à la dynastie des Bourbons; j'ignore enQn quels sont les avantages de rang ou de fortune que la révolution lui a fait perdre. Mais que M. le directeur général des domaines , qui parle avec une assurance si dédaigneuse de tout ce qui ne partage pas ses nouvelles opinions, sache bien que j'étab un véritable enfant gâté de l'ancien régime ; qu'une fortune considérable m*était assurée comme aîné et comme appelé à recueillir une immense substitution , dont la propriété d'Ermenonville faisait partie ; qu'il sache que c'est pour avoir pris, à l'assemblée législative, la défense de Louis XVI, que j'ai été assassiné , emprisonné pendant plus d'une année; mais qu'il sache aussi que ce que j'ai perdu et ce que j'ai souffert ne m'a pas fait regretter un seul instant un ordre de choses nuisible aux intérêts de mon pays , et incompatible avec le bonheur de mes concitoyens et les progrès de la civilisation.

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