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I Petr., cap. N

52 DISCOURS sur l'oeuvre

devez pas oublier les âmes infortunées qu'enveloppent les ombres de la mort, et qui, du sein des ténèbres, appellent à grands cris la lumière. Où sont-elles ? Hélas ! partout on les rencontre : non seulement sur ces plages lointaines que la parole évangéliquen'apas encore ébranlées, mais auprès de nous, chez des peuples amis que l'esprit de mensonge a visités, et qui cachent la mort sous les vestiges informes d'une physionomie chrétienne.

Ces peuples, qui les a fait ce qu'ils sont ? Pourquoi ces restes d'une vie qui parait éteinte ? Leur existence religieuse n'est-elle qu'une grossière imitation de la nôtre et le signe trop imparfait de leur initiation à la vie de Jésus-Christ ? Ou bien, devons-nous pleurer, gémir et prier sur eux comme jadis le prophète sur les ruines de sa patrie dévastée ?

Oui, pleurer, gémir et prier c'est notre devoir et notre suprême ressource; car ces peuples étaient autrefois ce que nous sommes : une race choisie, une nation sainte, acquise à Jésus-Christ par son sang, et les glorieux enfants de sa lumière. L'ennemi du genre

humain a passé par là et de ses mains maudites il a ravagé le champ du père de famille, luimicus homohoc fecit1.

Jésus-Christ avait promis à son épouse, l'Église, une vie éprouvée par toutes sortes de tribulations ; cette promesse s'est trop bien accomplie. L'Église, de ses mains encore tremblantes, venait à peine de fermer la tombe de ses premiers martyrs, qu'elle sentit s'agiter, sous les plis de son manteau, toutes les puissances de l'erreur. On lui arrachait ses enfants. En vain, elle s'efforçait de les presser contre son cœur maternel; la haine de la vérité était plus forte que son amour, et bien que sa vie sortit saine et sauve clés mains de la violence, et demeurât toujours riche et féconde, elle dut, comme Rachel, pousser des cris lamentables et pleurer ceux qui n'étaient plus. Sous les coups du glaive elle triomphait encore, et pouvait adresser dans son coeur des actions de grâces à l'époux sanglant qui lui demandait du sang. Mais, sous les coups de l'erreur, elle ne pouvait que gémir, et crier aux peuples qui pas-

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